Ne boudons pas notre plaisir, et considérons que le lancement de la grande réforme de simplification des collectivités territoriales, lancée par François Hollande lors de sa très attendue conférence de presse du 14 janvier, sera bien le pas de géant promis. Bien sûr, en aparté, Marylise Lebranchu, logiquement en charge du dossier, temporise déjà les propos réformateurs de son patron. Il est vrai qu’elle s’est heurtée de plein fouet au dossier dans le cadre du premier volet de la loi de décentralisation, et que le résultat des votes n’a pas toujours été à la hauteur des attentes.
Mais restons optimistes et ne désespérons pas non plus à la vue des multiples levées de boucliers qui ont suivi cet effet de manche. Après tout, que le département des Hauts-de-Seine ait plus d’affinités avec les Yvelines qu’avec la Seine-Saint-Denis n’a rien de vraiment étonnant. Et que chacun des élus en charge d’une collectivité veuille défendre sa raison d’être ne devrait pas non plus nous étonner outre mesure. Pourtant, quand chacun s’accorde à considérer que des changements majeurs doivent être opérés pour que la France puisse aborder plus sereinement les années à venir et que d’importants efforts sont tous les jours demandés aux électeurs, les querelles de chapelles, voire de clochers, auxquelles nous assistons impuissants ont une fois de plus de quoi inquiéter.
Aux vues de la bronca du moment, on peut légitimement se demander ce qu’il restera du texte initial – si tant est qu’il suive bien les prescriptions du chef de l’État – une fois passé sous les fourches caudines de l’Assemblée et du Sénat. D’aucuns parlent d’ailleurs de référendum, une manière élégante de passer outre les freins habituels, mais avec les dangers que l’on sait lorsque l’exécutif manque si cruellement de popularité. D’autres évoquent clairement le recours intensif au système des décrets pour imposer la volonté gouvernementale. Une hypothèse qui permet de mesurer la confiance que porte le chef de l’État à sa majorité concernant cet épineux problème du partage des pouvoirs locaux…
Restons optimistes, même si la tempête accouche d’un verre d’eau, les débats houleux à venir auront au moins deux mérites: ils mettront en lumière de vraies problématiques et permettront d’identifier clairement les empêcheurs de circuler en rond.
