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Cap sur le Nouveau Grand Paris

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 – Horizon 2030 – objectif de mise en service

Crédit photo Diane-Isabelle Lautrédou

Projet Le 6 mars, à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée (77), le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté ses arbitrages relatifs au futur Grand Paris. Comme prévu, il sera mené à son terme à l’horizon 2030, malgré un coût de 9,5 milliards d’euros supplémentaires.

« C’est le nouveau Grand Paris du XXIe siècle qui va se dessiner sous nos yeux », a affirmé Jean-Marc Ayrault lors de son intervention à l’université Paris-Est. Concernant 8,5 millions d’usagers franciliens chaque jour, le projet du Grand Paris vise quatre objectifs: faire en sorte que 90 % des Franciliens habitent à moins de deux kilomètres d’une gare, désenclaver les territoires les plus pauvres, doper l’attractivité de la région et créer 15 000 emplois chaque année grâce aux travaux, « puis plus encore, une fois les projets mis en service », a promis le Premier ministre.

Le GPE en continu jusqu’à 2030

Rebaptisé Nouveau Grand Paris, le projet version Ayrault concentrera un tiers de ses efforts sur les RER. Il s’agit de la mise en service, dès cette année, du RER B + au nord, de la poursuite des opérations de modernisation des lignes de RER C et D (de 2014 à 2017), et le prolongement de la ligne Éole de Saint-Lazare à La Défense (les travaux débuteront en 2015). Chantier emblématique du futur réseau, le métro automatique Grand Paris Express (GPE) sera intégralement réalisé en 2030. « Les lignes seront lancées en parallèle, les tronçons s’enchaînant les uns aux autres de manière continue », résume Jean-Marc Ayrault. Concrètement, le GPE sera constitué d’une rocade, la ligne 15, de type métro ferré souterrain d’une capacité équivalente à celle du métro parisien. Sa fonction sera de désaturer la zone dense en une spirale interopérable reliant Noisy-Champs, Champigny Centre, La Défense, Saint-Denis Pleyel, Rosny Bois-Perrier et Champigny Centre. En parallèle, les transports automatiques irrigueront les territoires en développement. Ainsi, il y aura la ligne 16 de Noisy-Champs à Pleyel via Clichy-Montfermeil et Aulnay-sous-Bois, la ligne 17 de Pleyel au Mesnil-Amelot en passant par Le Bourget (tronc commun avec la ligne 16), Gonesse et Roissy, et la ligne 18 d’Orly au plateau de Saclay via Massy-Palaiseau, prolongée à Versailles. Enfin, des prolongations de liaisons de métro existantes comme la ligne 14 au nord, de Saint Lazare jusqu’à Saint-Denis Pleyel, et au sud, d’Olympiades à Orly compléteront le maillage du futur réseau. À raison d’un calendrier précis, « en 2030, toutes les lignes du GPE seront en service », a précisé Jean-Marc Ayrault.

Un Stif de plein exercice

Côté gouvernance, le chef du Gouvernement prévoit de créer une autorité organisatrice de la mobilité durable (AOMD) ayant la main sur la politique globale de déplacement. Pour permettre au Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) d’exercer cette fonction « de plein exercice », Jean-Marc Ayrault proposera prochainement au Parlement de « remettre la SGP dans le droit commun afin qu’elle devienne un opérateur de l’État. » Estimant que « l’Île-de-France doit également se doter d’outils pour renforcer la cohérence de l’action des collectivités locales », le Premier ministre entend s’appuyer sur l’actuel projet de loi de décentralisation qui doit être présenté au Conseil des ministres le 10 avril. Dans ce cadre, Jean-Marc Ayrault a d’ores et déjà affirmé sa volonté de conforter le rôle des métropoles et de « muscler » celui des intercommunalités. Avec 300 000 habitants au minimum en zone dense et 200 000 habitants dans les autres territoires franciliens, les intercommunalités auraient donc la capacité de conduire des projets de développement au cœur de l’agglomération jusqu’aux territoires périurbains, voire ruraux. Sur la base d’une nouvelle carte intercommunale, la mise en place d’un établissement public baptisé Métropole de Paris sera soumise au Parlement d’ici le 31 décembre 2015 et pourrait voir le jour le 1er janvier 2016. « Une agglomération d’Île-de-France, un Grand Paris qui se développent, ce n’est pas Paris contre la province, c’est toute la France qui se porte mieux », explique Jean-Marc Ayrault.

Des leviers de financements

Avec une addition passée de 20 à 29,5 milliards d’euros, « ce projet coûte en effet beaucoup plus cher que ce qui avait été annoncé par le gouvernement précédent », prévient le Premier ministre. Pour financer 9,5 milliards d’euros supplémentaires, il fallait donc trouver la parade. Parmi les pistes évoquées: le déplafonnement de la taxe locale sur les bureaux (TLB), indexée sur l’indice du coût de la construction, qui apporterait deux milliards d’euros à l’équation. L’augmentation des amendes forfaitaires de stationnement au bénéfice des autorités organisatrices sera également étudiée dans ce cadre. « À moyen terme, nous tirerons ainsi parti de la croissance que nous avons créée », plaide Jean-Marc Ayrault. D’autres moyens financiers pourraient aussi être levés pour parer aux urgences. « Si les besoins de la SGP le justifiaient à court terme, je réitère mon engagement de débloquer un milliard d’euros à partir de 2015 », indique le Premier ministre.

Réactions
CE QUI CONVAINC

Le volet financier

« Donner la priorité aux investissements dans les transports en Île-de-France, c’est faire preuve de keynésianisme utile », tranche Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Île-de-France.

« La décentralisation du stationnement est une mesure vertueuse et économiquement responsable. Elle favorise le désengorgement des centres-villes, encourage le report modal et accroît les ressources des AO », assure Roland Ries, président du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).

« Près de 35 milliards d’euros sur vingt ans, 72 gares supplémentaires, des milliers de logements autour des gares, 200 kilomètres de métro automatique, etc. Cette ambition nous engage pour les années à venir et sera un moteur pour l’emploi et la valorisation régionale », estime Jean-Yves Le Bouillonnec, député du Val-de-Marne.

La gouvernance

« Le renforcement du rôle du Stif permettra une plus grande rationalisation de la maîtrise d’ouvrage des transports franciliens », observe Bertrand Delanoë, maire de Paris.

« Nous tenons à saluer le retour du Stif en sa qualité d’autorité organisatrice de plein exercice, ainsi que les missions qui ont été assignées aux opérateurs ou au futur maître d’ouvrage du Grand Paris Express », indique Roland Ries, président du Gart.

Le calendrier

« La volonté de ne pas séquencer les travaux comme le laissait craindre le rapport Auzannet, mais aussi la décision de maintenir les deux tronçons sud et nord, ainsi que l’arc Est, conforte la place de l’est francilien dans ce grand chantier d’envergure métropolitaine », approuve Vincent Ébbe, sénateur et président du conseil général de Seine-et-Marne.

Le désenclavement

« Avec le T4 pour Clichy-Montfermeil dès 2017 et la mise en service de la ligne 16 dès 2023, les quartiers populaires ne sont plus les oubliés des politiques publiques », se réjouit François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville.

« Nombre de communes souffrent de très grandes inégalités, notamment dans le domaine économique, les transports, le logement, les services publics, etc. Le réseau du Grand Paris devra contribuer à rééquilibrer les territoires », espère Jean-Yves Le Bouillonnec, député du Val-de-Marne.

« Le Premier ministre confirme les objectifs que nous avions fixés: améliorer les mobilités quotidiennes des Franciliens, connecter les territoires oubliés par les transports, notamment les quartiers populaires de l’est parisien », plaide Maurice Leroy, président du conseil général et député du Loir-et-Cher.

LE NOUVEAU GRAND PARIS EN DATES

En 2013

Mises en service

Prolongement de la ligne 4 à Mairie de Montrouge

Tramway T5 Saint-Denis/Garges/Sarcelles

Centre de commandement unique RER B

Modernisation du RER B Nord +

Tramway T7 Villejuif/Athis-Mons (phase 1)

Pôle intermodal de Pompadour (RER D)

BHNS de Gonesse (mise en service progressive fin 2013)

Démarrage des travaux

Plateau de Saclay/BHNS

En 2014

Mises en service

Modernisation RER B Sud (mesures d’urgence, dont le quai de Denfert-Rochereau)

Modernisation du RER D

Tramway T6 Châtillon/Vélizy/Viroflay (section en surface)

Tramway T8 Nord Saint-Denis/Épinay

Démarrage des travaux

Prolongement de la ligne 14 à Mairie de Saint-Ouen

Prolongement de la ligne 4 à Bagneux

Prolongement du tramway T1 à Val de Fontenay

En 2015

Mises en service

BHNS du Plateau de Saclay

Pôle gare de Nanterre Université

Tramway T6 Châtillon/Vélizy/Viroflay (section en tunnel)

Démarrage des travaux

Ligne 15 sud: Pont de Sèvres – Noisy-Champs

Prolongement du RER E (Éole) à l’ouest vers La Défense et le Mantois

Modernisation RER C

Prolongement de la ligne 11 à Rosny Bois-Perrier

Prolongement du Tramway T3 à Porte d’Asnières

Débranchement du tram train T4

Prolongement du tramway T7 à Juvisy

Tram train Massy – Évry

Tangentielle ouest entre Saint-Cyr et Saint-Germain

T Zen 2 Sénart/Melun (bus)

Avant 2020

Mises en service

Barreau ferroviaire de Gonesse

Ligne 11 de Mairie des Lilas à Rosny Bois-Perrier

Ligne 15 de Pont de Sèvres à Noisy-Champs

Prolongement du RER E à l’ouest

Tram train Massy – Évry

Tangentielle ouest à Achères (phase 2)

Pôle de Juvisy

Ligne 4 à Bagneux

Tramway T1 à Colombes

Tramway Paris – Orly

Modernisation du RER C

Démarrage des travaux

Ligne 16 Noisy-Champs – Le Bourget, puis Gonesse

Ligne 18 Massy-Plateau de Saclay

Ligne 15 Pleyel – Rosny Bois-Perrier

Tangentielle nord phase 2

Modernisation du RER D (phase 2)

Tramway T8 partie sud (jusqu’à gare Rosa Park)

Avant 2025

Mises en service

Tronc commun ligne 16 et ligne 17:

Pleyel – Le Bourget

Ligne 16: Noisy-Champs – Le Bourget, en passant par Clichy-Montfermeil et Aulnay-sous-Bois

Ligne 17: Le Bourget – Gonesse

Ligne 14 au nord: Mairie de Saint-Ouen – Pleyel

Ligne 14 au sud: Olympiade – Institut Gustave Roussy

Ligne 18: Massy – Plateau de Saclay

Tram train Massy – Versailles

Tangentielle nord phase 2

Tangentielle ouest entre Achères et Cergy

Tramway Antony – Clamart

Modernisation des RER A, B sud et D (phase 2)

Démarrage des travaux

Ligne 15: Pont de Sèvres – Nanterre

Ligne 15: Pleyel – Rosny Bois-Perrier

Ligne 11: Rosny – Bois-Perrier – Noisy-Champs

Avant 2030

Mises en service

Ligne 14: Institut Gustave Roussy – Orly

Ligne 18: Massy – Orly

Ligne 17: Gonesse – Roissy, puis le Mesnil-Amelot

Ligne 15: Nanterre – Pleyel via La Défense Grande Arche

Démarrage des travaux

Ligne 15: Rosny – Champigny

Ligne 18: plateau de Saclay – Versailles

Le nouveau Grand Paris – Horizon 2030 – objectif de mise en service
Réactions
CE QUI INQUIÈTE

Le volet financier

« À terme, la décentralisation et la dépénalisation du stationnement amèneront des niveaux d’amendes différenciés d’une agglomération à l’autre » et donneront aux communes la possibilité de « choisir de déléguer cette gestion du stationnement à des sociétés privées aux objectifs de rentabilité accrus », craint Didier Bollecker, président de l’Automobile Club Association.

« Ces nouveaux financements négociés avec les collectivités locales et les entreprises ne devront pas peser sur l’activité économique, la taxe locale sur les bureaux ayant déjà augmenté de 47 % entre 2010 et 2011 », s’inquiète Pierre-Antoine Gailly, président de la chambre de commerce et d’industrie d’Île-de-France.

La gouvernance

« Nous souhaitons une redéfinition de l’organisation dans un contexte où les entreprises contribuent déjà à hauteur de 45 % au budget de financement global des transports en commun d’Île-de-France, alors qu’elles ne disposent que d’un seul représentant sur trente sièges », pointe Pierre-Antoine Gailly, président de la chambre de commerce et d’industrie de l’Île-de-France.

Métropole de Paris

« On ne peut imaginer une structure plus opaque et lointaine des citoyens que le projet de Métropole de Paris tel qu’il est proposé. C’est ajouter un étage de plus au millefeuille administratif », regrette Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine.

Le calendrier

« Le calendrier de réalisation de la ligne 15 ne répond pas aux besoins des Hauts-de-Seine. La Défense, premier quartier d’affaires européen, est desservie seulement en 2027. Je m’étonne de ce report en fin d’opération au vu de l’importance économique du quartier en pleine période de crise », déplore Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine.

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Auteur

  • Diane-Isabelle Lautrédou
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