Que ce soit à droite comme à gauche, la campagne strasbourgeoise peine à démarrer.
Si Fabienne Keller (UMP) semble déterminée à barrer la route au deuxième mandat de Roland Ries (PS), les deux principaux challengers tardent à dévoiler leur programme de manière précise. Conclusion: mi-février, les administrés sont encore dans le flou.
Côté bilan, Roland Ries (PS) se félicite d’être parvenu à mettre en place 14 000 places de stationnement de vélo, d’avoir lancé 8,8 kilomètres de tramway et de bus à haut niveau de service, d’avoir mis en circulation le TGV Rhin-Rhône en 2011 et d’être parvenu à faire progresser de 25 % la fréquentation des transports en commun. À la mi-février, il a dévoilé ses propositions relatives à l’emploi, au soutien des entreprises dans le cadre de marchés publics, à l’attractivité économique de la ville et au développement d’une ville numérique. Il est cependant difficile de se faire une idée de ce qui attend les usagers qui fréquenteront l’isoloir côté PS.
Fervent défenseur du prolongement de la ligne D du tram de Strasbourg à Kehl, que le programme fédéral allemand s’est engagé à soutenir en décembre dernier à hauteur de 19 millions d’euros (sur un coût total de 87 M€), Roland Ries avait assuré à l’époque que « cette liaison facilitera, à l’horizon 2016, les déplacements et les interactions entre Strasbourg et Kehl et permettra de mieux desservir le quartier du Port-du-Rhin et de structurer le développement urbain ». Peut-être l’un des thèmes majeurs de sa campagne? Suspense.
À droite, Fabienne Keller plaide pour la réalisation, à horizon 2025-2030, d’un quartier d’affaires à la gare basse, près de la gare comme son nom l’indique. Un lieu qui se voudrait attractif à l’échelle européenne, mais qui serait aussi tourné vers l’emploi, la création ou le développement durable. Ce projet de faire émerger un hub où se côtoieront l’ensemble des modes de transport de l’agglomération: tramway, bus, avion et voiture, est le fer de lance de ce qu’elle estime être une reconquête urbaine. Une proposition qu’elle défendait déjà en 2001.
Côté Front de gauche (FG), Jean-Claude Val veut instaurer la gratuité des transports en commun, là où Alain Jund, candidat d’Europe Écologie Les Verts (EELV) s’engage sur un retour du taux de TVA à 5 % pour les transports, une révision des modalités de stationnement adaptées en ville et sur l’opportunité de profiter du numérique pour la gestion des déplacements en temps réel.
Avec son candidat en lice, François Loos, l’Union des démocrates et indépendants (UDI), envisage un virage vertueux avec une amélioration du maillage en bornes pour véhicules électriques, la réalisation de la gare basse ou l’expérimentation de solutions innovantes. Objectif: optimiser le temps d’utilisation d’un véhicule privé comme celui en autopartage.
Enfin, Jean-Luc Schaffhauser, qui porte les couleurs du Front national (FN), vise une baisse « drastique du prix unitaire du ticket de tram » et refuse en bloc le projet de tramway de Kehl.
• 271 782 habitants
• Budget de la ville: 474 M€ (+ 15 % depuis 2008)
• Dette de la ville: 122 M€ (+ 8,8 % depuis 2008)
(Source Institut Montaigne)
