Emploi Le 3 avril, la Fédération nationale du transport de voyageurs (FNTV) et l’Aft-Iftim
« Sur un marché de l’emploi sinistré, où de nombreux secteurs ont tendance à geler leurs embauches ou sont exposés à des plans sociaux, nous n’allons pas bouder notre plaisir à être optimistes pour nos recrutements », confiait Michel Seyt, président de la FNTV, lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 3 avril. Évalués à 11 000 postes chaque année, les besoins de recrutement de la profession concernent bien sûr la conduite, qui capte 85 % des effectifs, mais aussi des fonctions d’exploitation et de maintenance. Des emplois qui, quelles que soient leurs catégories, « ne sont pas délocalisables », martèle Michel Seyt. Avec en toile de fond une mobilité à la croisée des grands sujets de société ou de l’aménagement du territoire, le transport routier de voyageurs (TRV) s’est considérablement modernisé et entend le faire savoir. D’où l’idée de cette opération de communication, menée conjointement par la FNTV et le groupe Aft-Iftim, sous la forme d’une plaquette de présentation du secteur: une douzaine de pages et une animation vidéo en 3D de trois minutes expliquant les métiers du TRV. Si cette campagne vise, dans un premier temps, à sensibiliser les personnes à la recherche d’un emploi ou celles en cours de reconversion, elle ambitionne, dans un second temps, de faire la promotion d’une attractivité souvent ignorée. « Les débouchés offerts par le TRV sont toujours méconnus du grand public. L’une des difficultés rencontrées lors de l’élaboration de cette campagne était de délivrer une information qui parle à la fois aux jeunes et aux aînés », précise Bernard Prolongeau, président délégué général de l’Aft-Iftim. Coût de l’opération: 30 000 euros pour la seule partie conception de la plaquette.
Si le contexte économique actuel et son taux de chômage semblent propices à ce type de démarche, force est de constater que ces problématiques de recrutement ne sont pas nouvelles. « Chaque année, le défi de nos chefs d’entreprise est de parvenir à renouveler 11 000 emplois. Avec une proportion de salariés de plus de 50 ans qui a crû de 17 points en dix ans, cette situation ne devrait pas s’améliorer au cours des prochaines années », craint Michel Seyt. Au cours des deux dernières années, les statistiques de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL) ont convergé vers une augmentation de la masse salariale de la profession. En effet, l’organisme recensait alors une progression du nombre de salariés du secteur de 3,1 % en 2010, puis de 2,3 % en 2011. Avec 9 400 offres d’emploi diffusées pour le compte de sociétés de transport de voyageurs en 2011 par Pôle emploi, il semblerait que certains profils soient plus difficiles à dénicher que d’autres. En effet, selon la dernière enquête “Besoin en main-d’€uvre” (BMO) réalisée par Pôle emploi, les cadres concentrent 58 % des projets de recrutements jugés difficiles, suivis de près par les conducteurs (57 %), les techniciens (52 %), les employés (31 %) et les agents d’exploitation (24 %). Pour toucher un maximum de cibles, l’Aft-Iftim a donc noué un certain nombre de conventions, notamment avec le ministère de la Défense afin de permettre aux militaires en fin de carrière de se reconvertir dans le transport routier. De son côté, la FNTV s’est tournée vers les élus. « Nous avons adressé un courrier aux présidents des conseils régionaux et généraux pour les sensibiliser aux problèmes de recrutement rencontrés par nos opérateurs. Il les invitait à agir en rationalisant, par exemple, les services des transports afin de faciliter le réemploi des conducteurs. Une solution qui présente le double avantage d’augmenter la durée de travail des chauffeurs et d’optimiser les dépenses publiques », plaide Michel Seyt.
Aujourd’hui, le tissu économique du TRV offre un panel de 3 000 entreprises réalisant plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et proposant des contrats à durée indéterminée à 94 % de ses conducteurs. Autre particularité de la profession: un quasi-équilibre entre temps complet, 60 % des postes, et temps partiel, 40 %. « Avec trois millions d’élèves transportés chaque matin, le transport scolaire emploie 60 000 chauffeurs », explique Michel Seyt. Des emplois à temps partiel dont les besoins en renouvellement sont importants et dont les freins d’entrée concernent le fractionnement de l’activité, ou bien un quota minimum d’heures travaillées de 600 heures par an. « Dans bon nombre de cas, il s’agit d’un complément d’activité », précise Michel Seyt. Pour les candidats en quête d’un poste à temps complet, le transport occasionnel offre également son lot d’évolutions de carrière et peut s’avérer être la voie royale à emprunter pour accéder au si prisé créneau du grand tourisme. Comme dans n’importe quel secteur, les places y sont hautement convoitées car « elles nécessitent de l’expérience », confie Michel Seyt.
Aft-Iftim: organisme de formation continue qui produit, réalise et commercialise des formations en transport et en logistique.
