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Le Grand Cahors restructure son réseau avec Verdié

Challenge Depuis le 1er juillet, Verdié, PME familiale installée en Aveyron, opère le réseau de transports urbain du Grand Cahors, détrônant Keolis et Raynal Voyages qui l’avaient créé il y a 20 ans. Le 2 septembre, le réseau rénové partira à la conquête d’un nouveau public d’actifs, visant un million de voyageurs annuels contre 700 000 aujourd’hui.

Le 23 mai, le conseil communautaire du Grand Cahors attribuait pour six ans la délégation de service public (DSP) de ses transports urbains à l’entreprise Verdié. Elle était en concurrence avec le groupe Keolis, associé à la société locale Raynal Voyages et avec CFT, filiale française du groupe espagnol Vectalia. Une heureuse surprise pour la PME aveyronnaise qui n’a pas d’expérience dans le transport urbain, mais dispose d’une filiale sur place, Transports Laurens, qui assure, avec ses 65 salariés, des lignes scolaires, régulières, régionales et SNCF. Une déception en revanche pour Keolis-Raynal qui gérait le réseau de transports du Grand Cahors, baptisé Évidence, depuis sa création il y a vingt ans. Le groupe a déposé un recours en juin, sans obtenir gain de cause. Les élus du Grand Cahors ont voté en faveur de Verdié, à l’unanimité moins trois absentions. Le président du Grand Cahors, Jean-Marc Vayssouze-Faure, avait alors assuré ne s’être posé qu’une seule question: « quelle est l’entreprise qui nous paraît la plus à même de remplir ce service? »

Michel Simon, vice-président en charge de l’aménagement du territoire au Grand Cahors a souligné que « Verdié, entreprise de très haute qualité, avait les compétences nécessaires, que la procédure avait permis d’évaluer une expérience de transport scolaire et interurbain. » Il a précisé que le personnel de Raynal (24 équivalents temps plein) serait repris par Verdié aux mêmes conditions, conformément aux règles imposées.

Un été de préparation

Verdié a pris le contrôle du réseau Évidence le 1er juillet, mais les véritables changements se sont mis en place le 2 septembre. « Pas une révolution, mais une forte évolution pour un réseau qui n’avait jamais intégré les modifications du territoire avec une réflexion d’ensemble, changeant seulement par retouches successives », affirme Michel Simon. Le bureau d’études Egis a fait une première analyse du réseau et des propositions d’évolution, avec un fort investissement des élus, dont le maire de Cahors. « Le réseau était obsolète, avec des bus pris dans les bouchons, donc pas attractifs pour les actifs, témoigne l’élu. Seuls les jeunes et les personnes âgées l’utilisaient. »

Le 2 septembre, quatre nouvelles lignes entrent en service: des lignes directes, avec peu d’arrêts et une fréquence importante, afin de relier rapidement les entrées de Cahors au centre-ville et aux zones d’emplois. Elles visent à encourager les actifs, très peu utilisateurs du réseau actuel, à prendre le bus pour leurs trajets domicile-travail. Des parkings relais installés aux quatre points cardinaux permettront, espèrent les élus, de réduire l’énorme problème de stationnement pendulaire dont souffre le centre-ville. Deux parkings relais seront créés pour compléter ceux existants: un de 120 places à l’ouest de la ville en octobre, et un autre de taille équivalente au nord entre fin 2013 et début 2014.

Ces quatre lignes directes complètent les deux lignes qui proposent une desserte fine des quartiers, et qui les relient au centre-ville, aux zones d’emplois et de commerces. Des transports à la demande (avec réservation la veille) viendront optimiser des lignes auparavant très lentes et insuffisamment utilisées. Ces modifications se font à kilomètres et budget constant. « L’étude nous a permis de faire une analyse critique du réseau, de mutualiser certains arrêts, de simplifier les lignes et d’augmenter le rythme de desserte en heure de pointe à enveloppe budgétaire identique (1,6 million d’euros annuels) », souligne Michel Simon. Pour améliorer le confort des passagers, le Grand Cahors a investi dans trois bus neufs (sur 18 en exploitation) pour un montant de 450 000 €, et poursuivra le renouvellement du parc à raison de deux véhicules par an dans les années à venir.

Afin de résoudre le problème de la difficile intermodalité autour de la gare, dans un centre historique très contraint, une navette gratuite reliera avec une haute fréquence (70 fois par jour) la gare au réseau de bus et aux parkings relais. « Verdié nous a proposé un plan d’interconnexion pour que ces transports deviennent plus complémentaires », explique l’élu cadurcien.

La baisse des tarifs, autre grande nouveauté de la rentrée

Sans aller jusqu’à la gratuité, les abonnements seront fortement réduits. Un tarif symbolique d’un euro par mois sera appliqué aux scolaires, étudiants, demandeurs d’emplois, bénéficiaires du RSA, plus de 65 ans et invalides à plus de 80 %. Les salariés titulaires de l’abonnement annuel Grand Pass paieront quant à eux 5 € par mois (avec la participation de l’entreprise), soit 60 € par an au lieu de 240 € en tarif plein, ce qui représente une économie de 75 %.

Dans les mois qui viennent, la collectivité souhaite développer la desserte de tout le territoire du Grand Cahors, en partenariat avec le conseil général du Lot qui gère déjà 8 lignes sur ce territoire. « Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur la zone urbaine Cahors-Pradines, mais nous souhaitons desservir également le reste du territoire du Grand Cahors, plutôt rural, indique Michel Simon. Nous allons densifier au nord, avec les bus du conseil général et du conseil régional pour permettre aux habitants de prendre le bus, d’autant que la route départementale y est engorgée. »

En 2014, des lignes intercommunales express permettront donc d’élargir la couverture du territoire. Un parking relais verra le jour, en connexion avec la ligne départementale express Mercuès-Espère, le 1er janvier 2014. À partir de la même date, les usagers des lignes départementales et régionales bénéficieront de la même tarification que ceux du réseau urbain. « Nous sommes persuadés que la fréquentation va exploser sur ce réseau », se réjouit Clément Verdié, responsable développement de Verdié. L’objectif est de hisser le nombre de voyageurs annuels de 700 000 à plus d’un million d’ici la fin 2014.

Verdié en chiffre

– Effectifs Verdié, 551 personnes dont 400 pour la branche transports

– Effectifs réseau Évidence, 24 ETP, plus 2 agents commerciaux, 1 responsable réseau, 2 agents d’exploitation et 2 de maintenance de Verdié Cahors/Laurens.

– CA 2012 Verdié, 105,4 M€ dont 17,3 M€ pour l’activité transport

– CA Transports Laurens, 1,55 M€

3 questions à… Clément Verdié, responsable développement du groupe Verdié

– Le Grand Cahors est votre première délégation de service public en transport urbain. Est-ce une volonté de diversification de votre part?

Notre entreprise a deux métiers: les voyages et le transport de voyageurs. En 2011, nous avons fait un bilan de compétences en comité de direction qui a montré qu’on pouvait se diversifier sur des activités proches. La DSP du Grand Cahors est notre première DSP en transport urbain, mais nous exploitons déjà des DSP en transport régional en Midi-Pyrénées et en Languedoc-Roussillon. Nous restons une PME familiale et régionale, mais cet appel d’offres a représenté une opportunité. Nous avions les moyens et les infrastructures sur place, via notre filiale Voyages Laurens qui fait de l’interurbain (départemental, régional et SNCF) et de l’occasionnel.

– Selon vous, qu’est-ce qui a fait la différence avec Keolis, qui était pourtant implanté depuis vingt ans?

Le Grand Cahors a peut-être perçu plus de motivation dans notre proposition. Ils ont senti que notre équipe allait pouvoir les accompagner dans les changements qu’ils voulaient mettre en place. Ce n’est pas une question de compétence, mais d’engagement sur les résultats. On n’a pas la prétention d’être meilleur que Keolis qui a l’expérience de l’exploitation de réseaux urbains. Nous n’avons pas proposé une politique tarifaire très agressive, mais essayé d’inclure le maximum de services et de prestations dans l’enveloppe.

– Avez-vous d’autres projets de diversification?

Nous avons regardé ce qu’on était capable de faire et les possibilités de développement. Nous avons d’autres projets dont je ne veux pas parler encore.

Le coup de pouce Smooth mobility

La réflexion de fond engagée par le Grand Cahors a été encouragée par le programme européen Smooth mobility (Safety and Mobility Organisation for sustainable Transport and Health) lancé pour trois ans en 2009. Ses objectifs: repenser la mobilité urbaine et favoriser le développement de modes de transports durables (vélos, marche et transports collectifs).

Le Grand Cahors en était le chef de file, accompagné par Kaunas (Lituanie), Chypre et le Pays des Vallons de Vilaine (Ille-et-Vilaine). Sur 1,2 million d’euros de budget, Cahors en a reçu 400 000 €.

« Ce programme européen m’a permis de remobiliser les élus autour des transports, de leur faire prendre conscience que les choses ne pouvaient pas rester comme ça, explique Michel Simon.

Il nous a donné l’envie, les moyens et la force de démarrer une réflexion sur les déplacements doux et sur une nouvelle organisation des transports urbains. » Quatre plans d’actions ont été lancés: la promotion des transports publics et des parkings relais, des aménagements de sécurité pour les vélos et les piétons, des transports en commun adaptés aux configurations de chaque territoire (bus, transport à la demande, covoiturage).

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Auteur

  • Catherine Sanson-Stern
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