Nouvelle norme À six mois de l’échéance du passage des motorisations en Euro VI, les acteurs du bus urbain ont confirmé, affiné ou fait leur entrée dans cette nouvelle ère, comme Iveco Bus qui était très attendu.
Dans les allées du salon UITP de Genève, le diesel n’avait pas bonne presse et l’Euro VI s’est fait voler la vedette par les bus électriques en tous genres. Quoi qu’il en soit, le salon a permis de faire le point sur les développements Euro VI dans l’industrie des bus urbains. De quoi patienter jusqu’à Busworld Courtrai cet automne, qui donnera l’aperçu le plus complet sur l’ensemble des segments de véhicules. Si Daimler Bus était prêt pour l’Euro VI depuis 2012, son concurrent Irisbus, rebaptisé Iveco Bus depuis la semaine dernière, a enfin donné le coup d’envoi de son entrée dans l’ère Euro VI. Le constructeur italien a lancé en grande pompe le successeur du Citelis en version Euro VI, baptisé Urbanway. « Nous avons fait le choix de lancer une nouvelle gamme pour le passage à l’Euro VI », explique Antoine Garnier, directeur commercial France d’Iveco Bus. « C’est le premier bus à porter notre nouvelle marque Iveco Bus et à être équipé de notre système unique et breveté HI-eSCR développé par Fiat PowerTrain », ont rappelé de concert, le président d’Iveco, Lorenzo Sistino, qui avait fait le déplacement pour l’occasion, et Pierre Lahutte, vice-président d’Iveco Bus. Nouveau design, nouvelle identité visuelle, nouveaux aménagements intérieurs… Iveco Bus a manifestement voulu mettre l’accent sur les aspects extérieurs sans pourtant chercher à diminuer l’importance de ses choix liés à l’Euro VI dans l’industrie, concentrés dans sa technologie HI-eSCR: un moteur dépourvu de système de recirculation des gaz d’échappement (EGR). Les bénéfices techniques attendus sont nombreux: simplification mécanique, meilleur rendement thermodynamique donc moindre consommation spécifique, moins de stress de l’huile moteur et gain en encombrement et besoins de refroidissement.
Les motoristes de Fiat PowerTrain Industrial (FPT) d’Arbon, en Suisse, ont cherché à optimiser le système de post-traitement SCR à réactif AdBlue ainsi que la qualité de la combustion du carburant. L’unité de traitement des gaz d’échappement comprend toutefois un filtre à particules, mais celui-ci est totalement passif et n’a pas besoin de régénération. Annoncés depuis plusieurs mois, et révélés par la branche camions d’Iveco, ces moteurs badgés HI-eSCR feront leur « première » avec l’Iveco Urbanway 12 m en attendant les nouvelles longueurs. Deux définitions mécaniques. D’un côté le Tector 7 à 6 cylindres en ligne développant 286 chevaux pour les versions 10,5 m et 12 m; de l’autre, le Cursor 9 également à 6 cylindres en ligne développant 310, 360 et 400 ch, et qui équipera les Urbanway de 12 m à 18 m. Présenté en 12 m à l’UITP, les déclinaisons de l’Urbanway (ainsi que les gammes interurbaines et tourisme) seront progressivement présentées d’ici la fin de l’année à l’occasion des événements de la profession, comme le salon AGIR, Busworld Courtrai et les Rencontres du Transport Public à Bordeaux. L’objectif est de livrer les premiers exemplaires de l’Urbanway début 2014.
Un calendrier de nouveautés orchestré par Iveco Bus d’ici la fin de l’année pour occuper le marché Euro VI, sujet sur lequel Daimler Bus avait pris une certaine avance. « Nous serons le premier constructeur à convertir l’intégralité de ses véhicules en Euro VI », a rappelé Hartmut Schick, le Pdg de Daimler Bus. 350 véhicules Euro VI ont d’ores et déjà été vendus par la filiale bus et cars de Daimler en Europe et « 1 700 unités seront en circulation en Europe d’ici la fin de l’année ».
Sur le stand Mercedes-Benz, le Citaro 2, auréolé de son titre de « Bus of the Year 2013 », était là pour symboliser l’avance prise par Daimler Bus. « Sept versions du Citaro 2 Euro VI sont d’ores et déjà disponibles sur le marché et nous en proposerons 18 au total d’ici la fin 2013 », énumérait le responsable de Daimler Bus devant les journalistes, avant de souligner les « investissements considérables » réalisés par le groupe pour répondre aux contraintes de l’Euro VI. En tout cas la disponibilité des moteurs Euro VI par Fiat Industrial a également permis à d’autres constructeurs de trouver des solutions, comme VDL qui en équipera ses Citea Diesel. Un choix inattendu pour la marque néerlandaise, habituée aux moteurs DAF, et dicté non seulement par la nécessité de limiter la prise de poids avec Euro VI, mais aussi par le besoin de clarifier le plus tôt possible ses choix de motorisation. En effet, DAF vient seulement de révéler à l’UITP 2013 son moteur MX-11 Euro VI dédié aux applications autobus et autocars. Un moteur 6 cylindres de 10,8 litres (comme l’Iveco Cursor 10 ou le récent bloc Daimler OM470) qui pourrait rejoindre les véhicules des clients actuels de DAF (Solaris, Van Hool, VDL, Irizar, Temsa). DAF a recours à l’association SCR, EGR et filtre à particules à régénération par post-combustion. La (grosse) unité de post-traitement des gaz d’échappement, combinée avec l’accroissement de taille du bloc par rapport au moteur DAF PR, entraîne une surcharge pondérale de 180 kg.
Cummins avait déjà annoncé depuis plus d’un an la compatibilité de ses moteurs à Euro VI mais on en sait aujourd’hui davantage sur ses caractéristiques. Un nouveau 4 cylindres ISB4.5 a en effet dû être développé (matériaux composites, optimisation des épaisseurs de métal dans le bloc-moteur) pour atteindre une réduction de 5 % du poids du bloc Euro VI. Il a recours à l’association EGR, SCR avec réactif AdBlue et filtre à particules, et à l’instar de Fiat Industrial, Cummins profite de développements spécifiques en matière d’échappements. Le filtre à particules est passif et n’a pas besoin de régénération par post-combustion. Enfin, MAN a dû, comme nombre de ses concurrents, renoncer à son argumentaire « seulement EGR » avec Euro VI, et doit donc se convertir à l’association EGR, SCR avec réactif AdBlue et filtre à particules. Une clarification bienvenue pour les carrossiers constructeurs, dont certains commençaient quelque peu à s’inquiéter quant à la disponibilité à temps et en quantités suffisantes, de ses moteurs Euro VI.
