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Desservir les villes par le haut

Transport par câble Le 1er octobre 2013 à Créteil, sous l’égide du conseil général du Val-de-Marne, un colloque sur « Le transport urbain par câble en milieu urbain: enjeux techniques, sociaux et politiques » a fait le point sur ce qui apparaît désormais comme un nouvel outil prometteur dans la panoplie des modes de transport urbain.

Un an après une première rencontre à Toulouse sur le thème du transport urbain par câble, les organisateurs du colloque de Créteil(1) peuvent s’estimer satisfaits. Avec plus de 180 participants, l’événement reflète l’intérêt que portent dorénavant les autorités organisatrices de transports urbains à une technique jusqu’alors considérée comme surtout touristique, voire récréative.

Le choix du Val-de-Marne pour cette seconde rencontre n’était pas fortuit, puisque les élus de ce département d’Île-de-France « réfléchissent depuis plus de cinq ans à un projet de téléphérique urbain, le Téléval, que les réalités géographiques du territoire et les besoins en déplacements nous imposent », rappelait à l’ouverture des débats Christian Favier, président du conseil général du Val-de-Marne.

Les projets se multiplient

Aujourd’hui, plusieurs dizaines de systèmes de transports urbains aériens par câbles existent dans le monde, et pas moins d’une trentaine est à l’étude, en projet ou en travaux. Ils sont classés, grosso modo, en trois types techniques (monocâbles, bicâbles et va-et-vient). Les candidatures du troisième appel à projets de TCSP lancé par l’État ont été déposées à la mi-septembre 2013. Parmi ces candidatures, on remarque huit projets de transport par câble pour un montant de 112 millions d’euros(2).

Les projets de transport par câble visent à surmonter les coupures urbaines, qu’elles soient naturelles et liées au relief (villes à plateaux, montagnes ou corniches) ou dues à la présence de grandes infrastructures (routes et autoroutes, voies ferrées, lignes à haute tension) qui « fractionnent le tissu des villes comme celui de leurs abords et génèrent de grandes poches d’enclavement urbain », a constaté Pierre Serne, vice-président de la région Île-de-France chargé des transports. Et ces deux types de coupures rendent plus complexe et plus coûteuse la création de TCSP classiques.

Des solutions très techniques

Hormis la présentation des projets, les propos des intervenants ont été centrés sur les questions techniques, politiques, économiques et environnementales auxquelles doivent répondre les promoteurs d’un projet de transport par câble. Comme celle des « intrusions » du système dans le tissu urbain avec l’impact visuel des pylônes et des stations, ainsi que l’impact acoustique du fonctionnement. En question aussi, les coûts d’établissement, d’exploitation et de maintenance pour lesquels peu de données sont aujourd’hui disponibles, faute de recul.

À ces interrogations, s’ajoutent la disponibilité réelle des systèmes compte tenu des temps de maintenance et une réglementation technique, aujourd’hui obsolète(3), qui doit être adaptée et intégrée dans celle du transport urbain. Sans oublier les incontournables questions de sécurité, qu’il s’agisse des ruptures de câble, de l’évacuation des voyageurs, du risque incendie, voire des effets du vent et des orages.

Le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), le Centre d’études et de recherche sur les transports urbains (Certu), le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG).

Il faut ajouter deux projets qui ne sont pas inclus dans ce troisième appel: le Téléval en Île-de-France et l’Aérotram à Toulouse (voir encadré).

Les systèmes sont aujourd’hui encadrés par une loi de 1941 sur les transports aériens. Une réglementation intégrée à celle du transport urbain sera proposée prochainement au Sénat, puis à l’Assemblée.

Les projets français visent l’horizon proche

Hormis Brest, dont la mise en service est prévue dès 2015, les lignes de transport aérien par câble candidates au troisième appel à projets TCSP (Aix, Beauvais, Boulogne, Brest, Grenoble, Nîmes, Toulon) visent plutôt l’horizon 2020. Auparavant, les lignes Téléval et Aérotram, non incluses dans cette démarche, seraient déjà en service.

Le Téléval représente un investissement de l’ordre de 60 millions d’euros. D’ici à 2018, il devrait relier, sur 4,4 km et avec 4 ou 5 stations, le terminus de la ligne 8 du métro, à Créteil-Pointe du Lac, au site du Bois-Mater à Villeneuve-Saint-Georges. Au passage, il desservira le plateau de Limeil-Brévannes en offrant des correspondances directes ou indirectes avec les RER A et D via le nouveau BHNS 393.

Ce secteur de 160 000 habitants (dont 50 000 à moins de 800 m des futures stations), partagé entre plaine et plateau, est marqué par d’importantes coupures urbaines (LGV Sud-Est, Grande Ceinture, faisceau fret ferroviaire de Valenton, RN 406, entrepôts, zones commerciales, lignes THT). Le Téléval permettrait des gains de temps de trajet de plus de 30 minutes, avec une capacité de 7 000 voyageurs par heure en pointe de trafic, dans les deux sens.

À Toulouse, l’Aérotram, dont la mise en service est envisagée d’ici la mi 2017, est une véritable navette de santé. En effet, il est destiné à relier, sur 2,6 km, 100 m de dénivelé et avec 3 stations et 20 cabines, la station de métro Université Paul Sabatier de la ligne B, le CHU de Rangueil et le nouveau complexe médical Oncopole. Ce dernier est installé sur l’ancien site AZF, desservi par un TCSP depuis la gare TER suburbaine de Portet.

En franchissant par les airs la Garonne et le coteau de Puech David,

le téléphérique évite un long détour par la voirie et diviserait par trois les temps de trajet des transports publics (10 minutes au lieu de 32). De plus, il maillerait en rocade le système de transport du sud de l’agglomération toulousaine. Le trafic attendu est de 7 000 voyageurs par jour, dont 3 000 aux heures de pointe avec des fréquences de 5 à 7 minutes en heures creuses et de 1,5 minute en heures de pointe. L’investissement est estimé à 44 millions d’euros, dont 70 % pour les travaux et le système. Le restant concerne les aménagements urbains (voirie, parkings de rabattement).

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Auteur

  • Michel Chlastacz
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