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Immatriculations: un bon cru 2013 en perspective

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Immatriculations: un bon cru 2013 en perspective

Crédit photo Bruno Gomes

Marché Avec une progression de 8 % depuis le début de l’année, le marché français retrouve des couleurs et reste dominé par les leaders Iveco Bus et Mercedes-Benz. Une tendance positive dont profitent également les outsiders comme Fast et Van Hool, grâce à leurs positionnements de niche.

La dernière ligne droite avant l’Euro VI s’annonce également animée.

Tout va de mieux en mieux, mais pas forcément pour tout le monde. C’est en substance ce qu’il faut retenir du bilan d’étape des immatriculations d’autocars et d’autobus sur le marché français, au vu des statistiques de janvier à fin août. D’après les chiffres de la CSIAM (Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle) et des constructeurs, c’est une progression de 8 %, comparé à la même période l’an dernier. La France confirme son statut de marché îlot de résistance en Europe, comme nous l’avions noté dans le bilan annuel des immatriculations 2012 (Bus & Car no 921).

« Nous avons la chance d’avoir un marché actif en France, c’est l’un des rares en Europe à l’être », se félicite Antoine Garnier, directeur commercial France de Iveco Bus, leader national en parts de marché. « Le marché n’est pas sinistré comme on peut l’entendre souvent », estime également Julien Jarossay, responsable commercial cars et bus de Scania France, « mais il ne faut pas oublier l’impact des normes réglementaires sur les ceintures de sécurité, l’accessibilité sans oublier Euro VI. » Même volonté de nuancer la croissance pour Julien Calloud, directeur commercial Mercedes-Benz autobus autocars France qui rappelle que « l’année 2012 n’avait pas été flamboyante. » Avec un peu plus de 4 500 immatriculations depuis le début de l’année, ce sont 330 véhicules de plus qu’en 2012 qui ont trouvé preneur.

Un bonus qui ne se répartit toutefois pas de manière équilibrée parmi tous les constructeurs. Il est en effet capté dans sa presque totalité par Fast Concept Car et Mercedes-Benz, avec respectivement 181 unités et 113 unités immatriculées. Les autres bénéficiaires de cette croissance du marché sont MAN avec 48 véhicules, et Van Hool avec 32 véhicules.

75 % du marché pour Iveco Bus et Daimler Bus–Evobus

La croissance du marché n’a donc pas profité à tous les acteurs, mais les positions globales sur le marché, à ce stade, restent figées et le marché dominé par le duopole Fiat–Iveco (40,8 % de parts de marché) et Daimler Bus–Evobus (33,9 % de parts de marché). La bataille au sommet du marché français continue de faire rage avec un avantage pour Mercedes-Benz qui augmente sa part de marché totale à 31,1 % (+ 113 véhicules), tandis qu’Iveco Bus cède 3 points de marché, à 33,6 %, mais pas sa place de leader. « Dans notre plan de marche, nous comblerons notre retard fin septembre et nous retrouverons la croissance à partir d’octobre », estime Antoine Garnier.

En face, Julien Calloud, directeur commercial Mercedes-Benz autobus autocars France, met en avant le succès des Intouro Optimum. « Avec les nouvelles longueurs que nous avons introduites fin 2012, les clients ont pu davantage panacher leurs achats en scolaire et en interurbain avec différentes longueurs et des politiques d’option plus poussées pour ne pas se limiter à du scolaire pur et dur et opter pour plus de polyvalence. » Un constat positif qui vaut également pour les minicars et minibus avec un meilleur équilibrage dans le carnet de ventes, d’après Patrick Damian, directeur adjoint réseau et minicar de Mercedes-Benz. « Nous restons leaders sur le marché du scolaire, mais nous avons réussi à sortir du tout scolaire avec un meilleur mix qui inclut plus largement nos gammes City, notamment. »

Petit bémol à l’échelle du groupe Daimler Bus–Evobus en France, Setra ternit un peu le tableau avec le recul de 17 % de ses immatriculations, payant probablement l’introduction en cours de sa gamme Euro VI. Le lauréat du Coach of the year 2014 (voir Bus & Car no 935) engrange des points qui remonteront les statistiques fin 2013 et début 2014.

MAN et Van Hool prennent du galon grâce à l’urbain

Les deux géants européens se sont toutefois fait surprendre par MAN, Van Hool et Temsa sur le segment des urbains, le marché qui affiche la croissance la plus faible. Tous segments confondus, une nouvelle fois, Fast Concept Car joue le rôle d’outsider avec 5,8 % de parts de marché, loin devant MAN (3,5 %) et Temsa, distribué par Dietrich Carebus Group, (3,4 % de parts de marché). Depuis l’an dernier, les immatriculations des véhicules Fast sur châssis MAN et Renault sont réaffectés directement à Fast Concept, une nouvelle méthodologie dans les statistiques qui peut également expliquer en partie les gains de position de Fast.

En tout cas, Xavier Ringeard, pdg de Fast Concept Car se félicite de ce début d’année porté par « une nette croissance pour le Starter, lancé l’an dernier, et qui monte nettement en cadence cette année avec centaine d’immatriculations. » Le car scolaire, Scoler 4 obtient des résultats identiques avec près de 140 immatriculations, tandis que les immatriculations d’Otokar, dont une partie de la gamme est distribuée par Fast, s’affichent également à la hausse avec 83 unités et une part de marché qui frôle les 2 %. « Nous constatons une nette progression de nos ventes, surtout avec l’Otokar Navigo », commente Xavier Ringeard, « c’est un produit qui trouve de plus en plus sa place en France, ce sera une très bonne année pour le Navigo. »

Pour Van Hool également, 2013 sera à coup sûr une année à part, « une année à marquer d’une croix blanche dans l’histoire de notre groupe », avance même Dirk Snauwaert, porte-parole du constructeur flamand. L’immatriculation des 27 Exqui.City (Mettis à Metz) a en effet grandement contribué à la progression de Van Hool en France depuis le début de l’année (111 immatriculations pour une part de marché qui passe à 2,5 %). Hors segment bus, la gamme d’autocars Van Hool s’affiche aussi à la hausse avec 79 unités contre 63 l’an dernier, grâce notamment à « la gamme TX lancée à Busworld Courtrai 2011, bien accueillie par le marché. »

Dietrich fait rentrer Yutong dans les statistiques

Dans le peloton des constructeurs, Dietrich Carebus Group réalise également « un bon début d’année », commente Laurent Gugumus, directeur général de DCG, distributeur de Temsa (+ 17,6 %), de Yutong, qui franchit le cap des 10 véhicules immatriculés, ainsi que de ses propres véhicules Ingwi (150 unités immatriculées). « Nous espérons davantage pour Temsa », nuance-t-il, « certains clients ont parfois mal interprété l’arrivée de Yutong dans notre offre qui aurait été le signe d’une distance prise avec Temsa. Ce n’est absolument pas le cas, comme on pourra le voir à Busworld Courtrai où nous partageons le hall 7 avec Temsa. C’est une première et c’est un signe fort de notre collaboration et de notre engagement avec Temsa. »

Un signal qui devrait conforter les bonnes ventes de Temsa qui se voient déjà dans le carnet de commandes à fin 2013, « en hausse de 35 % comparé à l’an dernier pour l’ensemble de nos marques. » D’autres constructeurs sont aussi confrontés à ce phénomène d’année charnière, à l’instar de DCG qui élargit son catalogue.

Équipes commerciales recomposées chez Solaris et Scania

Chez Scania, Volvo Bus (voir notre encadré sur les hybrides) ou Solaris, la recomposition des équipes commerciales, en cours ou déjà achevée, portera ses fruits d’ici la fin de l’année ou début 2014. « Notre équipe a été fortement renouvelée », explique ainsi Bertrand Berger, récemment nommé directeur marketing et commercial de Solaris en France. « La nouvelle direction générale est arrivée en novembre 2012, le responsable du SAV en mai dernier et, sur la partie commerciale, je suis moi-même arrivé avant l’été, ainsi qu’un nouveau commercial et un technicien itinérant à la rentrée », énumère-t-il. De 19 véhicules immatriculés sur les 8 premiers mois de l’année (dont 15 Urbino), Solaris compte atteindre entre 65 et 70 unités, soit à peu près le même volume qu’en 2012. La présence renforcée sur le terrain devrait permettre de « mieux positionner notre produit interurbain Interurbino sur le marché. »

Année de transition également chez Scania France dont la responsabilité commerciale bus et cars est désormais prise en charge par Julien Jarossay. « C’est effectivement une année de transition, car nous avons souffert sur le marché scolaire, notre véhicule Scania Higer A30 est un scolaire « plus », nous réfléchissons à la possibilité de mieux être présent sur ce marché », détaille le responsable qui compte faire passer les immatriculations de Scania de 16 (dont 5 Irizar sur châssis Scania) à 50 d’ici la fin de l’année. « Les deux-tiers du carnet de commandes devraient porter plutôt sur des Scania Higer A30, mais aussi sur des bus urbains articulés Euro VI à Angers, les premiers Euro VI livrés en France. »

Stocks Euro V et dérogations 2014 en question

Euro VI précisément, devrait arbitrer l’attribution de certains volumes entre les constructeurs d’ici la fin de l’année, dans des proportions variables selon les segments. « Comme tout le secteur n’est pas totalement prêt pour Euro VI, la fin d’année consistera pour certains constructeurs à stocker des véhicules Euro V afin de bénéficier de dérogations au début de l’année 2014, la bataille sera donc serrée », annonce Alain Court pour MAN. « En ce qui nous concerne, nous sommes en tout cas prêts et nous devons faire de la pédagogie auprès de nos clients », poursuit-il.

Le client, justement, pourra être sensible à d’autres arguments, notamment le prix, une carte qui sera jouée entre autres par Fast Concept Car. « Nous avons fait le choix d’aider les transporteurs à ne pas avoir de surcoût lié à l’Euro VI, et donc à constituer un stock important afin d’aider le lancement du Scoler 5 à Busworld Courtrai », annonce Xavier Ringeart. Si effet d’aubaine il doit y avoir sur la fin de l’Euro V, il se manifestera davantage sur les autocars, interurbains et tourisme, les appels d’offres urbains ayant déjà été passés avant l’été 2013.

Du côté des grands constructeurs, aucune politique de stockage anticipé de véhicules Euro V, les usines étant déjà toutes passées à des productions Euro VI, clament Iveco Bus et Mercedes-Benz. Verdict au premier trimestre 2014…

Hybrides: la place du marché s’agrandit

Deux marchés spécifiques se sont distingués, d’après les acteurs du marché, à des niveaux et des volumes différents.

« Le développement des hybrides est intéressant », explique ainsi Antoine Garnier, directeur commercial France de Iveco Bus.

« Le marché est passé de 5 unités en année pleine en 2012 à 125 sur les 8 premiers mois de cette année », souligne le responsable dont les équipes Iveco Bus, mais surtout Heuliez Bus, ont obtenu de bons résultats. La centaine de Heuliez Bus Access Bus GX 327 et GX 427 hybrides à Dijon représente en effet la quasi-totalité de la croissance. « Les hybrides sortent de la marginalité et leur part devrait croître avec l’Euro VI, c’est le segment le plus dynamique, c’est une bonne chose pour nous, car nous avons parié dessus », ajoute-t-il.

Les outsiders en embuscade

MAN et Van Hool se montrent aussi très présents sur ce marché.

« 15 Man Lions’City hybrides seront livrés cet automne à la RATP à Paris, ce sera une belle vitrine pour cette technologie que nous maîtrisons bien, avec une réelle fiabilité en exploitation », explique Alain Court, directeur de la division cars et bus de MAN en France, « d’autres villes comme Bordeaux se montrent intéressées. » Un segment également observé de près par d’autres acteurs, notamment Solaris qui « vise une part de marché sur l’hybride urbain plus représentative du poids du groupe », souligne Bertrand Berger, directeur marketing et commercial de Solaris en France.

Mais aussi Volvo Bus, qui participe par ailleurs avec MAN et Iveco Bus à l’expérimentation de bus hybrides menée par le Sytral à Lyon. « Nous comptons être beaucoup plus présents, grâce à l’arrivée prochaine d’un nouveau responsable commercial bus urbains qui mettra davantage en avant nos produits réputés sur l’hybride », annonce Michele Ferrara, directeur général de Volvo Bus en France.

Un pic estival de plus en plus marqué

Après l’été, c’est l’heure d’un premier bilan chez les constructeurs.

Le pic saisonnier du mois d’août est passé avec un total 1 130 véhicules immatriculés pour le seul mois, soit 60 de plus qu’au mois d’août 2012. Autre chiffre: le mois d’août représente 20 % des immatriculations annuelles. L’an dernier, les deux tiers des ventes avaient été réalisées sur les huit premiers mois, tandis que la dernière ligne droite avait tout de même immatriculé près de 1 800 véhicules. Si le marché maintient son niveau de croissance de 8 %, cumulé depuis le mois de janvier, le bilan de l’année 2013 dépassera un peu plus largement le seuil des 6 000 véhicules, mais sans retrouver les niveaux des années précédentes. « Imaginez que sur 136 véhicules scolaires depuis le début de l’année, nous en avons facturé 100, uniquement sur le mois d’août! », argumente Xavier Ringeard, pdg de Fast Concept Car. « Le mois d’août est de plus en plus chargé chaque année, mais cette année, nous avons franchi un nouveau cap, c’est une vraie problématique du marché subie par les transporteurs qui nous demandent des solutions. »

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  • Bruno Gomes
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