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Strasbourg veut avoir un train d’avance

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Strasbourg veut avoir un train d’avance

Crédit photo Shahinez Benabed

Mobilité Pour faire face au risque de voir la fréquentation de ses transports en commun doubler d’ici à 2025, la Compagnie des transports strasbourgeois envisage d’exploiter le réseau ferré de l’agglomération pour les déplacements interurbains.

Utiliser l’étoile ferroviaire strasbourgeoise pour les déplacements interurbains. C’est une des solutions sur lesquelles se penche la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), qui exploite le réseau de transport de l’agglomération. Des études dans ce sens sont en cours pour déterminer la faisabilité d’un tel projet. Les premiers résultats sont attendus pour la mi-2013. Avec cette option, la CTS espère ainsi réduire le trafic routier engorgé, notamment au niveau de l’A35, et faire face à l’augmentation croissante de la fréquentation des transports en commun dans l’agglomération. En 2011, 108 millions de voyages ont été effectués sur les bus et le tramway de la CTS, soit une hausse de 4 % par rapport à 2010. Et un nouveau bond de 5 % devrait être enregistré en 2012. À ce rythme, la Compagnie des transports strasbourgeois se prépare à voir le nombre d’usagers doubler à l’horizon 2025. Face à ces nouveaux enjeux, elle est bien consciente qu’il ne faudra pas compter uniquement sur le tramway et le bus pour répondre à la demande de mobilité.

Un gain de temps

L’utilisation du réseau ferroviaire permettrait en outre “de réduire significativement certains temps de trajet”, considère Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS. Ainsi, les habitants de proche couronne pourraient gagner près de trente minutes pour se rendre au centre-ville. Cette option qui rendrait plus simples les déplacements pourrait donc aisément trouver son public. D’autant que les trajets effectués en TER d’un bout à l’autre de l’agglomération sont déjà fortement plébiscités par les usagers. Selon un communiqué de la SNCF, le trafic TER dans l’agglomération a connu une hausse de 22 % au premier semestre 2012, signe que ce moyen de transport a de l’avenir.

L’idée permettrait également une meilleure utilisation du réseau ferroviaire qui irrigue la ville. “Je considère que l’étoile ferroviaire est insuffisamment utilisée pour le transport urbain, qu’on l’utilise mal pour aller d’un bout à l’autre de l’agglomération. Il y a une utilisation urbaine à approfondir”, a considéré Roland Ries, maire de Strasbourg et président du Groupement des autorités responsables des transports (Gart), cité par le quotidien régional Dernières Nouvelles d’Alsace le 4 décembre. Même constat pour Jean-Philippe Lally: “Quand on regarde une carte de l’agglomération de Strasbourg, il y a pas mal de voies ferrées plus ou moins utilisées. Cela peut avoir une utilité pour la desserte”. En effet, cinq axes ferroviaires traversent, en étoile, l’agglomération strasbourgeoise. Deux en direction du nord (à destination de Lauterbourg et Haguenau-Saverne-Sarreguemine), un au sud (Sélestat), un à l’ouest (vers Molsheim, le Piémont et la vallée de la Bruche), et un dernier à l’est (vers Kehl). Sur les 14 gares qui sont présentes sur le territoire, une grande disparité de fréquentation est notable. Ainsi, la gare centrale de Strasbourg, qui concentre à elle seule 60 000 voyageurs quotidiens, se place en tête des gares les plus fréquentées de l’agglomération, suivie de celles de Krimmeri-Meniau, Hoenheimtra et Entzheim (située à proximité de l’aéroport). En revanche, les gares de Graffenstaden et Holtzheim, excentrées et situées respectivement à l’ouest et au sud-ouest de Strasbourg, restent moins fréquentées et proposant une fréquence de passage des TER moins élevée. Une disparité qui devrait cependant être atténuée par la mise en service d’un bus circulant en site propre sur la RD1004 et par le tramway Wolfisheim-Vendenheim. Mais qui pourrait être insuffisante face aux prévisions 2025.

Une nouvelle DSP

Pour vérifier la viabilité de cette solution, la CTS a choisi de confier sa délégation de service publique au groupement Keolis et SNCF Partenariats le 12 octobre, au grand dam de Veolia Transdev, jusque-là opérateur historique du réseau. Ce nouveau contrat, qui a débuté le 1er janvier 2013, pour un montant de 240 000 euros par an s’étend sur une durée de cinq ans.

Cette décision de changer d’opérateur s’est notamment faite au regard des compétences que pourraient apporter respectivement les deux associés, avec à l’esprit la fameuse échéance 2025. “Nous avons choisi le partenariat SNCF Keolis car la SNCF maîtrise le ferroviaire lourd, un domaine dans lequel nous n’avons aucune expérience. Et Keolis a un panel de réseaux plus importants que le notre (comme à Lyon, Lille ou Bordeaux), et cette expérience pourra nous être profitable”, indique Jean-Philippe Lally. De plus, les deux entreprises ont fait, lors de l’appel d’offres, des propositions jugées innovantes au niveau d’une intermodalité fer-tram. Une analyse “fouillée et bien adaptée à la situation strasbourgeoise”, avait considéré Jean-Philippe Lally en s’adressant au magazine Bus & Car le 12 octobre. La possibilité d’utiliser le ferroviaire lourd pourra donc s’appuyer sur les compétences de la SNCF Partenariats, dans le cadre d’une recherche de solutions favorisant l’intermodalité au sein de l’agglomération. Tout un programme donc.

Une solution parmi d’autres

Pour autant, si la solution semble pour l’heure adaptée aux problématiques de Strasbourg et ses environs, Jean-Philippe Lally tient tout de même à préciser que “nous en sommes pour l’instant qu’au stade exploratoire, durant lequel nous espérons obtenir des réponses à nos interrogations. Entre autres questions, il faudra notamment penser aux coûts d’une telle idée, les finances des collectivités étant ce qu’elles sont actuellement. Ou est-ce que c’est une fausse bonne idée?”.

Rien n’est donc joué avant les premiers résultats 2013. Le directeur général de la CTS précise également que l’option n’est pas la seule à être envisagée: “Nous cherchons toutes les réponses que nous pouvons mettre en œuvre. Nous pensons entre autres au BHNS”.

Dans tous les cas, la CTS envisage de trouver des solutions avant l’échéance 2025, d’autant que “Nos prévisions pourraient peut-être même se réaliser avant la date estimée, étant donné la hausse du prix de l’essence”, estime Jean-Philippe Lally.

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  • Shahinez Benabed
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