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TGV qui rit et TER qui pleure

Région La SNCF Bourgogne a présenté un premier bilan du TGV Rhin-Rhône ainsi que les changements sur les TER Bourgogne. Si le premier n’atteint pas (encore) pleinement ses objectifs de fréquentation, la SNCF poursuit ses efforts. Pour les TER, la situation est plus tendue entre services inadéquats et travaux à venir.

Au 30 octobre 2012, après un peu moins d’un an d’exploitation commerciale, ce sont 8,727 millions de voyageurs qui ont transité par la ligne TGV Rhin-Rhône. De l’aveu même de Dominique Devin, directeur régional SNCF Bourgogne “ces résultats tangentent [les] objectifs dans une conjoncture nationale moins dynamique”. En clair: la fréquentation correspond à la fourchette basse des estimations de trafic. Il faut préciser que l’axe Rhin-Rhône reste encore lacunaire avec 140 km de ligne à grande vitesse entre Petit-Croix (Territoire de Belfort) et Villers-les-Pots (Côte d’Or) en attendant les extensions de la branche Est soit 50 km restant à construire jusqu’à Genlis et Lutterbach. Les lignes transfrontalières attirent 34 % des voyageurs, et la plus forte hausse de fréquentation est constatée entre la frontière Suisse, Belfort et Mulhouse. L’axe Est-Ouest vers Paris tire le trafic avec 58 % des voyages. L’axe Nord-Sud représentant 42 % de ce total. “C’est une satisfaction mais on ne crie pas victoire. C’est la qualité du service rendu qui fera le succès de la desserte. Il y a un marché à conquérir à la marge, notamment les dimanches soirs”, poursuit Dominique Devin. Pour le service, l’accent porte sur la mise en œuvre de rames TGV Duplex ou Euro Duplex, ainsi que sur le nettoyage des rames assuré en cours de parcours, notamment entre Lyon et Besançon. Depuis le 9 décembre dernier, neuf rames dites POS sont exploitées sous la marque Lyria. Michel Lacqua, directeur délégué TGV Bourgogne Franche-Comté est optimiste par rapport au renforcement de dessertes annoncées pour 2013: “on a de quoi réaliser ce qui a été commandé comme dessertes. On n’est pas confrontés à une pénurie de matériel”.

Quels changements pour 2013?

À partir du mois d’avril prochain, les vendredis et dimanches verront un TGV supplémentaire en soirée au départ de Paris à destination de Besançon Viotte. Les samedis auront droit à un TGV de soirée entre Paris et Mulhouse Ville, tandis que dans le sens Province-Paris, un service partant à 20 h 34 depuis Besançon Viotte à destination de la capitale sera assuré les dimanches. En juillet, le service Marseille-Mulhouse via Lyon Part-Dieu et Dijon Ville sera étendu jusqu’à Bâle (Suisse) à raison d’un aller-retour quotidien.

À la fin du mois d’août, la ligne Paris-Mulhouse sera étendue jusqu’à Fribourg (Allemagne Fédérale) à raison d’un aller-retour quotidien.

Le 9 décembre dernier, le Paris- Berne assuré sous la marque Lyria, a été prolongé jusqu’à Interlaken (Suisse). La SNCF tient visiblement à exploiter au mieux toutes les possibilités pour “remplir” ses trains et ses sillons sur la LGV Rhin-Rhône. Comme le dit Dominique Devin, “ce qui nous intéresse c’est la desserte des grandes villes intermédiaires”. Une façon d’éviter la concurrence frontale avec l’aérien, qui a droit à une liaison directe Dijon-Longvic Toulouse assurée par Eastern Airways.

Une Bourgogne à deux vitesses

La desserte de la Bourgogne voit donc s’accentuer le décalage entre les villes desservies par le TGV et celles qui sont rattachées au réseau TER. En effet, toujours depuis le 9 décembre, Mâcon Loché a droit à un aller-retour supplémentaire avec une nouvelle répartition des horaires sur la journée. Un arrêt est également ajouté les lundis matins à 06 h 01 pour permettre les retours de week-end les lundis, avec une arrivée à 07 h 39 à Paris Gare-de-Lyon. Le même TGV s’arrêtera à 6 h 18 au Creusot TGV.

En soirée, l’arrêt de Montbard (Côte d’Or) sera desservi à 17 h 31 au lieu de 20 h 01 pour permettre un retour moins tardif à Paris. Les Dijonais ont droit depuis la même date à un départ matinal (05 h 11) vers Toulouse (via Lyon Part-Dieu et Montpellier) arrivant en fin de matinée, ainsi qu’à la création d’une liaison TGV directe Dijon-Perpignan. Quant à la desserte du Val de Saône, c’est désormais Chalon-sur-Saône qui accueillera dans les deux sens l’arrêt du TGV Marseille-Francfort (Allemagne Fédérale), tandis que Mâcon Ville verra s’arrêter quotidiennement le TGV Nice-Dijon en soirée. En revanche, le TGV Paris-Chalon est supprimé à compter d’avril 2013.

Du côté des trains régionaux, la situation est bien plus délicate. L’axe Dijon-Mâcon-Lyon subira des retards et décalages d’horaires allant de quatre à neuf minutes en raison de travaux de régénération des voies par RFF. La ligne Montchanin Paray-le-Monial sera interrompue du 4 mars au 30 août 2013 pour d’importants travaux de remise en état sur Paray-le-Monial. En conséquence les trains Dijon-Clermont-Ferrand passeront via Nevers. La liaison Clamecy (Yonne) Paris Bercy a un temps de parcours amélioré de trente cinq minutes, mais son départ est avancé à 17 h 30 au lieu de 18 h 21. Gain de parcours également entre Paris-Bercy (départ 16 h 31) et Corbigny (− 12 mn). Une liaison ferroviaire est rétablie entre Auxerre et Laroche-Migennes en fin de matinée ainsi qu’après 20 h 00.

L’axe Paris-Nevers évolue peu. Tout au plus, notera-t-on, le décalage d’une heure au départ de Paris Bercy de la liaison en soirée vers Nevers (départ du train direct à 17 h 00 au lieu de 18 h 00, ce dernier étant “réservé” à la desserte directe de Clermont-Ferrand). La région Bourgogne s’est associée à la région Champagne-Ardenne pour le prolongement de certains services en semaine de Chaumont jusqu’à Is-sur-Tille et Dijon. L’axe Is-sur-Tille/Dijon bénéficie également d’améliorations horaires des dessertes routières permettant des correspondances sur la préfecture de la Côte d’Or. Un égard que n’a pas l’axe Dijon-Bourg-en-Bresse, toujours victime d’incohérences graves en matière de correspondances et de ruptures de charges, voire d’interruptions de services (suppression de plusieurs liaisons depuis le 11 décembre 2011 de et vers Bourg-en-Bresse). Seule “amélioration”: un report de seize minutes (les vendredis uniquement) du départ du train à destination de Seurre permettant une correspondance avec un TGV en provenance de Paris. Est-ce en raison de ces difficultés présentes et à venir que tous les Comités de Ligne sur cet axe ont été supprimés par le conseil régional?

Quid de la branche Sud de la LGV Rhin-Rhône?

Les dirigeants de la SNCF Bourgogne se refusent à parler d’un projet qui concerne en priorité Réseau Ferré de France (RFF). Tout au plus pourra-t-on entendre de l’exploitant commercial que le “vrai enjeu en Bourgogne est le désengorgement le la LN1 [axe historique TGV Paris-Lyon par le Morvan, Ndlr]”. Pour ce faire quel axe choisir? Quelle est la solution qui offrira le meilleur coût/efficacité entre l’axe POCL (Paris, Orléans, Clermont-Ferrand, Lyon) et Rhin-Rhône branche Sud? Actuellement, sur Paris Sud-Est dans le tronçon central, ce sont jusqu’à un TGV toutes les quatre minutes. Michel Lacqua, directeur délégué TGV Bourgogne Franche-Comté précise qu’en “attendant, l’arrivée des nouvelles rames Alstom à motorisation répartie offriront plus de places assises. Un palliatif dans l’immédiat sur ces questions de capacités”.

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Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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