Développement Après Lyon, l’opérateur ajoute Marseille et Nice comme points de départ de son réseau en France pour desservir Milan à partir du 27 mai. Une nouvelle étape dans la construction du réseau européen de la filiale de la SNCF qui fêtera sa première année d’existence au mois de juillet.
IDBUS a des envies de soleil. Après Paris, Lille et Lyon, l’opérateur a pris la route de la Méditerranée et ouvre un nouvel axe au départ de France, entre Marseille, Nice et Milan. À compter du 27 mai, iDBUS proposera trois allers-retours quotidiens en direction de Gênes et de Milan, dont un au départ de la gare routière de Marseille Saint-Charles et deux depuis la gare Aix-en-Provence Centre. Les réservations sont ouvertes depuis le 24 avril, avec des premiers prix minis à 55 € entre Marseille-Aix et Gênes, 69 € jusqu’à Milan. Au départ de Nice, le prix sera respectivement de 35 € et de 45 €. Le calendrier semble parfait pour attirer les vacanciers estivaux soucieux de maîtriser leur budget. Mais si cette clientèle touristique fait partie du panel de cibles retenues par iDBUS pour ses nouvelles lignes entre l’Italie du Nord et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce n’est pas la seule.
Fidèle à sa vocation de départ, iDBUS compte se positionner comme une alternative sérieuse aux déplacements en voiture particulière. « C’est une zone où l’on compte de nombreux déplacements de ce type vers l’Italie, les communautés sont proches culturellement, les gens se déplacent pour visiter leurs familles et leurs amis », explique Maria Harti, directrice générale d’iDBUS. « Mais surtout, c’est une offre complémentaire à l’offre de transport existante, car celle d’iDBUS est quotidienne et directe », ajoute-t-elle. Une complémentarité d’autant plus favorable selon elle que « les habitants de PACA sont habitués à utiliser l’autocar avec le développement des lignes express régionales », soit 22 lignes quotidiennes exploitées par une dizaine d’autocaristes privés pour le compte de la région.
Pour mieux exploiter le bassin d’Aix-Marseille, la filiale de la SNCF a retenu deux stations de départ, à Aix-en-Provence et à Marseille, pour proposer ses liaisons longue distance. « C’est pour nous un territoire unique, même si les publics sont différents », analyse Marie Harti, « Aix-en-Provence compte de très nombreux étudiants par exemple. » Dans ces deux villes, les gares SNCF, Aix-en-Provence Centre et Marseille Saint-Charles, accueilleront les lignes iDBUS. En revanche, à Nice, ce sera le Terminal 1 de l’aéroport Nice – Côte d’Azur qui servira de relais d’étape. Un atout qui fait sortir l’offre d’iDBUS du seul cadre régional pour profiter de l’apport des clientèles nationale et européenne qui atterrissent sur la Côte d’Azur à travers la deuxième plateforme aéroportuaire de France. « C’est dans une logique multimodale, les gens peuvent descendre d’avion et rejoindre Gênes avec iDBUS pour partir en croisière », confirme Maria Harti.
iDBUS compte bien exploiter le marché touristique italien dès cette année, notamment pendant la haute saison estivale. « Les flux touristiques régionaux entre les deux pays sont importants puisque sur les 10 millions de touristes annuels à Marseille, 15 % sont italiens et 20 % sont pour Nice. » Côté italien, l’opérateur bénéficie déjà d’une première expérience du marché transalpin, « un marché dynamique ». Depuis l’hiver dernier, les cars iDBUS sillonnent en effet l’axe Paris-Milan en marquant des étapes à Lyon et Turin. Un premier pas côté italien qui a fourni des indications intéressantes sur les besoins du marché local. « À la création de cette ligne, nous avons reçu de nombreuses demandes du côté italien pour relier Milan à la Côte d’Azur », rappelle Maria Harti. En terme de temps de parcours, il faudra respectivement 10 et 7 heures pour rejoindre Milan depuis Marseille-Aix et Nice. Il faudra compter 3 heures de Nice à Gênes, le tronçon le plus court de la ligne. L’objectif initial d’un taux de remplissage de 75 % des autocars iDBUS (soit 36 des 48 places proposées par véhicule) reste invariablement le même et s’applique de la même manière pour ces nouvelles liaisons depuis le sud de la France vers l’Italie. D’un point de vue opérationnel, 24 « capitaines », appellation maison pour les conducteurs iDBUS, ont été recrutés à cette occasion et les véhicules utilisés proviennent du parc déjà constitué de 46 autocars, 26 Setra S416 GT-HD et 20 Iveco Irisbus Magelys Pro. « Nous avons optimisé l’exploitation de notre parc pour en détacher [des autocars] sur ces nouvelles lignes », explique Maria Harti pour qui le parc actuel se révèle suffisant en l’état. L’heure du renouvellement de véhicules ou d’une nouvelle commande n’est pas encore au rendez-vous, « nous sommes en cours de montée en charge, c’est encore trop tôt », tempère Maria Harti.
Trop tôt également pour faire un premier bilan de l’activité qui sera présenté à l’occasion du premier anniversaire d’iDBUS au mois de juillet. « Nous avons fait voyager 200 000 personnes depuis le lancement d’iDBUS, c’est conforme à nos prévisions » pour l’ensemble du réseau iDBUS, constitué aujourd’hui de 12 villes dans 5 pays, à raison de 27 allers-retours quotidiens, indique Maria Harti. Autre statistique rendue publique, celle du taux de satisfaction clientèle, évaluée à 98 %, dont 64 % de très satisfaits, d’après une enquête menée en début d’année auprès de 476 passagers. Mais le chiffre du taux de rachat des clients est, lui, encore plus intéressant: « 25 % des voyageurs renouvellent leur achat au moins une fois, soit sur le même trajet soit sur un autre. Nos clients ont adopté iDBUS », se félicite la directrice générale.
« Nous restons dans notre logique de relier les grandes villes européennes », a rappelé Maria Harti à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle ligne Marseille-Milan.
Six mois après l’ouverture de Lyon-Milan, cette dernière permet à iDBUS de marquer son arrivée sur un nouvel axe et lui ouvre de nouvelles perspectives de développement. Si aucune piste n’est donnée par la direction d’iDBUS, son arrivée sur l’arc méditerranéen, dense en terme de flux de passagers réguliers et saisonniers, permet d’imaginer en pointillé les futures opportunités d’extension du réseau. À l’ouest de cet arc, en Espagne, Barcelone est à moins de 6 heures de route de Marseille et pourrait aussi être desservie dans de bonnes conditions depuis des villes étudiantes comme Toulouse ou Montpellier.
À l’est, le prolongement naturel du réseau pourrait aller chercher Florence ou Pise, des villes touristiques majeures, ou bien encore Rome, distante de 700 kM de Nice.
