Le 27 novembre, les Rencontres nationales du transport public ont abordé la difficile question de l’accessibilité et de l’échéance 2015.
Entre l’association des paralysés de France (APF) et les acteurs du transport public, le terrain d’entente autour de la mise en application de la loi Handicap du 11 février 2005 n’était pas encore au rendez-vous ce 27 novembre 2013. Lors d’une table ronde intitulée: « Accessibilité, comment répondre aux défis de 2015? », deux visions opposées se sont confrontées sans véritables concessions. Ce débat tombait en pleine négociation du comité interministériel du handicap dont l’objectif est de trouver des solutions et des compromis face à l’échéance 2015, date à laquelle le texte sera mis en application.
« Nous réaffirmons ce que nous avons déjà dit auparavant: il y a une échéance à respecter. […] Pour que nous lâchions du lest sur certains sujets, par exemple au niveau du transport scolaire, il faut que l’on sente une envie d’avancer au sein des réseaux », a martelé Pascal Bureau, administrateur de l’APF. Celui-ci a d’ailleurs confirmé que « si les négociations actuelles aboutissent, nous suspendrons notre menace de plaintes à l’égard des réseaux faisant partie des mauvais élèves. Sinon, nous ferons appel à la législation. » Cette intransigeance s’explique, selon Pascal Bureau, par le manque de volonté de certains acteurs du transport depuis le vote de la loi en 2005: « Fin 2012, seuls 66 % des schémas directeurs d’accessibilité avaient été réalisés, alors que la loi les rendait obligatoires. Parmi ces 66 %, un tiers d’entre eux n’ont pas été mis en route. Inadmissible. »
De leur côté, les acteurs du transport public ont insisté sur la difficulté de mettre en place une telle mesure et sur les efforts qui ont été fournis jusque-là. « Il faut souligner que toutes les collectivités ne peuvent pas être au même niveau, a tenu à préciser Jean-François Malbrancq, vice-président du Gart, et vice-président de la communauté urbaine d’Arras. Dans les départements, il n’y avait pas d’aménagement pour les autocars avant 2005, contrairement aux villes. Et même si un réseau n’est pas accessible à 100 %, cela ne veut pas dire qu’il est accessible à 0 % non plus. »
Christine Bost, vice-présidente du conseil général de la Gironde, a quant à elle tenu à souligner le coût d’une telle mesure: « Nous investissons quatre millions d’euros par an sur un budget de 62 millions d’euros en faveur de l’accessibilité. Il ne faut pas oublier que les élus ne sont pas tous de mauvaise volonté. Mais la question de savoir comment financer des projets de mise en accessibilité, n’est pas anodine. »
