Tempo En passant de 12 à 29 communes, l’agglomération d’Agen (Lot-et-Garonne) a étendu, repensé et renommé son réseau de bus devenu Tempo au mois de mars. Le tarif des abonnements a été divisé par deux. Keolis, à qui la délégation de service a de nouveau été confiée pour six ans, vise une augmentation de la fréquentation de 1,8 à 2,4 millions de voyages.
L’agglomération d’Agen, qui regroupe 30 % de la population du Tarn-et-Garonne, a profité de son extension de 12 à 29 communes pour repenser son réseau de bus. L’ancien Transbus, rebaptisé Tempo au mois de mars, bénéficie d’une forte augmentation de moyens: 6,3 millions d’euros au lieu de 3,6, 130 arrêts de plus (sur 460), l’embauche de 23 conducteurs et l’achat de 14 bus supplémentaires (des Mercedes Citaro) pour 3,6 millions d’euros. « Nous voulions accompagner l’extension territoriale et cibler les zones d’activité qui n’étaient pas desservies jusqu’à présent, comme l’Agropole, Estillac et Pont-du-Casse auparavant en dehors du PTU (périmètre des transports urbains) », explique Pascal Sousa, directeur du pôle réseaux de l’agglomération d’Agen. Tempo dessert désormais l’hôpital, de grosses entreprises de l’agroalimentaire, l’usine Upsa, le Min (marché d’intérêt national), le parc Walibi…
Le réseau a été réorganisé autour de deux pôles d’échanges vers lesquels convergent toutes les lignes: la place de la préfecture et la gare qui est en train de se transformer en pôle multimodal. Il a aussi été hiérarchisé avec 3 lignes urbaines armatures cadencées de 16 à 20 minutes et 7 lignes urbaines secondaires (pour la desserte locale et interquartiers) cadencées de 25 à 60 minutes. Elles desservent 13 des 29 communes de l’agglomération. « Nous avons corrigé la longueur de ces lignes afin de tenir la régularité et le cadencement annoncé », précise Pascal Sousa.
Cinq lignes interurbaines fonctionnent aussi, en rabattement sur deux pôles d’échange, avec deux allers-retours par jour. Leurs horaires ciblent surtout les inactifs, les bus étant récupérés sur les lignes scolaires. « Avec l’extension du PTU, plusieurs lignes du conseil général nous ont été transférées », ajoute le directeur. « Nous devrons les réorganiser à l’échéance des contrats, en 2015. »
Trois transports à la demande complètent le réseau, ainsi qu’un service pour les personnes à mobilité réduite (car seulement 60 à 70 % des bus leur sont accessibles).
« Notre objectif est de développer le transport public avec l’extension du réseau, le renforcement de l’offre et une nouvelle politique tarifaire, déclare Fabrice Rodrigo, responsable marketing et commercial de Keolis Agen, désigné délégataire pour six ans supplémentaires. Nous espérons passer, pendant la durée du contrat, de 1,8 à 2,4 millions de voyages par an. » Le tarif des abonnements a été réduit de manière offensive, passant de 30 € à 15 € mensuels et de 283 € à 150 € annuels. Les horaires petites vacances, datant de l’époque où le réseau était surtout structuré autour du transport scolaire, ont été supprimés au profit d’un horaire unique tout au long de l’année, sauf l’été.
Pour éviter aux voitures d’entrer dans le centre, trois parcs relais en entrée de ville offrant 750 places de stationnement sont desservis par deux navettes Agglo Express. Une navette Cœur d’Agen dessert quant à elle un parking de 480 places.
Keolis gérera également le nouveau service de location de vélos. « Nous avons la volonté de développer toutes les mobilités et de promouvoir une meilleure complémentarité entre les modes », affirme le responsable de Keolis. Ce service proposera 40 vélos (dont 10 électriques) à la journée, à la semaine ou au mois. Il sera lancé fin juin au pôle multimodal de la gare qui sera quant à lui achevé fin octobre (les quais sont terminés, il reste à terminer les bâtiments et les équipements).
Prochaine étape pour Keolis Agen: toucher les salariés et les entreprises. « Nous allons développer les plans de déplacement pour les entreprises et les administrations, annonce Fabrice Rodrigo. Mais on n’en est qu’aux prémices! » La part modale des transports publics plafonne pour l’instant à 2 %.
L’extension du réseau a entraîné le recrutement de 23 conducteurs en contrat de professionnalisation. Faute de trouver des personnels formés sur le territoire, Keolis a fait appel à Pôle emploi pour sélectionner des demandeurs d’emploi motivés pour travailler dans le transport. La méthode de recrutement par simulation (MRS) a permis de mettre en situation 126 candidats et d’en retenir une quarantaine pour les entretiens. Finalement, 7 hommes et 7 femmes ont pu bénéficier d’une POE (préparation opérationnelle à l’emploi), avec financement de leur permis D. Ils ont ensuite passé trois mois dans un centre de formation aux métiers des transports.
→ 29 communes et 97 000 habitants desservis (30 % de la population du département)
→ 10 lignes urbaines (dont 3 lignes armatures et 7 lignes urbaines secondaires)
→ 5 lignes périurbaines
→ 2 navettes de desserte des parcs relais
→ 1 navette centre-ville
→ 80 conducteurs (dont 23 embauchés en contrat de professionnalisation)
→ 51 bus (dont 14 nouveaux Mercedes Citaro pour un investissement de 3,6 M€)
→ 460 points d’arrêts (dont 130 supplémentaires)
→ Budget transports: 6,3 M€ (contre 3,6 M€ en 2011), dont 600 000 € de recettes voyageurs
→ Versement transport: 0,75 %
Du 21 mai au 13 juin, 44 des 80 chauffeurs du réseau du bus d’Agen ont fait grève. À raison d’une heure par jour, ils ont manifesté pour obtenir une revalorisation de leurs salaires dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires). Les grévistes réclamaient une hausse de 2 % alors que la direction de Keolis ne leur offrait que 1,5 %. « À réseaux équivalents, le point est à 9,10 en Aveyron, à 9,05 en Dordogne et à 8,49 à Agen, ce qui représente une différence entre 130 et 140 euros nets par mois », justifiait un conducteur au journal local Sud-Ouest. Finalement, il aura fallu 22 jours de conflit, un référé au tribunal de grande instance et une menace de plainte du président de l’agglomération agenaise, Jean Dionis du Séjour, contre Keolis pour « non-respect du contrat prévoyant le service minimum » (les bus n’ayant pu sortir du dépôt le 12 juin), pour que grévistes et direction de Keolis Agen tombent finalement d’accord sur une hausse de 1,8 %: 1,5 % rétroactif au 1er janvier et 0,3 % au 1er juin. Les discussions doivent se poursuivre sur un intéressement (à la billetterie) et l’amélioration du dialogue social.
