Entrée de gamme En ajoutant un nouveau modèle plus économique à sa gamme MultiClass, Setra veut dynamiser ses ventes dans l’interurbain. Moins d’options, plus standardisé, le 400 UL Business doit répondre aux besoins renforcés de rentabilité de sa clientèle, notamment en France.
Setra restera toujours Setra. Mais il est des moments où il faut savoir regarder la réalité en face et revoir ses fondamentaux. « Nous apportons la preuve que moins, c’est parfois mieux », avait reconnu Till Oberwörder, directeur marketing vente et après-vente de Daimler Buses, lors de la présentation du nouveau MultiClass 400 UL Business à Neu-Ulm, mi-novembre. Ce nouveau modèle incarne en effet une approche plus économique du segment interurbain dans le catalogue Setra, désignée sous l’appellation Business, et qui vient compléter sa gamme MultiClass UL. Avec un équipement et une liste d’options réduite, les UL Business sont disponibles en trois longueurs et constituent l’entrée de gamme de la marque.
C’est un produit qui doit répondre aux nouveaux contours du marché de l’interurbain et du scolaire en Europe. Sur les neuf premiers mois de l’année, la gamme MultiClass a représenté plus d’un quart des ventes de la marque en Europe, avec 289 véhicules commercialisés. Le design actuel des MultiClass reste celui de la série 400, commercialisée à plus de 5 000 exemplaires depuis son lancement en 2005, contre 11 000 exemplaires pour la série 300, apparue en 1994.
Setra cherche donc à dynamiser sa gamme MultiClass et à s’adapter à un marché changeant. « Pour chaque segment, nous avons une gamme de produits à proposer, y compris sur le marché des lignes régulières. Et le marché de l’interurbain a changé, il s’oriente vers des produits plus standards avec un recul des opérateurs mixtes », explique Till Oberwörder.
Comment les coûts ont-ils alors été réduits? Tout d’abord, Setra met en avant ses importants volumes de production pour son modèle MultiClass 400, avec une architecture modulaire et des équipements (dont l’efficacité a été largement éprouvée) qui ont été amplement rentabilisés. Ensuite, ce Setra sera produit dans l’usine turque de Daimler Buses, à Hosdere et partagera les mêmes lignes que celles de l’Intouro de Mercedes-Benz. De quoi réaliser des synergies industrielles significatives.
Enfin, avec une liste d’options réduite, l’optimisation du produit gagne des points. « L’UL Business reprend les caractéristiques techniques typiques de Setra et garantit la meilleure rentabilité et les meilleurs coûts d’exploitation grâce à son design fonctionnel et ses équipements », assure le constructeur.
Positionné plus largement en Europe sur le scolaire et l’interurbain, le 400 UL Business adopte une configuration plus adaptée à l’interurbain en France. Il est en effet proposé en trois longueurs et capacités: 12,2 m pour 55 places assises (51+4+1), 12,7 m pour 59 places (55+4+1) et 13,38 m pour 63 places (59+4+1). La motorisation se décline en deux puissances, à partir du moteur Euro VI OM 936, 299 ch et 354 ch. Question boîte de vitesses, en plus de la boîte mécanique de série GO 190-6, des versions automatiques sont aussi proposées en option (MB GO 250-8 Powershift, ZF Ecolife et Voith Diva 6). Pour l’ensemble des boîtes, il y aura deux à trois alternatives possibles de rapports de pont.
Côté habitacle, la version de série propose le siège Setra Route. Une fiche d’identité simplifiée pour le 400 UL Business qui doit permettre à Setra de reconquérir des parts de marché sur l’interurbain en France. « Aujourd’hui, nous pouvons proposer un véhicule plus simple qui correspond davantage aux critères des appels d’offres et qui vient compléter nos versions actuelles », explique Matthias Kussmaul, directeur commercial de Setra en France. Le UL Business vient donc compléter la famille MultiClass, par l’entrée de gamme. « La version H se rapproche d’une configuration tourisme, la version UL se positionne sur l’interurbain et le mixte, avec un catalogue d’options très large, tandis que notre nouvelle version UL Business est une offre plus standardisée, avec moins d’options et avec un prix plus avantageux », détaille le directeur commercial.
Si le tarif des UL Business n’est pas encore connu sur le marché français, il devrait, en toute logique, se situer un cran au-dessus de celui de l’Intouro à configuration équivalente: Setra se doit de défendre son image et son positionnement plus haut de gamme comparé à Mercedes-Benz et son best-seller. Interrogé sur le risque de concurrencer l’autre produit phare de Daimler Buses, notamment en France où l’Intouro de Mercedes-Benz domine, le groupe reste confiant. « Le taux de substitution est marginal, et les deux véhicules sont complémentaires. L’objectif n’est pas de cannibaliser nos ventes, mais bien d’en ajouter de nouvelles. »
À l’échelle européenne, le constructeur vise 200 à 250 ventes chaque année pour son nouveau produit. Avec ce modèle meilleur marché dans le catalogue Setra, la marque espère entrer plus facilement dans les réponses aux appels d’offres. « Notre gamme UL fonctionne bien en France, mais nos ventes sont en recul. Le prix posait souvent problème lors des appels d’offres, nos clients nous ont alors demandé de trouver une solution pour qu’ils puissent conserver des Setra dans leurs parcs interurbains », explique Matthias Kussmaul. De la même manière, le marché des Lignes TER constitue un vivier dans lequel compte bien puiser Setra avec ce modèle UL Business, et notamment avec une version low-entry, qui sera développée courant 2014.
– Longueur/largeur/hauteur
12,2 m / 2,55 m / 3,175 m.
– Empattement
6,08 m.
– Nombre de places assises
51 + 4 + 1.
– Volume de soute
5,2 m3.
– Moteur
Daimler OM936 Euro VI, 6 cylindres en ligne, diesel, refroidissement liquide, dépollution EGR + SCR et filtre à particules.
– Cylindrée
7,69 litres.
– Puissance
299 ch.
– Couple
1 200 Nm.
– Boîte de vitesses du modèle essayé
ZF Ecolife 6 rapports (option).
– Freinage
Freins à disques à commande électropneumatique EBS, ABS, ASR.
– Suspensions
amortisseurs hydrauliques télescopiques, roues avant indépendantes, essieu arrière rigide.
– Rétroviseurs extérieurs
réglables électriquement (option), projecteurs antibrouillards (option)
De prime abord, on reconnaît les codes stylistiques de la série 400 MultiClass. Mais à bord, les similitudes avec le Mercedes-Benz Intouro se font jour: instrumentation et présentation intérieure sont identiques. La lecture de la fiche technique lève les derniers doutes. Eh oui! Evobus semble avoir greffé l’emblème Kässbohrer sur un produit Mercedes-Benz issu de l’usine turque d’Hosdere! Pourtant, le résultat est objectivement convaincant, surtout avec la boîte automatique ZF Ecolife 6 rapports. Elle donne à cette entrée de gamme une exceptionnelle polyvalence et un indéniable confort de conduite. La boîte se marie très bien avec le moteur OM 936: les passages et rétrogradages se font en douceur et au moment opportun, à vide ou en charge. L’endurance des 5e et 6e rapports est étonnante sur route et autoroute, et il faut voir là l’explication de la sobriété de l’engin (23,1 l/100 km sur le parcours de la prise en mains réalisé par Bus & Car entre Brive et Chalon-sur-Saône).
Le ralentisseur hydrodynamique intégré à la boîte donne satisfaction si l’on demande un fort ralentissement (les premiers crans sont faiblement tarés). On apprécie la bonne insonorisation (le convertisseur doit certainement y contribuer), tout comme la progressivité du freinage.
L’assistance de direction est bien tarée et le rayon de braquage, en 12,2 m de long, compétitif. Stabilité et confort, tant pour le conducteur que pour les passagers, sont excellents.
La visibilité n’appelle aucune critique, hormis le fait que les rétroviseurs à réglage électrique sont en option.
On pestera contre l’absence d’espaces de rangements et de régulateur de vitesse (pourtant précieux en raison de la boîte automatique). Mesquineries qui rappellent que, Setra ou Mercedes-Benz, le recours aux options demeure indispensable pour obtenir un équipement décent!
• Polyvalence d’utilisation
• Exceptionnel accord moteur/boîte
• Qualité de la direction
• Freinage puissant et progressif
• Bon compromis confort/tenue de route
• Mesquineries des équipements
• Ralentisseur faiblement taré
• Absence d’espaces de rangements
• Témoin d’antibrouillards AR invisible
• Différence de tarif injustifiable
Après l’évolution de la gamme ComfortClass et TopClass, la MultiClass devra encore attendre pour arborer le nouveau design de la marque, adoptée à l’occasion du passage à la série 500. « La gamme MultiClass évoluera également, mais la priorité de nos clients sur ce segment de marché est moins le design et l’extérieur que l’efficacité fonctionnelle des véhicules », a expliqué Till Oberwörder, directeur marketing vente et après-vente de Daimler Buses lors de la présentation à Neu-Ulm.
