Loi de 2005 Imposant l’accessibilité aux réseaux de transports aux personnes en fauteuil roulant à l’échéance de 2015, la loi 2005 est prise en compte chez les équipementiers et les carrossiers.
Deux sociétés qui se sont clairement positionnées sur ce marché, que ce soit en première ou en seconde monte, ont fait des choix techniques différents.
En ce qui concerne le matériel dédié à l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR), il y a deux cas de figure: les rampes manuelles ou automatisées.
La rampe manuelle a pour elle l’avantage d’être simple, fiable et peu coûteuse. L’absence de système mécanique la dispense du contrôle périodique semestriel imposé à tout appareil d’élévation. Située à l’intérieur du véhicule, majoritairement dans l’épaisseur du plancher, elle est également protégée des chocs et des accrocs lors des phases d’accostage aux arrêts. Si c’est un bon compromis pour la sécurité des personnes handicapées et pour la disponibilité opérationnelle, elle impose des contraintes d’exploitation parfois incompatibles avec les règlements des entreprises: les conducteurs sont obligés de quitter leur poste de conduite. En outre, ils risquent de ne pas apprécier de devoir se baisser et se relever à chaque fois pour déployer puis ranger la rampe. Vehixel a trouvé une solution très simple et élégante pour solutionner ce dernier point grâce à une poignée escamotable intégrée.
La solution de la rampe motorisée paraît plus pertinente pour les usages urbains. Mais se pose alors la question de la protection du dispositif face aux chocs contre les trottoirs. Metalic a conçu un système rétractable avec un double retrait pour sa rampe sous châssis. Une fois la rampe retirée, le tiroir se décale encore vers le milieu du véhicule sur une course de 10 cm. Cette rampe avec accostage est appelée SCSA chez Metalic et offre une surface de palette de 1 100 × 905 mm pour un ensemble cassette de 1 160 × 1 440 mm et une épaisseur totale de 44 mm! Autre atout, cet équipement, malgré la présence du vérin d’accostage ne pèse que 60 kg! Pour les véhicules à plancher bas mais dépourvus de fonction d’agenouillement, ou pour une circulation dans les espaces où les arrêts n’ont pas fait l’objet de travaux de génie civil de mise à niveau, il existe également une gamme de rampes à encastrer dans le châssis, à palette simple ou télescopique. La face supérieure se situe au niveau du plancher d’origine. Ce matériel s’adapte à tout véhicule à plancher bas, avec ou sans agenouillement. Cette gamme Metalic existe en 3 références: standard HN, télescopique HN et télescopique. Les séries HN partagent des cotes similaires: 1 055 mm de large, 860 mm de profondeur et une hauteur de 80 mm. Le télescopique est un peu plus large et moins long: 1 066 mm de large pour 735 mm de long. Son épaisseur est un peu supérieure (85 mm), tout comme sa masse (45 kg au lieu de 40).
Au-delà de cette spécificité, Metalic défend la solution du tout électrique pour des questions de simplicité et de facilité de montage sur véhicule. Pour le constructeur et le carrossier, il ne s’agit alors que de branchements électriques. Pas de fluides, donc pas de risques de fuites ni d’obligation de vidange. Autre bénéfice indirect: une moindre augmentation de la masse.
La solution 100 % électrique a également fait des adeptes chez les spécialistes de l’hydraulique. Fin 2011, Dhollandia a présenté ses rampes électriques 100 % automatiques de la famille DH-BRE: la BREO.03 permet une installation intégrée dans le plancher du véhicule en première ou en seconde monte. L’encombrement de la cassette est de 1,29 m de long pour 98 cm de large et 4,1 cm de hauteur pour une plateforme de 1,09 m de long et 90,8 cm de large. La rampe BREU.03 est destinée au montage en seconde monte sous plancher. La différence de poids (45 kg pour l’une, 75 kg pour l’autre) confirme que la solution pensée pour la première monte est la plus compétitive.
La solution électrohydraulique, solution défendue par Dhollandia, est la plus connue des carrossiers… du transport de marchandises. C’est le système adopté par les fabricants de hayons élévateurs. À ce sujet, un contrôle semestriel du bon fonctionnement du dispositif est obligatoire auprès d’un centre agrée, comme tout système d’élévation. C’est un point non négligeable à prendre en compte lorsque l’on étudie le coût opérationnel de telle ou telle solution, voire le choix d’un véhicule. Il vaut mieux privilégier un véhicule dit low-entry avec rampe manuelle plutôt qu’un autocar standard avec élévateur si l’on tient compte de ce poste pour le coût d’exploitation du véhicule.
Pour faciliter la vie des exploitants, Dhollandia propose, pour le transport public, un contrat sécurité qui est un contrat d’entretien et de service pour élévateurs. Il comprend, pour chaque élévateur ou rampe PMR, un entretien préventif par an. Le contrôle périodique semestriel se fait via le réseau Hydrotest directement chez le client, et les exploitants sont avertis à l’avance de l’arrivée à échéance de la validité des contrôles. Ce contrat inclut également une prestation d’assistance avec Hydroparts Assistance qui assure la prestation de dépannage 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Pour les véhicules dédiés au transport à la demande, Dhollandia propose deux systèmes: le DH-PH1.03 à bras unique linéaire qui se monte à l’intérieur de la porte latérale coulissante ou à l’arrière d’un monospace ou d’un utilitaire. L’élévateur DH-PH1.03 pèse 123 kg et existe en trois profondeurs de plateforme standard (1,08 m, 1,17 m ou 1,26 m). En position route, le DH-PH1.03 se replie contre la porte, mais il peut bénéficier d’un bâti articulé (option S959, portant la masse du dispositif à 139 kg) qui laisse libre l’accès à la porte pour les personnes valides. La capacité de levage est de 300 kg, elle est assurée par un seul vérin. Plus lourd est le DH-PH2.05, conçu comme élévateur à deux bras linéaires. Il est plus adapté aux véhicules d’un PTAC de 3,5 t. La masse du dispositif va, suivant les configurations de la plateforme, de 132 à 148 kg. Bras et vérins sont ici montés par paire, et ce modèle prévoit d’origine deux rambardes de sécurité à rétraction automatique. Les capacités de levage s’accroîssent puisque ce modèle est décliné en 350 et 500 kg de capacité.
Ultime nouveauté chez Dhollandia, cette fois-ci dédiée aux midibus et aux autocars le DH-CH100-103. Un hayon à cassette qui peut être monté sous le plancher, dans le plancher de soute, dans l’emmarchement ou bien encore à grande hauteur, par exemple au-dessus du passage de roue. Les capacités vont de 350 à 450 kg et la course en élévation peut aller jusqu’à 1,15 m de hauteur (CH.103-1300). En raison des courses accrues, le système repose ici sur 2 bras, 2 vérins et 2 stabilisateurs fixes. La rétraction se fait par un moteur électrique et une crémaillère, seule l’élévation est assurée hydrauliquement. La dimension standard de plateforme est de 1,2 m de long pour 80 cm de large. Deux rambardes manuelles de sécurité aux 2 côtés de la plateforme, des feux de signalisation clignotants, un arrêt de fauteuil automatique sur la pointe de la plateforme, une rampe de passage automatique sur le bord de la plateforme et un système de commande de secours sont prévus sur toute la gamme Dhollandia DH-CH100.
Dhollandia a développé, en exclusivité pour Irisbus, l’élévateur du Magelys Pro version TER, un équipement dont le fonctionnement est spectaculaire en raison de la hauteur d’élévation. Une solution rendue obligatoire par l’architecture d’autocar du véhicule. Un cas de figure rencontré par tous les constructeurs d’autocars ayant prévu cette possibilité. Cet équipement, bien qu’issu d’un développement spécifique fait conjointement avec Irisbus, est un dérivé de la gamme Dhollandia DH-CH 101, des élévateurs avec course étendue vers le bas dont la capacité de levage va de 300 à 350 kg. Cet équipement est prévu pour être monté dans un compartiment à haut niveau au-dessus du sol. Il peut même être placé au niveau d’un essieu!
Notez également une option similaire sur Scania Higer A30, due cette fois-ci à l’équipementier Metalic, un matériel vu à Autocar Expo 2012 et désormais disponible au catalogue Scania France. Ce matériel, toujours 100 % électrique comme le veut la tradition chez Metalic, est référencé sous la dénomination commerciale PLTF M300 et se singularise par sa compacité: l’encombrement hors tout est de 1 300 × 800 × 360 mm. La capacité est de 300 kg et le mode de transmission pour l’entraînement et l’élévation de la plateforme se fait par chaîne. Le poids de cet équipement est de 140 kg.
Il est important de signaler qu’il existe d’autres équipementiers, mais ceux-ci sont souvent référencés exclusivement en première monte. La particularité des deux constructeurs évoqués ici étant qu’ils travaillent aussi bien en première qu’en seconde monte.
