King Long Dans le cadre du voyage organisé chaque année depuis 2011 par la rédaction de Bus & Car, les participants de cette édition ont eu le privilège de découvrir les usines King Long installées à Xiamen, dans le sud de la Chine. L’occasion d’une visite guidée et d’un point sur l’actualité de King Long France.
Un seul chiffre résume assez facilement l’importance d’une marque comme King Long: 50 000. Ce n’est rien de moins que la capacité de production annuelle des lignes de montage de ce constructeur né en 1988. Pour être plus précis, les belles années, le site de production de Xiamen voit sortir au maximum de ses possibilités quelque 15 000 autocars, 5 000 autobus et 30 000 minibus, le tout réparti sur 400 modèles différents. De quoi faire rêver quelques marques européennes, d’autant que l’écrasante majorité de ces véhicules est absorbée par le marché national, l’exportation n’ayant concerné en 2012 que 9 000 unités en tout genre sur une production totale de 29 000 exemplaires. Selon la direction de Xiamen, qui recevait le 25 mars les 22 participants du voyage Bus & Car, King Long aurait commercialisé 200 000 véhicules depuis sa création.
Si le gigantisme des installations (visitées en véhicules électriques) va de pair avec l’importance des capacités de production, on retiendra aussi que King Long emploie désormais 800 ingénieurs dans son centre de recherche et développement. C’est le signe, sans doute, que la période des simples copies de modèles occidentaux est bien en passe d’être révolue. Le chiffre d’affaires de la marque connaît une croissance moyenne de l’ordre de 30 % l’an, pour atteindre 8,5 milliards de yuans en 2012, soit approximativement 850 millions d’euros. Même si le marché intérieur est encore susceptible d’absorber d’énormes volumes pendant encore quelques années (on parle ici de 200 000 véhicules de transport de voyageurs par an), King Long, comme un certain nombre de ses concurrents, s’est tourné vers l’exportation à l’aube des années 2000. Il est désormais présent dans 82 pays, dont une dizaine de pays européens. Des autocars ou autobus King Long parcourent donc les routes de Malte, de la Hongrie, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne (100 véhicules étaient par exemple présents au JO de Londres en 2012 grâce à un partenariat signé avec le groupe Arriva), et bien entendu de France où King Long France a vu le jour à travers une association avec Hervouet Corporate Industry (HCI). Avec une progression des exportations de 30 % par an, le géant chinois prépare un avenir où le marché local, une fois stabilisé, l’obligera à se tourner résolument vers l’extérieur. Selon lui, les 280 millions de dollars US réalisés à l’export l’an passé ne sont qu’un début. Il compte mettre en avant les bonds technologiques accomplis ces dernières années, qu’il s’agisse du gigantesque bain cataphorèse inauguré en octobre dernier (qui lui permet notamment de proposer 12 ans de garantie anticorrosion sur ses modèles) ou de ses avancées en matière de propulsions électriques ou hybrides. Comme à peu près partout en Chine, les développements sont ici très rapides, et King Long, comme d’autres marques, n’a sans doute pas fini d’étonner les visiteurs et les opérateurs. Une chose est certaine, dans le domaine des cars et des bus, la Chine est bien éveillée. Place maintenant à la visite guidée des lieux.
Gilles et Véronique Hervouet, respectivement fondateur et directrice de King Long France, ont accueilli Bus & Car à Xiamen. Ils évoquent la percée de la marque dans l’Hexagone.
Quel bilan tirez-vous de l’année 2012 pour King Long France?
– Nous avons terminé l’année avec 50 immatriculations au lieu des 80 attendues. Nous sommes évidemment déçus, mais nous jugeons ces résultats plutôt conformes au contexte économique dans lequel se débat le tourisme aujourd’hui.
La situation économique ne devrait pas s’améliorer cette année, comment pensez-vous pouvoir tirer votre épingle du jeu?
– Nous sommes effectivement plus raisonnables dans nos objectifs concernant 2013. Nous pensons toutefois pouvoir faire un peu mieux, compte tenu du fait que nos véhicules sont mieux adaptés au marché. Alors que le gros de nos ventes est pour l’instant constitué de 9 et 10 m, nous fondons par exemple de grands espoirs sur le modèle 6120, c’est-à-dire le 12 m. D’autant plus que toute notre gamme est désormais réalisable avec un accès PMR, un aspect qu’il n’a pas été facile de faire admettre à nos partenaires chinois qui ne considèrent les modifications sur un modèle existant qu’à partir de 30 véhicules commandés…
Quel bilan pouvez-vous déjà tirer de cette aventure industrielle?
– En fait, le plus dur aura été d’être les premiers à franchir le pas en 2007. Les problématiques d’homologations ont été un vrai parcours du combattant, tandis qu’il nous fallait vaincre une pléthore d’a priori sur la production chinoise. Aujourd’hui, même si nous n’atteignons pas encore les volumes que nous souhaitons, nous avons mis en place un outil de qualité. King Long France emploie une cinquantaine de personnes, nous avons un SAV qui fonctionne (nous faisons finalement face à peu de pannes grâce à la combinaison Cummins/ZF), et nous commençons à être référencés chez les gros opérateurs comme Transdev, nous avons récemment lancé Hervouet Lease, car nous croyons beaucoup au développement de la location longue durée en cette période de crise. Avec un différentiel de prix de l’ordre de 20 % par rapport à un modèle européen, nous restons confiants dans nos possibilités de développement.
