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L’information multimodale en quête d’une stratégie nationale

STI Un état des lieux des projets des systèmes de transports intelligents en France a été fait lors d’une journée nationale. Organisée le 12 septembre à Montrouge, elle a réuni les services techniques des collectivités. Les thèmes de l’information multimodale, de l’open data et de la billétique concernaient plus spécialement le transport public de voyageurs. Le besoin d’une coopération élargie entre les collectivités a été rappelé.

Que les techno-sceptiques se rassurent: l’innovation et la gestion de projet ont toujours besoin de rencontres réelles entre les différents acteurs pour enrichir leurs réflexions et comparer leurs pratiques. Et concernant les systèmes de transport intelligents, STI (ITS en anglais), le besoin de coopération est encore plus grand. « Les usagers souhaitent une mobilité courante, de même que l’eau courante a été démocratisée au 20e siècle », a souligné Yves Krattinger, sénateur, président du conseil général de Haute-Saône et président de la commission de l’aménagement du territoire et des technologies de l’information à l’Association des départements de France. « Les politiques doivent trouver des réponses et nos modes de gouvernance ne correspondent plus aux besoins de transport actuels, alors, comment répondre ensemble pour accélérer nos collaborations? »

Si la solution n’a, sans surprise, pas pu être trouvée à la fin de cette journée d’étude, les sujets prioritaires ont émergé, notamment autour de la nécessité de déployer une information et une billétique multimodales, et de celle d’un observatoire de la mobilité pour améliorer l’action publique et en mesurer les effets. « Le développement des STI doit prendre du galon, a appuyé Yves Krattinger, et cela doit passer par l’émergence de projets emblématiques visibles et appropriables par le grand public, comme des autoroutes communicantes ou un calculateur d’itinéraire national. »

Création d’un calculateur d’itinéraire national

C’est un vœu que Daniel Bursaux, responsable de la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM), a exaucé. En effet, il a annoncé le lancement du projet pour développer une solution de calculateur d’itinéraire capable de répondre à l’échelle du territoire national. C’est une étape importante pour pouvoir généraliser la création de moteurs multimodaux par les collectivités locales. Création souhaitée par tous les intervenants de la table ronde, dont le Gart (Groupement des autorités responsables de transport). Pour Benoît Chauvin, « les STI jouent un rôle important en vue de normaliser les transports, de les rendre interopérables et d’améliorer l’information donnée dans les smartphones. […] Les élus ont investi et créé des cocktails de mobilités avec les vélos, les bus, les métros et les trains, l’usager est au milieu. Il ne faut plus, je crois, se poser uniquement la question du transport de A à B, mais plutôt de ce qu’il va faire et qui va conditionner ses besoins de transport. » Pour permettre ces transports fluides, quelles que soient les frontières administratives, Yves Krattinger appelle à « renforcer les pouvoirs de l’Agence française pour l’information multimodale et la billétique pour qu’elle joue un rôle de régulateur et qu’elle fixe des cadres. […] Une étape indispensable pour faciliter l’interopérabilité des services d’information multimodale (SIM) et décloisonner les informations, réparties entre les différents acteurs. »

Fiabilité de l’information et Open Data en question

L’écosystème des mobilités appelle donc aujourd’hui à intégrer et à s’ouvrir à de nouvelles sources d’informations en provenance de collectivités et d’AOT, mais aussi d’exploitants, de transporteurs, des usagers eux-mêmes ou de partenaires tiers. Une question qui appelle à l’élaboration d’une « doctrine de caractéristiques communes et standardisées » qu’un groupe de travail de l’AFIMB a commencé à mettre en place en associant toutes les parties prenantes.

Le premier thème traité est celui des arrêts: structuration et hiérarchisation des arrêts, caractéristiques et typologie, positionnement géographique par leurs données, etc. C’est un travail de normalisation pour « permettre une plus grande interopérabilité des systèmes s’appuyant sur des arrêts, comme l’information voyageur, la billétique. »

Enfin, le sujet de l’open data est encore soumis au débat. « La fiabilité de l’information délivrée est primordiale », a ainsi rappelé Daniel Bursaux, en écho au consensus qui se dégageait de la part de tous les intervenants. « Nous sommes inquiets d’un risque de manipulation des données et de l’information de transport », argumente dans le même sens Benoît Chauvin du Gart. Il cite en exemple « le report de trafic sur la ligne 1 lors d’un incident sur le RER A à Paris. Or, la responsabilité est portée par celui qui la [l’information, ndlr ] met à disposition, et les AOT en supportent déjà beaucoup. » Yves Krattinger en a profité pour appeler l’État, « en tant que stratège et facilitateur, à jouer ce rôle auprès de la SNCF pour l’ouverture de ses données, notamment dans les Grandes lignes ». Prudent, Daniel Bursaux, en tant que représentant de l’État, a indiqué « que le sujet des données était délicat car elles représentent une valeur considérable. »

Transports intelligents, ou comment la technologie doit faciliter les mobilités

Comment les technologies de l’informatique et de la communication peuvent-elles répondre aux nouvelles mobilités des voyageurs: intermodalité, information sur les déplacements, accès facilité aux modes partagés, et tout cela dans un contexte budgétaire contraint. C’était l’un des objectifs de la journée nationale organisée sur le thème des STI (systèmes de transport intelligents) et orientée autour de la question Quelles actions pour la mobilité? C’est le Sétra (Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements), dépendant du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et bientôt fusionné avec d’autres services spécialisés sur les transports au sein du Cerema (voir encadré), qui a mis sur pied cette journée d’ateliers et de débats à la demande du Comité des maîtres d’ouvrages routes et transports (CoMOAR). Un début de réponse est apporté par Laurent Chevereau, du Certu. « L’apport des STI dans l’information voyageur est multiple: l’information est plus complexe et plus fournie en permettant l’intermodalité; elle est aussi plus complète avec une géolocalisation de l’usager et la possibilité d’intégrer de la billétique et de l’achat; l’information est aussi plus accessible car elle se rapproche de l’usager, tant pour l’expression que la réception de l’information. » Mais le voyageur n’est pas le seul à bénéficier de ces innovations technologiques, portées par les industries télécoms de grande consommation.

« Les AOT et les exploitants peuvent aussi bénéficier de remontées de données pour fournir des analyses, des observatoires, des mesures sur les comportements des usagers et la typologie des fréquentations, jusqu’au niveau des points d’arrêt, qui permettent d’enrichir les politiques publiques dans les décisions », complète Laurent Chevereau.

Un nouveau centre d’expertise technique des mobilités verra le jour début 2014

Pour répondre, notamment, aux enjeux liés à la ville et à la mobilité durable, un centre d’expertise réunira plusieurs services aujourd’hui répartis au sein du ministère de l’Égalité des territoires et du Logement et du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Dans le domaine des transports et de l’équipement, les 8 centres d’études techniques de l’équipement (Cete), le Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu) et le Sétra fusionnent pour donner naissance au Cerema, Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Chaque service conservera pour l’instant son implantation géographique, mais le siège du Cerema sera situé dans la région lyonnaise, à Bron.

Le Cerema a vocation à répondre au besoin de « disposer d’un appui scientifique et technique renforcé pour élaborer, mettre en œuvre et évaluer les politiques publiques de l’aménagement et du développement durables. » Il pourra intervenir « au bénéfice de la puissance publique, notamment de l’État et des collectivités locales. »

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Auteur

  • Bruno Gomes
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