Décidément, tout y passe en ce moment. Entre le gazole pas assez taxé, le Grand Paris très cher, la loi handicap de 2005 impossible à appliquer, le projet de loi sur la décentralisation qui fait déjà grincer des dents – et j’en oublie certainement – il paraît désormais impossible de nier que le transport collectif est au cœur du fonctionnement économique de notre société, et que la vie de ce secteur est bien loin d’être un long fleuve tranquille. En fait, il ne nous manquerait plus qu’une loi contestée sur la flexibilité du travail pour bousculer tout l’édifice si chèrement et longuement construit, et là, on pourrait presque s’inquiéter du devenir de cette activité…
D’un autre côté, la future conjonction entre le taux de chômage exponentiel qui est le nôtre, l’obligation écologique – voire médicale – de mettre à la casse les voitures diesel, et l’incapacité économique des Français à s’acheter de nouvelles automobiles propres, la réponse aux problématiques de déplacement ne peut être que collective. La réussite du tramway, largement évoqué dans ce numéro, apparaît d’ailleurs comme une des réponses appropriées à ce défi. Une situation aux allures de bon point pour les opérateurs du secteur, mais un tableau bien moins encourageant pour les collectivités territoriales qui renâclent déjà à payer le simple coût de la réforme des rythmes scolaires.
Nos enfants, justement, finiront bien un jour par nous taper sur les doigts à grands coups de règles pour avoir si futilement dilapidé ressources, énergies et même intelligence.
Mais en attendant, il faut faire avec, et encore n’en sommes-nous qu’au début des aberrations de ce XXIe siècle. Si, dans toute cette agitation, il est difficile de distinguer les futurs gagnants, il y a bien quelques perdants très facilement identifiables. Afin de vous éviter une nouvelle liste à la Prévert, et dans l’incapacité qui est la mienne de vous citer les noms et prénoms des quelque quatre millions de sans-emploi hexagonaux, je n’évoquerai que les personnes en situation de handicap. Le rapport Campion vient bien de leur signifier qu’ils ont attendu presque 10 ans l’application d’une loi… inapplicable.
Ils vont taper fort les bambins!
