Nouveautés Contrairement à Evobus qui choisit des transformations radicales (Mercedes-Benz Travego Edition 1), voire spectaculaires (Setra, série ComfortClass 500), Volvo Buses préfère une évolution discrète pour sa gamme d’autocars de tourisme et de grand tourisme. Une discrétion qui ne signifie pas immobilisme!
La gamme des autocars Volvo Euro 6 se convertit au downsizing
Parmi les différences entre les moteurs Euro 5 et Euro 6, il faut également signaler le redimensionnement (à la hausse) des radiateurs de refroidissement. Le moteur D11, qui équipe les Volvo 9700 et 9900, a une particularité: il est doté d’un EGR dit à by-pass. En clair: le recours à la recirculation des gaz d’échappement n’est pas continu! Le mode nominal de dépollution utilise de préférence la catalyse SCR et le filtre à particules pour limiter le vieillissement et le stress de l’huile moteur, tout en préservant, autant que possible, le rendement thermodynamique du moteur. Cela doit contribuer pour partie aux résultats positifs avancés par Volvo Buses sur les consommations de ses modèles Euro 6: par rapport aux générations Euro 5, les gains annoncés sur ce poste carburant vont de − 2 % à − 4 % selon les modèles. L’intervalle des vidanges d’huile moteur est de 60 000 km pour les véhicules à moteur Volvo D8 (Volvo 9500) et de 100 000 km pour ceux à moteur D11 (Volvo 9700 et Volvo 9900).
Parmi les modifications apportées, on notera de nouveaux sièges. Ils contribuent aussi à la réduction des masses d’environ 120 kg par rapport aux modèles Euro 5. Voilà en ce qui concerne l’ensemble des autocars Volvo Euro 6.
Dans le détail, modèle par modèle, le Volvo 9500 Euro 6 hérite du moteur D8 de 7,7 litres dans deux gammes de puissance: 320 ch (et 1 200 Nm de couple) ou 350 ch (et 1 400 Nm de couple), tous deux en association exclusive avec la boîte robotisée Volvo I-Shift 12 rapports. Notez que l’apparition des versions Euro 6 se fera uniquement dans les versions de 12,2 m. Le modèle de 13 m, qui a été présenté en France à l’automne 2012 à Autocar Expo dans sa version Euro 5, ne sera pas reconduit, tout du moins dans l’immédiat. Mais Michele Ferrara, directeur général de Volvo Buses France, entend bien convaincre Göteborg de la priorité que représente cette configuration 13 m pour satisfaire le marché français! Il est donc fort probable que la France soit le 1er pays à bénéficier des premières livraisons de 9500 13 m en Euro 6.
Si le Volvo 9500 ne change que sous les aspects techniques, les 9700 et 9900 ont droit, en plus, à des évolutions esthétiques et fonctionnelles. Ainsi, les modèles Euro 6 se reconnaissent à leur calandre aux formes adoucies. Leurs nouveaux rétroviseurs intègrent un miroir antéviseur grand angle, une face arrière avec une surface vitrée agrandie, et un petit déflecteur qui limite les turbulences aérodynamiques et protège la caméra de rétrovision. Le capot moteur en aluminium est redessiné. Les besoins accrus en terme de refroidissement des moteurs Euro 6 ont induit quelques modifications au niveau des grilles et des évacuations d’air moteur. De nouvelles options font également leur apparition, comme la rétraction à distance par interrupteur au tableau de bord des supports de rétroviseurs. Autre option qui vient s’ajouter au catalogue Volvo: l’éclairage de virages statique. Ces différences, subtiles, se mesurent vraiment lorsque l’on met les véhicules côte à côte.
Volvo Buses se refuse à donner des prix détaillés, mais confirme une hausse de 10 000 à 12 000 € HT entre les modèles Euro 5 et Euro 6.
Ensemble de procédés visant à réduire la cylindrée d’un moteur, sans dégrader la puissance spécifique, dans le but de réduire la consommation de carburant.
Redimensionnement.
Volvo Buses France est administrativement rattaché à Renault Trucks, mais dépend directement, pour les plans stratégiques et opérationnels, de Volvo Buses à Göteborg. Après une année 2012 décevante et compliquée sur le plan humain, Michele Ferrara fait le point sur ses objectifs et perspectives.
À l’occasion de la présentation de la gamme européenne de Volvo Buses pour Euro 6, quels sont les modèles qui vont concerner la France?
– Toute la gamme Euro 6, que ce soit en urbain, en interurbain ou en autocars sera distribuée en France.
Quels sont vos objectifs commerciaux?
– Nous visons les 250 immatriculations en 3 ans, réparties en 100 autocars de tourisme et 150 véhicules urbains et interurbains. Il nous manquera toutefois au catalogue un modèle low-floor (plancher bas intégral) pour le bus urbain, une architecture typiquement française. Notre priorité est le référencement dans les groupes. En recrutement, nous recherchons également un responsable commercial pour les véhicules urbains. Pour le tourisme, nous avons à ce jour 5 secteurs opérationnels, mais il manque encore 3 régions. Volvo Buses recherche des distributeurs et des commerciaux de terrain pour couvrir le nord de l’Ile-de-France, le nord-est et le sud-ouest de la France.
Vous avez cité les groupes, quels sont ceux que vous avez contactés?
– Nous sommes déjà référencés chez Keolis et Agir [un Volvo 7900 Hybrid est en test client sur le réseau TCL exploité par Keolis Lyon à partir de mai 2013, ndlr]. Les contacts sont déjà bien avancés avec Transdev et Réunir. Un gros travail de lobbying est à faire pour promouvoir la solution hybride face au diesel Euro 6.
À propos, comment ressentez-vous le pari de Volvo de ne miser en Euro 6 que sur les seuls autobus hybrides?
– C’est un choix qui démontre la priorité environnementale de Volvo Buses. C’est la preuve de la confiance et de la croyance dans les valeurs de notre firme et de nos bus.
Quelles actions de communication allez-vous entreprendre en 2013?
– Nous avons prévu, en juin 2013, une tournée road-show en région parisienne, puis une présence à Busworld Courtrai et à Bordeaux pour l’UTP. Nous privilégierons les démonstrations en clientèle et les rapports directs plutôt que les grand-messes.
