Les temps sont un peu au flou artistique côté vision d’avenir. C’est d’ailleurs l’un des principaux reproches qui sont faits aujourd’hui à l’équipe gouvernementale en place.
Prenons l’exemple de la TVA à 10 % sur les transports collectifs qui devrait logiquement s’appliquer à partir du 1er janvier prochain.
Le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a beau rester droit dans ses bottes en la matière et réaffirmer à qui veut l’entendre que l’affaire est entendue, tous les acteurs du secteur reviennent encore sur le sujet. Le Gart, l’UTP et Agir n’ont de cesse de réaffirmer qu’il faut revenir sur cette mesure. Ici, bien sûr, pas de grandes manifestations ni de pneus brûlés sur les bords des nationales, nous sommes dans le feutré, le politiquement correct. Et pourtant, la résistance s’organise, confinant presque à la désobéissance. Comment, par exemple, analyser le fait qu’une autorité organisatrice comme le Sytral (Lyon, ville de gauche, Bernard Rivalta, PS) présente un budget transport 2014 qui ne tient pas compte de l’augmentation programmée de la TVA? Comment interpréter les explications données par l’agglomération strasbourgeoise concernant les augmentations tarifaires de son réseau CTS? Mieux, quand Roland Ries (sénateur-maire PS de Strasbourg et président du Gart) revient en permanence en son nom propre sur la nécessité du maintien d’un taux à 7 % pour les transports collectifs, il semble clair que les élus de la majorité mesurent plus que jamais toutes les difficultés auxquelles ils vont devoir faire face dans les mois à venir. Une telle situation, qui met clairement en porte-à-faux les équilibres du pouvoir, ne laisse pas d’inquiéter.
Car dans le transport, stratégique pour la bonne marche du pays, d’autres rendez-vous sont aussi placés sous le signe de la contradiction. L’accessibilité en est un. Qui peut en effet affirmer aujourd’hui que cette loi mal pensée sera mise en application en l’état dès 2015? Pas sûr que les ministères eux-mêmes en soient convaincus, ce qui, bien sûr, cristallise les tensions des différents partis prenants et met les opérateurs dans un embarras certain.
Au fond, cette contradiction permanente qui est devenue le symbole de la France de 2013 débouche sur un constat simple, chacun devrait désormais dire ce qu’il fait et pourquoi.
Pas si simple, visiblement.
