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Le texte de la réforme ferroviaire doit être amélioré

Alain Rousset Le président de l’Association des régions de France et du conseil régional d’Aquitaine ne mâche pas ses mots contre la SNCF. Et attend de la réforme ferroviaire qu’elle accorde plus de pouvoirs aux régions.

Le conseil régional d’Aquitaine refuse de payer la hausse annuelle liée à l’exploitation des TER. Pourquoi?

Nous refusons de payer pour un service qui ne cesse de se dégrader. La ponctualité est très insuffisante et les incidents pour cause de manque de matériel roulant se multiplient. Dans ces conditions, nous avons estimé que rien ne justifiait les 6 millions d’euros d’augmentation que nous réclamait la SNCF.

La situation que vous décrivez n’est pas nouvelle. Pourquoi votre refus de payer intervient-il cette année?

Parce que nous avons atteint un point de rupture avec la SNCF. On nous réclame des augmentations sans aucun effort en contrepartie, sans aucune amélioration de service. Même s’il y a des progrès sur la transparence des comptes de ligne, on est encore loin d’une situation satisfaisante. Je resterai donc ferme sur mon refus de payer l’augmentation réclamée. La SNCF réclame 3 à 6 % de hausse tous les ans: elle doit donc avoir des réserves…

Comment la direction de la SNCF vit-elle ce bras-de-fer?

La SNCF comprend. Nous participons de façon conséquente aux investissements, au-delà de nos compétences. La région Aquitaine a commandé de nouvelles rames TER [22 rames Régiolis et 24 Régio2N, ndlr] pour un total de 400 millions d’euros. Je ne veux pas laisser filer le système. La région prend le parti des usagers qui ont besoin de transports collectifs efficaces.

Qu’attendez-vous de la réforme ferroviaire?

Qu’elle renforce l’efficacité du système. Les régions doivent devenir de vraies AOT. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous finançons 100 % des trains sans en être propriétaire. La SNCF doit être “challengée” et la transparence des comptes doit être améliorée. Les pénalités sont actuellement dérisoires. L’Association des régions de France [ARF] doit rediscuter le montant de ces pénalités. Le sujet de la gouvernance des gares doit également être mis sur la table. Mais j’attends au préalable que la SNCF et RFF s’entendent sur qui fait quoi. Enfin, il faut que les régions puissent établir le prix des billets de train.

Pour l’instant, je ne suis pas en mesure de dire que ces requêtes vont être prises en compte. Le texte actuel doit encore être amélioré.

Comment réagissez-vous aux propos de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports [Fnaut] qui considère que les régions ne sont pas assez fermes avec la SNCF?

C’est nul et incompréhensible. Il n’y a qu’à voir les réponses à vos questions pour comprendre que la déclaration de la Fnaut n’a aucun sens. Ils se réveillent bien tard. C’est un coup médiatique, un buzz insensé.

Les régions doivent-elles envisager des transferts de ligne vers la route?

Il n’y a pas de sujet tabou. Pourquoi maintenir un service quand il n’y a personne dans le train? S’il y a moins de dix personnes dans un train, il ne doit pas être compliqué de déplacer le service du rail vers la route. Tout le monde s’interroge sur cette possibilité. Il faut envisager du transport à la demande dans les régions.

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Auteur

  • Yann Buanec
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