Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Limoges articule ses trolleys

Nouveaux venus Depuis le début du mois de janvier, quatre trolleys articulés Hess circulent à Limoges. Il s’agit des premiers engins de ce type homologués en France.

« L’imoges est la première ville européenne à être dotée de la génération Swisstrolleys 4 », se réjouit Christian Suty, un des responsables du groupe Hess pour la Suisse et la France. Les quatre engins ont été affectés à la ligne 4, la troisième en fréquentation du réseau limougeaud et la plus importante desservie par des trolleys, tant par le nombre de voyageurs transportés que par ses perspectives de développement et de vitesse commerciale.

Suite à l’arrêt de la production du Cristalis par Irisbus, la ville a lancé en 2011 un appel d’offres européen pour remplacer les derniers trolleybus à plancher haut qui dataient de 1989. Le Swisstrolley – un investissement de 900 000 € par engin – a séduit élus et techniciens par ses qualités techniques comme par son confort, son esthétique proche des Cristalis et sa capacité, 146 places, dont 41 assises, pour un encombrement de 18,75 m de long sur 2,5 m de large. « C’est un matériel très agréable, tant pour le chauffeur que pour les voyageurs », estime Pierre, un des premiers conducteurs de la STCL à tester l’engin. « Très ergonomique, le poste de conduite est aménagé autour du satellite de tableau de bord. Il est solidaire de la colonne de direction et leur position est donc réglable en même temps. La tenue de route est excellente, le freinage électrique ABS efficace, la climatisation et le chauffage très performants. » Quant au voyageur, il peut apprécier la sonorisation et la luminosité du véhicule aux larges baies ouvertes sur l’extérieur. Les sièges sont confortables et les aménagements semblent concilier esthétique et robustesse.

Selon Thierry Grany, formateur trolleys à la STCL, la conduite est très agréable: « Il y a une bonne motricité, un meilleur roulement que sur les Cristalis et une inertie plus fluide. De plus, grâce aux ficelles, c’est facile de repercher manuellement hors site de reperchage. »

La circulation des trolleys articulés dans les rues limougeaudes n’a pas nécessité de gros aménagement. Quelques travaux d’urbanisme ont été faits, suppression de barrières, déplacement d’une voie de circulation et de places de stationnement, passage de sous-stations d’alimentation de 650 à 750 volts, rallongement de quais de bus. Le plus lourd aménagement a été la réfection d’un demi-tour près du parc des sports. Au total, les travaux ont coûté 730 000 €.

Les formateurs STCL ont eu une semaine de formation avec la société Hess, ils ont ensuite formé la trentaine de conducteurs dédiés à la ligne 4, puis l’ensemble des chauffeurs trolleys. Le personnel de maintenance bénéficie quant à lui d’une formation étalée dans le temps.

Un choix évident

La décision d’affecter ces trolleys sur la ligne 4 ne doit rien au hasard. En effet, elle traverse la ville du nord-ouest au sud-est, depuis un quartier très urbanisé jusqu’à un quartier en plein développement, sur l’autre rive de la Vienne. La ligne 4, 30 arrêts aux normes PMR, dessert de nombreux équipements majeurs de l’agglomération, faculté de droit, hôtel de ville, médiathèque, parc des sports, zone d’activités de Romanet, clinique Chénieux, etc, ainsi que le cœur de la ville. « Cette ligne bénéficie également de multiples aménagements, généralement réalisés lors de travaux urbains, qui permettent à sa vitesse commerciale d’augmenter sensiblement », explique Christine Fauquembergue, responsable du pôle transports urbains à Limoges Métropole. « Nous sommes ainsi passés de 13,7 km/h en 2010 à 14,6 en 2012. »

Parmi ces aménagements, en 2009 le choix a été fait de desservir un nouveau quartier sur la rive droite de la Vienne en prolongeant la ligne de trolleys, plutôt que d’opter pour une desserte bus pourtant bien moins onéreuse à mettre en place. « C’est par petites touches, sans perturber trop fortement les habitudes, que nous parvenons à faire évoluer nos transports en commun », explique Christine Fauquembergue. « Ainsi, pour la ligne 1, une ligne structurante, la mise en sens unique d’une portion de rue a permis de gagner 3 minutes sur l’ensemble du trajet. Nous pouvons alors, tout en continuant de respecter les fréquences, injecter un trolley de moins sur ce circuit. Cela fluidifie la circulation, augmente la vitesse commerciale et permet à l’agglomération de réaliser quelques économies. »

Une restructuration programmée

Si certains gros dossiers (arrivée d’une LGV à l’horizon 2020, création de la Voie de Liaison Nord, restructuration d’un important secteur au nord de la ville, etc.) vont entraîner d’importants aménagements du réseau, certaines améliorations ou extensions sont déjà en cours. Ainsi, les problèmes de charge sur la ligne de bus no 1, structurante, devraient disparaître avec l’acquisition de cinq nouveaux bus articulés. Pour faire du rabattement sur les services réguliers, des navettes en midibus circulent dans les communes autour de la ville qui ne sont pas encore desservies. Le Télobus, un TAD avec arrêts prédéfinis assuré par des taxis sous la houlette de la STCL, dessert les communes plus éloignées et sert de test pour la création de futures lignes régulières. Enfin, la mise aux normes PMR se poursuit avec 30 % (330) des points d’arrêt aménagés. Ces améliorations ont été possibles alors que le versement transport est passé de 0,95 à 0,98 % en juillet 2012, puis à 1,02 % en janvier. « L’augmentation de juillet a seulement permis de compenser les disparitions d’entreprises et de maintenir les recettes de VT, soit 18 millions d’euros, et près de 5 millions de recettes billettiques pour un coût d’exploitation de 20 millions », regrette Christine Fauquembergue. Une exploitation assurée par la STCL (Transdev) dont le contrat de DSP vient d’être renouvelé jusqu’en 2018.

Chiffres clés

– 202 000 habitants desservis dans 18 communes

– 14,5 millions de voyages par an dont 6,95 millions par trolley

– 4,6 millions de kilomètres parcourus dont 1,5 million par les trolleys

– 41 lignes au total, 27 lignes en semaine dont 5 lignes de trolleybus

– 1 100 points d’arrêt dont 350 équipés d’abribus et 330 accessibles PMR

– 120 véhicules dont 56 équipés du dispositif d’annonce sonore et visuelle d’arrêt, et 72 % accessibles PMR.

Questions à…
Christian Suty, Area Sales Manager Suisse-France pour la société HESS

Les Swisstrolleys articulés livrés à Limoges sont les premiers de la génération 4. Quelles différences avec les générations précédentes?

Le châssis du véhicule est pourvu de roues indépendantes pour l’essieu directeur avant, ce qui est un gage de sécurité. Le convertisseur de traction électrique est situé dans un coffre de toit compact, ce qui permet une baisse de poids de 60 kg et donc un gain énergétique. La structure du véhicule est conçue autour du système modulaire Co-Bolt qui consiste en une préfabrication de kits de montage sans soudure, évitant ainsi les risques de déformation de la structure. Cette fabrication rationnelle permet de ne pas faire de redressement de tôles, d’avoir des réparations carrosserie plus rapides et des coûts du cycle de vie du produit optimisés.

Quelle actualité pour votre société?

Nous livrons actuellement des trolleys, simples et articulés, avec notre nouveau système pack énergie, un système d’autonomie totalement électrique, à la ville de Zurich. De la même manière que Limoges est une vitrine pour notre société, j’espère que l’exemple de Zurich séduira Lyon…

3 questions à…
Alain Rodet, maire de Limoges

Quelle place occupent les trolleys dans les transports de l’agglomération de Limoges?

Une place essentielle! Les trolleys à Limoges, c’est 7 lignes dans l’urbain dense, 7 millions de personnes transportées chaque année et une contribution importante à la qualité de vie avec moins de pollution sonore et atmosphérique. Mais c’est aussi un choix économique.

Il y a quelques années, de nombreuses villes ont voulu se doter de tram et les trolleys étaient considérés comme ringards. Mais Limoges, c’est sept collines et beaucoup de pentes. Pas l’idéal pour un tram… Nous, nous avions les câbles, pas toujours esthétiques mais on s’habitue et on n’y prête plus attention. Aujourd’hui, les trolleys sont un atout d’avenir pour la ville.

Un atout d’avenir dont l’origine est historique…

C’est vrai qu’entre Limoges et les trolleys, c’est plus de 70 années d’histoire. D’abord desservie par des tramways, la ville a adopté les trolleys en 1938. Et pendant la guerre, elle a même accueilli la fabrication des trolleys Vetra dont certains ont circulé ici jusque dans les années soixante-dix.

Concernant l’avenir, quels sont les objectifs?

C’est, encore et toujours, renouveler le parc.

Depuis 2005, 84 % du parc a été renouvelé, soit un investissement de 35 millions d’euros hors taxe. Puis, c’est poursuivre les efforts en matière d’accessibilité, plus de 30 % des arrêts sont aux normes PMR et 72 % des véhicules sont accessibles. Enfin, c’est améliorer les fréquences et ne laisser personne sur le quai. C’est un travail au quotidien, car en matière de transports publics, il est facile de faire de grosses bêtises rapidement. Il est plus difficile de faire preuve de sagesse.

Retour au sommaire

Auteur

  • Olivier Jacquinot
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format