Ces nouvelles structures, qui remplaceront très prochainement les autorités organisatrices de transport, ont été passées au crible le 28 novembre 2013, lors des 24es Rencontres nationales du transport public à Bordeaux.
Autopartage, covoiturage, logistique urbaine… Voilà quelques-unes des compétences qui seront octroyées aux futures autorités organisatrices de mobilité urbaine (AOMU) qui devraient prochainement voir le jour. Issues du projet de loi de décentralisation, elles remplaceront les autorités organisatrices de transport (AOT) et ont fait l’objet d’un débat aux 24es Rencontres nationales du transport public. La table ronde tentait de faire le point sur les avancées que donnera cette évolution et sur les progrès à faire pour que ces nouvelles structures répondent parfaitement à leur mission.
Si la fin des AOT a été perçue comme quelque chose de positif par les intervenants, ces derniers ont cependant mis en lumière que, plus qu’un changement radical, les nouvelles AOMU allaient plutôt faciliter et reconnaître des pratiques qui étaient déjà mises en place au sein de nombre d’autorités organisatrices. « D’une manière générale, les AOT exercent déjà des compétences au-delà des transports en commun, que ce soit au niveau de la marche, du vélo, etc. », précise Éric Vève, président de Viacités, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération caennaise.
« Mais ces AOMU vont nous faire passer d’un système à une solution à un système à plusieurs solutions. Elles seront de véritables boîtes à outils de la mobilité, considère Clément Rossignol, vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux. L’État a compris qu’après le tout voiture et le tout transport en commun, il n’y a pas de solution unique. » Selon les intervenants, au-delà de la reconnaissance de la multimodalité, les AOMU devraient également permettre de sécuriser des montages contractuels déjà en place et « d’être un véritable pouvoir, là où il est difficile de faire baisser la part modale de la voiture, comme dans les zones rurales », explique Jean Boutry, vice-président de la communauté d’agglomération d’Annecy, en charge des transports.
Malgré cette avancée reconnue de tous, quelques améliorations à apporter ont cependant été pointées du doigt, entre autres, celle de la compétence voirie qui n’a pas encore été donnée aux AOMU. Autre point important: la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement pour accompagner les initiatives de ces AOMU. Selon Éric Vève, « le versement transport est à sécuriser. Il est aujourd’hui affecté aux politiques de transport en commun. Il doit devenir un versement transport de la mobilité durable affecté aux autorités organisatrices. Il y a aussi quelque chose à faire au niveau des taxations sur les plus-values immobilières, mais le décret d’application n’est pas encore prêt. Également, les recettes issues de la dépénalisation du stationnement doivent être affectées aux AOMU. Nous allons récupérer les compétences exercées par les villes, il faut les ressources qui vont avec. »
