Non, je ne parlerai pas ici de Jérôme Cahuzac. Non, personne ne me fera dire dans ces colonnes que ce qui arrive aujourd’hui à la tête de l’État ressemble de plus en plus à la faillite presque totale d’un système. Non, je n’irai pas jusqu’à penser que le concept même de morale politique, de quelque bord qu’elle soit, vient bel et bien de s’effondrer. Je retiendrai plutôt de ces quinze jours écoulés au moins deux événements qui passeront plus ou moins inaperçus dans les semaines à venir, certainement marquées par « l’affaire » du moment.
La nouvelle volonté affichée du gouvernement de simplifier le plus possible le fonctionnement administratif du pays m’apparaît par exemple comme un point très positif – si le principe est bien mené à son terme – et essentiel à la vie des entreprises de toutes tailles qui souffrent déjà, pour beaucoup, d’un contexte économique à la limite du supportable. Dans un autre registre, le découpage du projet de loi de décentralisation en trois phases n’est peut-être pas aussi négatif qu’il n’y paraît de prime abord. L’étalement dans le temps aurait le mérite de permettre une étude plus précise de ces textes et de leurs implications futures sur la marche du pays. Si nos édiles pouvaient éviter de refaire la même erreur qu’avec la loi handicap de 2005, aujourd’hui considérée comme quasi inapplicable, ce tronçonnage aura au moins trouvé sa raison d’être. Le risque encouru se situe cependant au niveau de la nécessaire coordination de l’ensemble. Dans un système qui oublie vite le chemin déjà parcouru et regarde rarement au-delà de la prochaine échéance – électorale dans cet univers – il est en effet à craindre que des contradictions apparaissent entre des textes discutés et votés sur une période aussi longue.
Laissons tout de même le bénéfice du doute à nos députés, ils se sont, paraît-il, laissés bernés une fois les yeux dans les yeux, gageons qu’ils seront désormais plus circonspects. En attendant, je n’ai qu’une véritable inquiétude. Le prochain congrès de l’UITP (l’Union internationale des transports publics) se déroulera fin mai à Genève, et la rédaction de Bus & Car a bien l’intention de s’y rendre en force. Serons-nous, au retour, soumis à une attention particulière du Fisc? Ce serait bien ma veine, moi qui n’ai pas, et n’ai jamais eu…
