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Le SIFER, rendez-vous de l’industrie ferroviaire

Salon Du 26 au 28 mars 2013, et comme tous les deux ans, Lille a accueilli la 8e édition du SIFER, le salon international de l’industrie ferroviaire. Il est devenu le rendez-vous majeur des équipementiers français et européens de cette branche industrielle. L’édition 2013 a été marquée par une participation record et par des débats approfondis. Le thème central a été "La coopération, clé de voûte de la compétitivité des entreprises".

Plus de 400 exposants dont 153 étrangers, venus de plus d’une vingtaine de pays dont 135 de 16 pays de l’Union européenne, et des milliers de visiteurs professionnels: le SIFER 2013 semble défier la crise. Crise à laquelle, il est vrai, l’industrie ferroviaire semble mieux résister que d’autres secteurs d’activité manufacturière. Comme l’a rappelé Louis Nègre, sénateur des Alpes-Maritimes et président de la FIF (Fédération des industries ferroviaires qui regroupe « la quasi-totalité des acteurs qui font une filière ferroviaire organisée »), ce salon a témoigné d’un « resserrement des relations partenariales entre les multiples PME et PMI [qui forment le tissu des activités d’équipement] et les donneurs d’ordres », qu’il s’agisse des grands groupes ferroviaires, des exploitants, des diverses institutions ou des autorités organisatrices de transport.

Cela témoigne d’une « volonté de renforcement de la filière », encouragée et saluée par Frédéric Cuvillier, ministre des Transports. Il situe la tenue du SIFER dans le « paysage décisionnel de l’enjeu ferroviaire », caractérisé par de très nombreux rendez-vous décisifs qui auront lieu tout au long de l’année 2013. À noter entre autres, la réforme du pôle ferroviaire national et le regroupement RFF-SNCF, les conclusions de la commission Mobilité 21 sur la hiérarchisation des projets du schéma national des infrastructures de transports (Snit), et le plan d’investissement de rénovation du réseau que RFF doit présenter très prochainement et qui sera doté de 2,5 milliards d’euros. On n’oublie pas non plus les décisions concernant le Grand Paris Express et le troisième appel à projets de TCSP urbains dans les régions dont les résultats devraient être présentés d’ici la fin de l’année avec, à la clé, 450 millions d’euros d’aide de l’État à l’investissement.

Un lieu de discussion

Un grand débat(1) sur “L’avenir de la filière ferroviaire française” était organisé par la FIF dans le cadre du SIFER. Il a été précédé d’un exposé introductif de Jean-Pierre Audoux, délégué général de la FIF, qui a chiffré les enjeux des décisions de 2013 à près de 30 000 emplois pour les années à venir. « Des décisions qui impactent donc durablement la filière ferroviaire française qui associe les spécialistes des infrastructures, de la signalisation et des matériels roulants. » D’autant qu’actuellement, « la visibilité des commandes ne dépasse pas l’horizon 2015-2016, ce qui est préoccupant au plus haut point pour les PME et PMI fortement représentées ici », a-t-il ajouté. Aussi, ces entreprises ont-elles besoin d’une plus forte cohérence et d’une solidarité au sein de la filière. Deux nécessités qui étaient le sujet de la première table ronde.

Cohérence et solidarité pour la filière ferroviaire

L’amélioration des relations contractuelles au sein d’une filière industrielle formée de trois grands groupes et de près de 1 300 PME et PMI est un enjeu majeur(2). S’ajoutent les enjeux de l’efficacité du tissu des fournisseurs et de leur pérennité en tant qu’entreprises. La nécessité de légiférer en faveur d’un « partage du retour d’expérience » est plus complexe. En raison des aléas des appels d’offres, les PME-PMI, comme les trois grands groupes (Alstom, Bombardier, Siemens), peuvent se trouver aussi bien en position de concurrence que de coopération sur une même commande! Cette situation a abouti, en 2012, à la conclusion d’une charte interentreprises sous l’égide de la FIF. À la satisfaction des signataires qui apprécient notamment la volonté de traiter les conflits entre donneurs d’ordres et fournisseurs par médiation plutôt que par voie juridique.

Si la solidarité entre fournisseurs et donneurs d’ordres existe de fait via les conseils, les transmissions de méthodes et les audits, elle doit être développée. Il faut en effet consolider le tissu industriel parfois fragilisé par les retards de paiement(3), les problèmes de propriété industrielle, voire le « chantage à l’emploi » érigé en outil de négociation, constatait Pierre Pélouzet, médiateur des relations interentreprises à l’échelle nationale. La seconde table ronde mettait en avant les « menaces et les opportunités à l’international ». Dans ce domaine, la filière ferroviaire française a encore d’importants progrès à réaliser, puisqu’à chiffre d’affaires comparable, les industries françaises exportent deux à trois fois moins que l’Allemagne! Pourtant, comme l’ont montré interventions et débats, les marchés de l’Asie-Pacifique, de l’Amérique du Sud, et désormais de l’Afrique, offrent de nouvelles opportunités. Et c’est pour mieux les saisir que Fer de France a été créée en 2012, associant toutes les grandes institutions et industries du secteur ferroviaire français. Cette structure a pour mission de renforcer la filière à l’export en identifiant les marchés cibles de demain, de financer l’export et de capitaliser les atouts en fédérant les acteurs, depuis l’ingénierie, via les industriels, jusqu’aux exploitants. L’objectif est d’offrir un label France pour le ferroviaire!

Dans le cadre du SIFER, un autre débat (voir page 48) était organisé par notre confrère Ville, Rail et Transports, sous le titre,” Objectif – 20 %. Comment diminuer les coûts de l’exploitation ferroviaire?”

Jean Bergé, président de Bombardier France, a rappelé que les achats totalisent 70 % des coûts de son entreprise. Ils sont effectués pour 70 % en France dont 50 % dans le Nord-Pas-de-Calais. De quoi stimuler la formation, sur base territoriale, de clusters qui peuvent proposer des sous-ensembles.

À l’échelle nationale, les retards de paiement atteignent en moyenne 12 jours. Cette durée atteint 30 jours pour les PME-PMI avec un impact de 13 milliards d’euros!

Des PME et PMI aussi réactives qu’inventives

Le SIFER, c’est un étonnement sans fin pour les néophytes et, à l’inverse, de solides points de repère pour les professionnels du ferroviaire. Le nombre et la variété des exposants et de leurs activités reflètent l’importance et la complexité de ce secteur industriel. On a pu voir la conception des réseaux avec Ingérop(1), entreprise d’ingénierie, une firme belge spécialisée dans la construction de voies préfabriquées et enrobées sur dalles de béton, notamment pour les tramways et les passages à niveaux.

Air Imis a exposé pour la première fois un véhicule aspirateur destiné au nettoyage des voies à quai dans les gares et les stations de tramways. Étaient aussi présentes les entreprises de signalisation, de mesure de la géométrie des voies, des aménagements intérieurs des trains et des tramways, des systèmes de gestion et d’annonce des circulations, des systèmes radio de sécurité(2)… sans oublier Bodin, une célèbre entreprise d’horlogerie, connue de tous les habitués des gares!

En plus des partenaires officiels du SIFER (ministère des Transports, conseils régionaux du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie, RFF, SNCF, FIF, ARF, Agoria Belgique, Raillenium), toutes les grandes institutions et les services de recherche ferroviaire étaient là (Agence ferroviaire européenne, Certifer, Eurotunnel, pôle I-Trans, Centre européen d’essais ferroviaires, etc). On pouvait également rencontrer de véritables clusters industriels ferroviaires territoriaux, pour la plupart regroupés sous forme de pavillons régionaux, le Nord-Pas-de-Calais, véritable coeur de l’industrie ferroviaire française, la proche Picardie, la Bourgogne, l’Île-de-France et Midi-Pyrénées.

Au cœur du salon, trois sections de voies de démonstration présentaient une traversée piétonne sécurisée, des panneaux de protection des passages piétons sur les voies, un chariot de mesure des défauts géométriques du rail, une tronçonneuse automatique portative, un caniveau en composite et un chariot scanner permettant la numérisation 3D pour réaliser des relevés topographiques et contrôler les déformations de la voie.

Dans le domaine des transports urbains, Ingérop est à la tête de très nombreux projets: BHNS (9), tramways et trams trains (15) et téléphériques urbains (2).

L’entreprise américaine Fluidmesh Networks, basée dans l’Illinois, a obtenu le trophée de l’innovation du SIFER 2013 pour Fluidity, son système de transmission radio à haut débit pour les trains et les transports urbains. L’entreprise amiénoise Mersen a reçu la même distinction dans le domaine des infrastructures pour son patin de troisième rail métro de nouvelle génération.

Avec plus d’une centaine des 1 250 entreprises du secteur ferroviaire, dont les plus importantes (parmi lesquelles les trois donneurs d’ordres Alstom, Bombardier et Siemens-France), la région Nord-Pas-de-Calais totalise plus du tiers des 21 000 emplois directs de l’industrie ferroviaire française. Une industrie qui a réalisé un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros en 2012, dont le quart à l’exportation.

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Auteur

  • Michel Chlastacz
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