Commençons donc par la rituelle présentation des vœux de la rédaction pour cette nouvelle année. Par delà cet exercice convenu, même s’il est parfaitement sincère, il va nous falloir beaucoup d’optimisme pour aborder sereinement les 12 mois qui viennent. Certes, nous avons évité de peu la fin du monde programmée, et les produits lyophilisés se vendent désormais à des prix défiants toute concurrence, mais en dehors de cet épiphénomène, force est de constater que la plupart des autres indicateurs virent au gris, quand ce n’est pas au rouge. Chômage, dette, énergie, fiscalité, tout est en hausse, sauf, peut-être, le prix du passeport russe, qui n’a jamais été aussi bon marché. Autant dire que les entreprises, comme les collectivités, vont devoir jongler plus que jamais avec des contraintes multiples et contradictoires. Car, chacun sait qu’en période de forte destruction d’emplois, les besoins de mobilité sont plus que jamais réorientés vers les transports en commun. La demande risque bien d’exploser, alors que l’offre devrait, en toute logique économique, se contracter faute de moyens. Pas simple.
Parmi les autres incertitudes qui guettent et viennent brouiller un peu plus les cartes, les réformes en cours de discussion. J’en vois personnellement deux, qui vont certainement chambouler un peu plus l’édifice chancelant que nous connaissons aujourd’hui: la réforme du marché du travail, qui devrait logiquement raviver quelques tensions entre les partenaires sociaux, et celle de la décentralisation, qui se propose de rebattre les cartes entre les différents donneurs d’ordres. Quand vous ajoutez à ce cocktail les incertitudes qui naîtront évidemment des futures élections municipales de 2014, je crains bien que l’année qui nous préoccupe aujourd’hui reste tout de même dans les annales comme celle où tout a basculé. Reste à savoir si nous roulons à pleine vitesse vers l’abîme, ou si la France, grâce à son génie naturel, saura une fois de plus trouver la stratégie d’évitement propre à faire l’admiration du monde dans les décennies à venir. Nous n’avons toujours pas de pétrole, plus d’industrie et plus un sou, mais nous aurons peut-être quelques bonnes idées.
