Une mesure estivale est sans conteste passée inaperçue en cette rentrée doublement marquée par les soubresauts du Proche-Orient et le jeu gouvernemental qui consiste à accroître le plus discrètement possible les prélèvements, sans augmenter franchement les impôts…
Cette mesure emblématique n’est autre que développement des zones de limitation de vitesse à 30 km/h dans les agglomérations, Paris en tête. Quelle ne fut pas la surprise des automobilistes d’Ile-de-France en découvrant, à leur retour de vacances, que plus d’un tiers des rues parisiennes étaient désormais soumises à une limitation à 30 km/h (voire 20 km/h dans certains cas).
Loin de moi l’idée dans ces colonnes dédiées depuis toujours au transport collectif de défendre à tout prix l’usage de l’automobile, mais les conséquences multiples de cette mesure ont-elles vraiment été étudiées? Question sécurité des piétons et des deux-roues, rien à dire, la baisse de la vitesse est sûrement un progrès.
Mais dans le même temps, le développement des "voies partagées" qui multiplient les points de rencontre frontale entre cyclistes et voitures a de quoi laisser dubitatif. De même d’ailleurs que l’étude du concept de "stop glissant" qui verrait ces mêmes vélos autorisés à franchir stops et feux rouges en marquant simplement… un ralentissement.
Côté pollution, cette limitation laisse rêveur quand on connaît un peu la table d’optimisation des régimes moteur pour le bon usage des pots catalytiques et autres filtres à particules. Pas sûr en effet que tous ces véhicules roulant péniblement au pas s’avèrent à terme moins polluants qu’avant. Au niveau pédagogique, la méthode mérite certainement un zéro pointé. Faute d’avoir été prévenus et informés correctement, il est en effet probable que les conducteurs parisiens se sentent aujourd’hui piégés, ce qui pourrait tendre un peu plus encore les relations avec les autres usagers de la route.
Enfin, puisque l’objectif poursuivi consiste clairement à dégoûter les automobilistes de sortir leurs véhicules, il va falloir que l’offre de transport en commun se montre vraiment à la hauteur d’une demande qui va logiquement croître de façon exponentielle.
Et là, j’ai un peu peur que la décision ait été quelque peu prématurée, le réseau étant, aux dires mêmes des usagers, déjà notoirement saturé…
