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Comment amener le TGV à Périgueux?

Cas d’école La desserte par le TGV des villes moyennes implique des choix complexes comme l’avait montré le colloque réuni à Angoulême en novembre 2012 par l’association des villes et régions européennes de la grande vitesse.

Après que les deux départements charentais se sont accordés pour la desserte TGV de leurs grandes agglomérations, la Dordogne entre dans le débat. Ici aussi il s’agit de profiter des retombées de la LGV Sud Europe Atlantique pour que le TGV desserve Périgueux. Ces retombées ont été mises en valeur lors de la visite ministérielle sur le chantier de la ligne, le 4 février. La préfecture de la Dordogne, qui ne bénéficie plus de trains directs vers Paris, est desservie par des TER Aquitaine depuis Bordeaux via Coutras et par des TER Limousin depuis Limoges via Nexon et via Brive.

Mi-2017, l’arrivée de la LGV Sud Europe Atlantique va réduire le temps de trajet Paris-Bordeaux à deux heures au lieu de trois aujourd’hui. Coutras serait desservi à partir d’Angoulême, les TGV quittant la ligne à grande vitesse au nord de la ville, et bénéficierait d’un temps de parcours vers Paris réduit à 1 h 45 au lieu de 2 h 10 aujourd’hui.

Deux dessertes TGV(1) de Paris vers Périgueux sont possibles. Le premier, soutenu par les élus, consiste à moderniser et électrifier l’itinéraire Limoges-Nexon-Périgueux (99 km dont 80 % à voie unique). Selon une étude de 2010 associant État, région et département, cela mettrait Périgueux à 3 h de Paris via Tours, Angoulême et Limoges au lieu de 4 h 15 à 4 h 25 aujourd’hui, et ce, au prix d’un investissement de 165 millions d’euros, hors la mise à double voie de la ligne. Le comité de pilotage de juin 2012 qui a validé cet itinéraire estimait le potentiel TGV à 20 000 voyageurs par an sur la base de 4 allers-retours quotidiens.

La seconde option, qui a la préférence de RFF, vise à moderniser et électrifier Coutras-Périgueux, ligne à double voie de 75 km, pour un coût de 127 millions d’euros(2). Les durées de trajet de et vers Paris sont comparables, tout comme les possibilités de correspondances TER à Périgueux avec Bergerac, Sarlat, Le Buisson et Brive.

Report ou abandon?

Mais le choix de l’itinéraire via Limoges dépend de la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges, l’un des projets du schéma national des infrastructures de transports qui doit être soumis à hiérarchisation. Pour certains, c’est synonyme d’un report à un horizon plus lointain, voire d’un abandon, et c’est ce que dénonce l’association Altro qui milite en faveur du projet Transline, grande transversale LGV Nantes-Lyon qui inclue l’antenne Poitiers-Limoges(3). Pour Altro, la desserte de Périgueux met en avant le kilométrage plus élevé via Coutras (606 km contre 547 km) et cette option aurait de plus un moindre impact en matière d’aménagement du territoire. L’association préconise l’utilisation de rames TGV plus courtes de 250 places pouvant assurer des services de type TER-GV et pouvant circuler en unités triples. Dans le cas d’un trajet Paris via Limoges, cela permettrait de desservir Limoges, Brive et Périgueux dans le même sillon horaire.

En raison de la raréfaction des fonds publics… et d’un certain cafouillage gouvernemental(4), la desserte via Coutras semble être une solution de repli. Ainsi, lors de la discussion sur le schéma régional des infrastructures de transport Aquitaine en 2009, l’association Périgord Rail+ militait pour la modernisation et l’électrification de l’ensemble des 251 km du corridor Limoges-Périgueux-Le Buisson-Agen(5). Son président, Jean-François Martin, estime désormais que « si la LGV Poitiers-Limoges passe à la trappe, il vaudra mieux accepter la liaison par Coutras plutôt que d’attendre vingt ans de plus. »

Électrifier Brive-Périgueux (74 km) aurait l’intérêt de mutualiser les TGV Brive, mais les temps de parcours et les coûts seraient plus élevés.

On atteindrait 227 millions d’euros avec la construction d’un shunt à Coutras, ce qui apporterait un gain de quelques minutes.

Transversale qui s’accrocherait à la future LGV-POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon).

L’itinéraire via Limoges, avalisé le 27 novembre 2012 lors d’une rencontre entre Jean-François Cuvillier ministre délégué aux Transports, et Michel Moyrand, maire de Périgueux, était remis en question dès le lendemain par Jérôme Cahuzac, ministre du Budget!

L’intérêt de cet axe résiderait dans les correspondances avec deux futures LGV: au nord, à Limoges, et au sud, à Agen.

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Auteur

  • Michel Chlastacz
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