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Loire-Atlantique: le véhicule d’un voyage utile et valorisant

Question d’image Jacques Laissus, directeur des transports du conseil général de Loire-Atlantique, espère un véhicule qui apporte performance et image de marque à l’autocar. Et puis, surtout, un espace où le passager passera un moment utile et agréable.

Pour quelles raisons la Loire-Atlantique a-t-elle rejoint, dès le départ, les autres départements promoteurs de l’@-car?

→ Comme l’Isère, le véritable initiateur, nous faisons partie des départements qui sont aux prises avec d’importants besoins de dessertes tout autour d’une grande agglomération. C’est le problème du périurbain que l’on retrouve chez nous autour de Nantes comme autour de Grenoble ou de Strasbourg, et que nous voyons poindre pour des villes plus petites comme Ancenis, Châteaubriant et bien sûr Saint-Nazaire. Mais à la différence d’autres départements, nous pouvons encore compter sur le chemin de fer. Entre Nantes et Saint-Nazaire, il y a déjà 25 allers-retours par jour. Ce n’est pas rien. Et nous allons voir le train renaître en fin d’année entre Nantes et Châteaubriant, comme il s’est développé aussi entre Nantes et Clisson, sous la même forme: un tram train. Pour dessiner l’autocar idéal de demain, nous n’avons donc pas le souci, du moins aussi fort que d’autres, qu’il soit de grande capacité comme c’était, par exemple, le cas de l’Isère. Pour nous, les lignes à très forte capacité se comptent sur les doigts d’une main. Sur ce sujet, nous sommes plus attachés à des capacités variables, un peu comme le tramway Dualis d’Alstom dans l’urbain. Ne serait-ce que pour faire face à des pics de fréquentation encore plus nets dans l’interurbain que dans l’urbain. À cette condition, nous savons que l’autocar, parce qu’il est plus économique, a bien plus d’avenir que le mode ferroviaire.

Quelles sont, au final, les caractéristiques de l’autocar nouveau que vous souhaitez?

→ Il se rapproche du bus à haut niveau de service que l’on voit fleurir dans l’urbain. Nous pensons que l’autocar a besoin d’un saut qualitatif. Pour une fois qu’un projet vraiment innovant voit le jour dans l’interurbain, il faut de la performance et de l’image, il faut que prendre l’autocar devienne valorisant et utile, en un mot, moderne.

C’est une approche typiquement client?

→ Oui. C’est un aspect que nous avons peu travaillé dans nos réseaux. Nous avons augmenté notre offre, mais guère songé à ce qui se passe dans nos autocars pendant les voyages. À la différence de ce qui se produit dans l’urbain, notre passager est assis pendant un temps relativement long, de l’ordre de la demi-heure. Comment améliorer la qualité de ce temps de transport public? L’autocar doit, au minimum, donner l’occasion à l’usager de passer un moment agréable. Même si le passager est déjà assis, son confort doit au moins être maintenu.

Ensuite, un saut qualitatif dans les services proposés est sans doute à portée de main grâce aux technologies de la communication. Le temps que dure le voyage, autant proposer ce dont notre passager peut avoir besoin dans ce domaine. En réalité, nous n’en avons aucune idée précise, juste des pistes autour de la géolocalisation et des smart phones, mais que peut-on faire de particulièrement valorisant dans un autocar? Il faut affiner la réflexion. Nous devrons sans doute partir d’un certain niveau d’équipement, quitte à le faire évoluer. Mais pour cela, ce car, dans sa version courante, ne doit pas coûter quatre fois plus cher pour trois gadgets de plus. Ce que nous savons en revanche, c’est qu’il doit contribuer à apporter au passager tout ce que nous appelons l’information voyageur: achat de titre, correspondances possibles, temps d’attente, articulation aux pôles de correspondance avec les autres moyens de transport.

La sociabilité peut-elle faire partie de ces besoins à prendre en compte?

→ Réamorcer ou favoriser le lien social dans les transports constitue un véritable enjeu. Est-ce que cela passe par la conception des véhicules? Peut-être.

La Loire-Atlantique insiste-t-elle sur les économies possibles dans l’exploitation du nouveau véhicule?

→ Bien sûr, il faut que le coût d’exploitation soit acceptable dans la durée parce que les réalités peuvent se tendre, avec le prix des carburants par exemple. Le nouvel autocar doit être économe si nous voulons qu’il prenne de l’importance dans nos transports en commun. C’est avec lui, dans les zones périurbaines, que notre département espère mettre un transport public à portée de chaque habitant en guise d’alternative à la deuxième voiture. Réduire les automobiles utilisées en solo est un objectif important. Nous voulons aussi que ce véhicule représente un progrès pour les économies d’énergie et pour l’environnement. Ce sont là deux grandes priorités de notre département. Et c’est important en terme d’image. Cela fait partie des valeurs qui peuvent pousser l’usager à préférer l’autocar à la voiture. Nous restons, plus que dans l’urbain, soumis à la compétition permanente avec l’automobile. Le faible bilan carbone de l’autocar doit aussi contribuer à ce que les autorités organisatrices le préfèrent à tout autre mode de transport public.

La Loire-Atlantique ajoute le souci de bâtir en France, autour de ce véhicule, une nouvelle filière industrielle pour créer des emplois dans notre pays. Là aussi, c’est un reflet de notre économie locale, très tournée vers l’industrie.

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Auteur

  • Hubert Heulot
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