Mercedes-Benz Travego Edition 1 Safety Coach Premier car de série prêt pour l’Euro VI et Coach of The Year 2010, le Travego ne pouvait manquer à l’appel. Si sur le papier le Travego paraît moins évolué par rapport aux autres candidats, il confirme ses atouts sur la route et à bord.
Efficace, fiable et connu, le Travego de Mercedes-Benz ne se présente plus. Encore auréolé du trophée Coach of The Year 2010, il s’affiche comme une valeur sûre du marché des autocars de grand tourisme, malgré des courbes et un design qui commence à dater. À prendre comme un aveu d’expérience, d’autant que Mercedes-Benz est loin d’avoir négligé la dernière évolution de son modèle, il en a fait le premier car de tourisme de série du secteur prêt pour l’Euro VI. Une belle récompense.
Le Travego M Edition 1 testé par le jury du Coach Euro Test a une autre spécificité, visible au premier abord par sa couleur jaune. Il s’agit en effet d’une version Safety Coach, troisième du nom, porte-parole de l’étendue du savoir-faire en terme de systèmes d’assistance et de sécurité de Mercedes-Benz. Un véhicule ambassadeur qui reste éloigné d’un produit prêt à être mis sur le marché, on peut le regretter pour l’équilibre des comparaisons de ce concours. La spécificité du Travego est encore plus marquée pour notre marché français où les versions trois essieux ne sont pas légion.
Ces constats ne pèsent pourtant pas dans l’appréciation globale du Travego dont les prestations ont été améliorées par les équipes de Daimler Buses (elles sont détaillées dans notre essai de Bus & Car no 927 du 26 avril). Outre un nouveau duo moteur-boîte de vitesses et de nouveaux systèmes de sécurité (ABA 2, ATA), le poste de conduite et l’habitacle ont eux aussi été revus: nouveau volant multifonctions, planche de bord, commande de boîte… À l’arrière, le passager est assuré d’un voyage tout en fluidité tout au long du parcours du Coach Euro Test en Autriche, routes de campagnes, routes nationales et autoroutes. Les larges et hautes baies vitrées ouvrent sur les paysages quel que soit l’emplacement. On le voit, ce Travego a encore de solides atouts, signe d’une évolutivité pensée dès sa conception. Il est fort à parier toutefois que, pour la prochaine édition du Coach Euro Test, Mercedes-Benz aura donné un successeur au Travego sur ce segment de marché.
– Longueur/largeur/hauteur
13/2,55/3,71 m
– Moteur
Mercedes Euro VI OM 471 développant 470 ch.
– Boîte de vitesses
Automatisée GO 250-8 MPS
Powershift avec retarder Voith
– Freins AV et AR
À disque avec EBS, ESP, ABS, ASR, ABA 2
– Suspensions
À air intégrales
– Réservoir
475 litres, 40 l pour AdBlue
Le Mercedes-Benz Travego Edition 1 est une vieille connaissance pour nos lecteurs, même s’il demeure extrêmement rare sur les routes de France. Sur le parcours autrichien, court mais très sélectif, son moteur OM 471 de 12,8 litres a fait étalage de toutes ses qualités, tant en couple qu’en puissance, le tout magnifié par la dernière génération de boîte robotisée Daimler Powershift 8 rapports. Sa force (2 300 Nm à 1 100 tr/mn) fait que les 4 rapports en moins de la ZF AS Tronic du Van Hool n’ont jamais constitué un handicap. Le moteur est doux, linéaire, et discret.
Le ralentisseur à eau est impressionnant d’efficacité et de réactivité. Le tableau de bord, revu pour le passage à l’Euro VI, est désormais au goût du jour, mais Daimler n’a pu résister à transposer au monde de l’autocar la gadgétisation qui sévit dans l’automobile, d’où quelques fonctions peu intuitives à l’usage et un démarrage sans clé franchement agaçant. Ne parlons pas des aides à la conduite, génératrices d’alertes parfois intempestives. Sur la route, la dernière évolution du Travego a agréablement surpris par son freinage, sa stabilité, son rayon de braquage ainsi que sa bonne visibilité.
Les années n’ont guère de prise sur lui, tout au moins sur le plan dynamique. Les nouveaux rétroviseurs sont excellents. Chaque gabarit trouvera sa place au poste de conduite et on y apprécie les espaces de rangements, même si à ce petit jeu le Setra fait encore mieux. Seul regret, une insonorisation aux bruits de roulement en léger retrait par rapport au dernier-né du groupe. Cela fait désordre pour une machine vendue plus de 350 000 €. Mais pour un vétéran, il prouve qu’il a encore de sacrées ressources! Un véhicule bien plus moderne qu’il n’y paraît de prime abord…
• Boîte robotisée exceptionnelle d’agrément
• Compromis confort/tenue de route
• Qualité du freinage
• Position de conduite facile à trouver
• Bonne visibilité et rétrovision
• Tendance aux gadgets
• Aides à la conduite parfois intrusives
• Usage complexe de certaines fonctions
Disons-le tout net: les résultats sur la problématique posée par l’Euro VI en terme de masse et d’encombrement sur l’Astromega sont contrastés. Si le remplissage d’huile moteur est facile, la jauge manuelle est d’un accès fort compliqué. Bien sûr, il y a l’alerte au tableau de bord, nous rappelle-t-on. Mais, d’une part elle se déclenche souvent trop tard, et d’autre part les capteurs ne sont pas toujours fiables après 10 ans de service. Le niveau de liquide de refroidissement se lit de façon directe, mais il vaut mieux être grand pour y arriver. L’orifice de remplissage est situé loin et du côté opposé à la boîte de dégazage. Félicitations en revanche pour l’accessibilité au filtre à air. Comme chez Daimler, les échangeurs et les radiateurs sont regroupés, mais ici côté gauche. Les filtres à gazole, le fluide de direction assistée et le chauffage additionnel sont dans un portillon à l’arrière droit, facile d’accès. Surprise, la roue de secours est dans une trappe côté droit, tout comme l’orifice de remplissage d’eaux propres. Attention, ce dernier est très exposé en raison d’une garde au sol limitée.
La couchette est rudimentaire et peut être utilisée comme espace de rangement supplémentaire. Pour les intervalles de vidange d’huile, DAF donne une fourchette allant jusqu’à 100 000 km suivant l’utilisation. Le filtre à particules doit être nettoyé à 300 000 puis à 100 000 km. Les prises diagnostic sont à l’avant, en face du siège guide, dans un logement dédié.
Les batteries sont quant à elles toutes regroupées derrière l’essieu n° 3, côté gauche. Le réservoir à gazole est niché entre les essieux 2 et 3, gage d’une bonne répartition des masses.
• Accès aux remplissages de fluides bien pensés
• Réservoirs de grande capacité
• Soutes traversantes
• Accessibilité au filtre à air
• Bonne protection des radiateurs et échangeurs
• Intervalles larges d’entretien
• Complexité du système de climatisation
• Jauge de niveau d’huile moteur quasiment inaccessible
• Dispersion de certains organes et points de contrôle
• Couchette spartiate
• Orifice d’eaux propres exposé
