Bilan Avec plus de 3 milliards de kilomètres parcourus sur une année, le secteur du transport routier de voyageurs voit ses frontières s’agrandir. Mais le constat vaut davantage pour l’autobus que pour l’autocar. C’est ce que révèle un rapport du Commissariat général au développement durable. Véritable photographie annuelle du secteur, il apporte d’autres éclairages sur la typologie du parc des autocars, du kilométrage moyen et des énergies représentées.
La trêve des confiseurs et la préparation des tableaux de bilan approchent à grands pas. C’est l’occasion de sortir le nez du guidon, ou du volant, grâce à un condensé des statistiques sur le secteur du transport routier de voyageurs, en France en 2012. Ce document est édité par le Commissariat général au développement durable. Malgré le décalage dans le temps, les chiffres fournis par ce service du ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie apportent un éclairage instructif sur les données clés du parc des autobus et des autocars au 1er janvier 2013 en France, et notamment sur la capacité de transport, l’âge des véhicules, le kilométrage moyen ou bien encore l’énergie de propulsion. Pour les chiffres de l’année 2013, il faudra patienter jusqu’au mois d’août 2014, date de publication de l’édition 2013 du document.
Avec 90 900 véhicules dans le parc, le secteur du transport routier de voyageurs continue de s’agrandir de 0,4 % en 2012. L’autocar reste la vedette du secteur et pèse 72 % du parc total de véhicules avec un peu plus de 65 000 véhicules. Mais sa part diminue face à un autobus en progression avec 25 400 véhicules. Dans le détail, on notera que la croissance du parc d’autobus est plus nette hors RATP, avec + 1,7 % comparé à l’année précédente. Une tendance que l’on retrouve également au niveau de l’indicateur clé du kilométrage parcouru. Hors RATP, le kilométrage annuel moyen parcouru par un autobus augmente. Il passe de 38 380 km/an à 39 490 km/an, soit une hausse de 2,9 %. Du côté de la RATP, les distances parcourues s’inscrivent elles aussi à la hausse (+ 2,6 %) avec 37 970 km/an en moyenne par véhicule. L’autobus est donc davantage sollicité et franchit le seuil du million de kilomètres parcourus. Un constat qui ne s’applique pas pour l’autocar dont les chiffres de kilométrage sont en recul, − 0,4 %, avec 2,01 milliards de kilomètres, un chiffre qui reste tout de même conséquent, et − 0,5 % avec 30 720 de kilomètres moyens par véhicule et par an.
L’hybride électrique occupe en ce moment le haut de l’affiche des intentions dans le transport public. Cependant, c’est bien le gaz naturel qui domine l’asphalte urbain dans le domaine des énergies alternatives.
Avec 11,7 % du parc des autobus, le gaz naturel est en effet la première alternative au diesel utilisée en France. Dans les prochaines années, cette place prépondérante pèsera lourd dans le cadre des politiques de véhicules à zéro émissions des centres urbains: les infrastructures nécessaires aux réseaux gaz étant déjà en place, un changement radical d’énergie alternative risque d’être plus complexe à initier, même si Dijon a fait la démonstration inverse. Les autres énergies (électricité, bioéthanol, etc.) représentent quant à elles 1,9 % du total, mais jusqu’à 2,8 % pour le seul parc de la RATP.
Autre chiffre intéressant, « les autobus roulant au gazole parcourent moins de kilomètres (39 230 km) que ceux consommant du gaz naturel (44 590 km) ». Enfin, sans surprise, l’autocar ne connaît pratiquement que le gazole comme énergie, à 99,6 % très exactement, la maigre différence se partage entre le gaz naturel à 0,1 % et 0,3 % pour les autres énergies.
À chacun son rôle, à chacun sa capacité. L’autocar est nettement utilisé pour ses larges capacités de transport, puisque 48,5 % du parc d’autocars compte au minimum 60 places ou plus, d’après l’étude du Commissariat général au développement durable. Les autocars de 60 à 69 places dominent ainsi largement le parc, ils sont aussi les plus utilisés avec 53,8 % du kilométrage annuel total parcouru. Derrière, deux catégories de capacité émergent: de 50 à 59 places avec 25,5 % du parc, de 20 à 29 places avec 11,1 %, puis de 10 à 19 places avec 7,2 % du total. Les seuils intermédiaires, de 30 à 49 places sont relativement délaissés par les transporteurs.
Pour les autobus, la pyramide des capacités est logiquement inversée. La tranche de capacité dominante est de 40 à 49 places assises avec 34 % du parc, puis celle de 20 à 29 places assises avec 26 % du parc. On notera que les capacités plus importantes, supérieures à 49 places assises pour les autobus, représentent 11 % du parc total d’autobus. Des maxi-capacités encore peu représentées sur le marché.
L’âge moyen des véhicules en circulation reste stable: 8 ans pour les autobus et 8,1 ans pour les autocars. Les auteurs du rapport relèvent que « le parc est plus récent en Île-de-France avec 6,9 ans de moyenne contre 8,3 ans en province », mais qu’au niveau national, on retrouve les deux extrêmes: « 20 % du parc a moins de 3 ans et un véhicule sur quatre a plus de 11 ans ». Sur le graphique de répartition par âge du parc en service, on notera un pic de présence d’autocars de 10 ans d’âge, signe d’une génération de véhicules qui devront être renouvelés dans les 4 à 5 ans. Enfin, pour les autobus, y compris RATP, le décrochage sous le seuil de 1 000 véhicules se situe à 14 ans d’âge, venant confirmer l’idée d’une moyenne de renouvellement des véhicules urbains entre 12 et 15 ans.
50 % du parc de bus en France (RATP compris) est classé en Euro II ou Euro III d’après les statistiques du ministère de l’Écologie, soit davantage que le parc cumulé Euro V et Euro V EEV (43 % au total). Comme nous l’avions déjà indiqué dans le cadre d’un article sur les équipements rétrofit (Bus & Car no 935), les chiffres du parc de véhicules répartis par norme Euro permettent d’apporter un éclairage différent sur l’état du marché français au regard des normes d’émissions. Le constat est identique du côté des autocars: 48 % des autocars sont en Euro II ou Euro III contre 42 % en Euro IV, Euro V et EEV.
À quelques mois du passage à la norme Euro VI pour les véhicules neufs, les renouvellements de parc seront probablement davantage corrélés à l’âge moyen des véhicules plutôt qu’au respect d’une norme Euro particulière. Sauf dans le cas d’une décision des autorités organisatrices ou des collectivités d’exclure de leur parc les véhicules avec une norme Euro jugée trop ancienne. À noter que la RATP ne compte plus de véhicules répondant à des critères inférieurs à Euro I (soit des véhicules mis en circulation avant octobre 1996).
