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Keolis se construit une croissance mobile

Expertises Lancé dans une course mondiale, Keolis a poursuivi, en 2012, le rééquilibrage de ses activités vers l’international et corrigé la rentabilité en berne de certains contrats en France. Tramway, métro automatique, BHNS, modes doux… les innovations lancées par le groupe dans l’hexagone lui servent plus que jamais de vitrine pour son offre multimodale à l’export.

Le nom de Keolis se prononce chaque année dans de nouvelles langues. En 2012, c’est en hindi que Keolis s’est distingué à l’occasion du contrat signé pour l’exploitation du futur métro automatique d’Hyderabad prévu en 2015. « Il s’agit de notre première implantation en Asie, un cap important de notre développement à l’international », s’est félicité le président du directoire de Keolis, Jean-Pierre Farandou, à l’occasion de la présentation des résultats annuels 2012.

L’Inde est le 13e pays dans lequel la filiale de la SNCF est implantée. Une étape symbolique du développement de Keolis qui a frôlé l’an dernier le cap des 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit le double de son activité de 2007. La croissance est toujours au rendez-vous, avec une moyenne légèrement supérieure à 12 % tous les ans depuis 2007, et 2012 n’a pas dérogé à la règle avec une progression de 12,1 %. Cependant, le fossé entre la France et l’étranger continue de se creuser en terme de dynamisme de l’activité mesurée par Keolis. « Notre bilan économique en France est très satisfaisant, nous restons leader du transport urbain », affirme Jean-Pierre Farandou, titre que revendique également son concurrent Transdev…

Un contexte économique dégradé en France

Keolis peut en tout cas s’enorgueillir d’avoir remporté de nouveaux contrats comme à Strasbourg, Amiens ou Maubeuge et le renouvellement de ses positions à Rennes, Tours, Agen ou Blois, soit 80 % de ses contrats en urbain. Le groupe met en avant « une conjoncture économique et un environnement concurrentiel difficiles » dans lesquels il a su manœuvrer à bon cap pour faire rentrer, ou conserver, dans son portefeuille un volume de 237 millions de chiffre d’affaires grâce à ces marchés, soit 9 % de son chiffre d’affaires dans l’hexagone. Une bonne performance qui ne doit pas masquer la fragilité du modèle économique avec les collectivités territoriales, notamment sur l’urbain, un segment « moins rentable, même s’il consomme moins de capital ». « La vraie nouveauté sur ce thème est qu’avant la crise, tous les groupes acceptaient de prendre des risques sur les recettes à venir, mais aujourd’hui, pour les nouveaux contrats, nous veillons à cadrer le risque et le niveau de la rémunération, c’est aujourd’hui plus explicite », note Jean-Pierre Farandou. Et de fait, en 2012, Keolis a cherché à corriger les zones rouges de certains contrats. « Nous discutons avec les autorités organisatrices pour pérenniser les contrats, car nous n’avons pas vocation à financer les transports publics », tranche Michel Lamboley, directeur général du groupe Keolis. C’est pourquoi, tout ou partie des contrats déficitaires pour l’exploitant en 2010/2011 a été corrigé en 2012 ou est, «par étapes, doucement ramené dans le vert », précise Patrick Jeantet, directeur général France de Keolis.

Les innovations du modèle français s’exportent bien

Le marché français conserve toutes ses vertus pour Keolis qui « ne souhaite pas oublier ses racines » et s’est fixé comme objectif« la défense du portefeuille et la participation à des appels d’offres offensifs. » Une position privilégiée en France qui sert de rampe de lancement au groupe pour ses contrats à l’international. Illustration avec Hyderabad, un contrat remporté « grâce à notre socle en France et aux métros du même genre que nous exploitons à Lyon, Lille, Rennes ou encore à Roissy-CDG », analyse le président du directoire de Keolis qui n’oublie pas de mentionner la présence de la Sncf dans l’actionnariat du groupe comme « rassurante » à l’étranger. Ce socle français, Keolis le cultive pour affirmer son expertise dans l’intermodalité, déclinée dans les modes lourds comme le tramway. Il a été introduit l’an dernier à Brest, Dijon et Orléans avec deux lignes, à Lyon pour une cinquième ligne. Expertise aussi concernant les bus hybrides, lancés à Dijon, et plus particulièrement les BHNS, segment que Keolis ne souhaite pas négliger face aux modes lourds. « Le réseau bus vient s’articuler autour des modes capacitaires et le BHNS rencontre un vrai succès commercial en France, comme nous l’avons fait à Lyon, à Nîmes et bientôt à Metz, c’est une vraie alternative au tramway, avec un coût 2 à 3 fois inférieur », rappelle le président de Keolis. Enfin, dans le portefeuille d’expertises, Keolis a ajouté le transport à la demande avec l’extension du réseau Filéo à Roissy-CDG, le transport de PMR avec la création en 2012 d’Accès Synchro, ou bien encore le développement des modes doux, le stationnement et la billettique avec sa filiale Effia.

L’international, une priorité

À l’inverse, en 2012, Keolis s’est aussi efforcé de familiariser le marché français à une palette plus large de contrats et de niveaux de collaborations qu’il pratique à l’étranger. Outre la traditionnelle délégation de service public (DSP), Jean-Pierre Farandou cite les SEM (sociétés d’économie mixte)« qui permettent d’ouvrir plus de possibilités, comme ça a été le cas à Strasbourg », ou encore les PPP (partenariat public-privé) qui sont concernés dans « de nombreux appels d’offres en cours, et peut-être bientôt pour le Grand Paris ». Des contrats public-privé qui « nécessitent une expertise et une ingénierie contractuelle lourde qui nous a permis de signer la Gold Coast en Australie », mais qui s’avèrent plus rentables qu’un dernier modèle de collaboration très répandu en Europe, les Gross Contracts. « Keolis est dans le Top 5 mondial », même si « en additionnant notre activité et celle de la Sncf, nous sommes effectivement le premier groupe mondial opérateur de transport public », se félicite Jean-Pierre Farandou qui raisonne à l’aune des groupes mondiaux: DB Arriva, First Group, Stage Coach, National Express, etc. « C’est un match à trois en France, mais à l’international, la concurrence est beaucoup plus large et plus agressive », rappelle le président de Keolis citant notamment le groupe MTR de Hongkong, « peu connu en Europe, mais qui souhaite s’y développer » grâce à de solides moyens financiers. Un championnat du monde pour lequel Keolis se sent plus que jamais taillé, avec un nouveau business plan à 5 ans. Nommé président du directoire après le passage éclair de David Azéma en 2012, Jean-Pierre Farandou semble également avoir les coudées franches après la clarification de l’actionnariat du groupe (sortie d’Axa Private Equity, remplacé par la Sncf et la Caisse de dépôt et placement du Québec, actionnaires historiques). Keolis s’est fixé un objectif de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, dont 60 % à l’international contre 49 % aujourd’hui.

Quelques chiffres

Chiffre d’affaires 2012: 4 980 M€,+ 12,1 %

Transport de voyageurs France: 2 465 M€

Transport de voyageurs international: 2 351 M€

Effia: 165 M€

Ebitda: 287 M€, + 4,8 %

Résultat net: 24,9 M€

Employés: 52 600 collaborateurs (dont 35 000 conducteurs)

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Auteur

  • Bruno Gomes
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