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Le Stif prépare l’arrivée du tout électrique

Nouvelle génération Le dernier conseil de l’année 2013 du Stif a entériné la fin des commandes de bus diesels pour l’ensemble de la région Île-de-France. Priorité a été donnée à l’hybride et au GNV pour le renouvellement accéléré du parc, et plusieurs expérimentations sur des bus 100 % électriques ont été décidées. Retour sur les prémices d’une nouvelle ère en Île-de-France.

Alors que Paris affrontait un pic de pollution aux particules fines, la décision du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) d’accélérer le remplacement des bus circulant en région parisienne est arrivée de manière opportune – et à pic – dans l’actualité de la mi-décembre. Dans le florilège de décisions prises par le dernier conseil de l’année du Stif, dont la plus retentissante portait sur une hausse des tarifs de 3 % (hors tickets à l’unité et forfaits zones 1 à 5), l’une d’entre elles concernait tout particulièrement l’évolution accélérée des matériels roulants en Île-de-France. L’objectif est « de réduire de 50 % les émissions de particules fines du parc de bus en 2 ans, d’ici mi-2016 » et « de disposer, à l’horizon 2020-2025, d’un parc de bus tout électrique et de bus GNV biogaz. » À trois mois des élections municipales, le Stif a donc décidé de frapper un grand coup médiatique et d’enfoncer le clou en décidant « qu’aucun marché d’acquisition de matériel roulant en motorisation 100 % diesel ne pourra désormais être notifié. » De plus, les énergies alternatives sont progressivement mises en place, en particulier l’hybride électrique-diesel et le gaz naturel (GNV). Pour les constructeurs, selon leur stratégie industrielle et leur choix technologique, l’annonce peut être perçue soit comme un coup de semonce, soit comme une opportunité.

100 M€ supplémentaires pour renouveler le parc

Pour atteindre ces chiffres ambitieux de réduction de 50 % des émissions de particules fines et d’un parc sans diesel d’ici un maximum de 10 ans, le chantier du renouvellement du parc est colossal. Pour y parvenir, le Stif a choisi d’augmenter ses investissements. L’enveloppe budgétaire consacrée au renouvellement du parc de véhicules est ainsi abondée de 100 millions d’euros pour permettre le remplacement de « 40 à 50 % de bus supplémentaires entre 2014 et mi-2016 » et de dépasser le seuil habituel de 10 % de véhicules renouvelés chaque année. Un coup de pouce budgétaire « permettant de radier rapidement les véhicules les plus polluants du parc de la RATP », précise le communiqué du Stif.

Plus que sur le seul périmètre du nombre de véhicules, le Syndicat des transports d’Île-de-France a également souhaité corriger les effets pervers des véhicules répondant aux normes les plus anciennes, en particulier l’Euro 3. Des véhicules qui « seront tous équipés en filtres à particules d’ici la fin de l’année 2014. » Pour les autres opérateurs de grande couronne, hors RATP, une enveloppe de 32,5 millions d’euros sera dédiée à l’équipement en filtres à particules de « 950 bus et cars » estime le Stif qui n’a pas précisé la démarche pour bénéficier de subventions.

L’hybride, en attendant le 100 % électrique en ville

Les premiers bus hybrides font leur entrée dans le réseau RATP depuis le début de l’année, ils sont issus d’un précédent marché portant sur 48 véhicules remporté par MAN, Heuliez Bus et Iveco Bus. Le mouvement n’est qu’à son début et l’hybride signe une entrée progressive mais soutenue dans le parc francilien, à la RATP comme chez les opérateurs privés. Le Stif a en effet prévu dans ses décisions du 11 décembre dernier « de prendre en charge les surcoûts pour l’acquisition de bus hybrides sur 24 lignes exploitées en zone dense par des opérateurs privés. » Toutefois, il confirme le statut de technologie intermédiaire de l’hybride: « en passant par l’hybride rechargeable », et son rôle de technologie de transition vers le 100 % électrique. Il s’agit donc bien pour l’instant d’une orientation prise vers le tout électrique dont la maturité n’est pas encore au rendez-vous selon le Stif qui attend « que les propositions industrielles » soient « disponibles ».

Entre-temps, une phase d’expérimentation de véhicules électriques est lancée pour l’exploitation d’une ligne avec 10 bus standards « avec un ou plusieurs industriels », précise le syndicat. Peu de constructeurs peuvent se porter candidats sur ce sujet. Solaris, le chinois BYD et Iveco Bus avec son bus hybride rechargeable Ellisup, sont sur les rangs. Présenté à Busworld Courtrai, le concept Ellisup, construit par Iveco Bus et Michelin autour d’une création 100 % française, bénéficiera d’une exposition supplémentaire en étant testé sur une ligne RATP en 2014 (ligne 81 entre Porte de Saint-Ouen et Châtelet).

Le GNV soutenu, l’hydrogène approché

Si l’hybride et l’électrique concentrent les projets du Stif pour faire évoluer le parc de véhicules, le conseil souhaite toutefois garder les coudées franches et tester toutes les options en terme d’énergies propres. Déjà présent dans le parc de la RATP, le GNV (gaz naturel pour véhicules) bénéficie d’un regain d’intérêt en Île-de-France et s’inscrit dans la tendance positive observée dans d’autres grands réseaux urbains en France. L’autorité organisatrice explique avoir demandé à la RATP « d’effectuer les études pour la création d’un second centre bus au GNV » qui viendrait compléter celui existant aujourd’hui à Créteil, dans le Val-de-Marne. Quatre-vingt-dix nouveaux véhicules standards GNV sont ainsi prévus. La région souhaite être prête « si la portion de biogaz injectée dans le réseau venait à augmenter dans les prochaines années. »

Moins avancée, l’approche du Stif pour les bus à hydrogène (ou bus à pile à combustible, fuel cell en anglais) démarre en douceur. Elle aura fort à faire pour rattraper son retard quant à l’expérience acquise par d’autres grandes villes européennes comme Londres. La démarche reste donc encore timide sur l’hydrogène et passe, en 2014, par une candidature de la RATP au programme européen CHIC (Clean Hydrogen in European Cities) pour faire de Paris l’une des villes test.

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Auteur

  • Bruno Gomes
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