Perspectives La RATP affiche une croissance qui motive le groupe pour partir à la conquête de nouveaux horizons. Le 17 mars, Pierre Mongin s’est exprimé sur les projets en marche et les perspectives de la régie, axés sur la rénovation et l’innovation.
La RATP va-t-elle changer de visage? Le lundi 17 mars, Pierre Mongin, Pdg du groupe, a dévoilé et commenté devant la presse les résultats 2013 de la régie autonome des transports parisiens. Il n’a pas caché son enthousiasme: « Pour la première fois, la courbe d’endettement de la RATP s’est inversée », a-t-il noté. Avec un chiffre d’affaires global de 5,143 milliards d’euros, en hausse de 4,2 %, les résultats sont formels: la RATP se porte bien. Si bien même, que ce ne sont pas les projets qui manquent.
Le groupe se félicite d’avoir atteint un « niveau record d’investissements » en 2013, soit 1,513 million d’euros dont 587 millions ont été consacrés au renouvellement et à la rénovation du matériel existant, notamment sur les RER A et B. Ce chiffre comprend aussi les 453 millions d’euros affectés à la création des lignes de tramways T5 et T7, et au prolongement de 6 lignes: les lignes 4, 12 et 14 du métro et les lignes de tramway T1, T2 et T3. Pierre Mongin s’en félicite: « Je pense qu’on ne reverra jamais ça à la RATP ». Le groupe prévoit de poursuivre ces investissements en 2014, à raison de 1,6 milliard d’euros en Île-de-France.
Dans la perspective du plan Métro 2030, la RATP se considère dans « la plus importante phase de modernisation [du métro parisien] depuis sa création ». L’investissement s’élève à 473 millions d’euros et devrait garantir, dès cette année, des trains de nouvelle génération à un tiers du réseau historique, la rénovation de 273 stations d’ici 2018, et la poursuite du programme d’information aux voyageurs IMAGE en plus des 800 écrans déjà déployés fin 2013.
Ce bon bilan amène le groupe vers les changements auxquels il aspire et lui inspire de nouvelles perspectives. La RATP brigue de nouveaux terrains de développement, le téléphérique urbain par exemple. Dès cette année, la régie aura l’occasion de faire ses premiers pas à Salève, en Haute-Savoie. La région Île-de-France pourrait par ailleurs voir son parc de bus entièrement reconfiguré pour passer au vert, ou plus exactement au tout électrique. Un projet qui tombe à point nommé, après l’épisode de pollution qui a recouvert la région francilienne au début du mois de mars. « Je tiens beaucoup à ce projet », a confessé Pierre Mongin.
Le réseau de bus urbains en Île-de-France transporte un milliard de voyageurs par an et satisfait 83 % des usagers interrogés par le syndicat des transports d’Île-de-France (Stif). « Avec l’évolution des transports vers le Nouveau Grand Paris, quel sera l’impact sur le réseau de bus? » s’est interrogé Pierre Mongin. « Il n’est pas question de le laisser dans une espèce d’attrition. C’est une chance de relancer une dynamique », a-t-il ajouté. Et le projet Bus 2025, un plan à trois temps, est né.
La première phase, qui courra jusqu’en 2017, verra une transition du diesel vers la technologie hybride, le groupe s’étant déjà doté d’une trentaine de bus hybrides en 2013 sur une flotte de 400 nouveaux bus. Dans un deuxième temps, début 2015, quatre lignes denses existantes seront équipées à titre expérimental de bus électriques, dans le cadre d’un appel d’offres en cours. Enfin, l’objectif 2025 consisterait à exploiter des bus électriques sur l’ensemble du réseau. Pour Pierre Mongin, il s’agirait d’« une transformation industrielle considérable » et d’un geste prescripteur à l’échelle mondiale: « Paris est la première destination touristique au monde. Si Paris décide d’éradiquer ses bus diesel, cet exemple sera suivi par de très nombreuses capitales en Europe et dans le monde. Si Paris envoie ce signal, les autres suivront ». Le projet doit être soumis au Stif pour déterminer un scénario de déploiement précis.
La RATP élargit d’année en année son envergure. RATP Dev, sa filiale dédiée à l’exploitation et à la maintenance hors Île-de-France, affiche une contribution au chiffre d’affaires global en hausse de 16,6 %, dont 66,7 % proviennent de l’international. En tête des parts de contribution: le Royaume-Uni avec 35 %. RATP Dev y exploite notamment le tramway de Manchester et a fait l’acquisition de Selwyns Travel, une société de transport interurbain et de transport à la demande. Le groupe mise aussi sur les États-Unis qui ne représentent que 9 % de la contribution de RATP Dev, mais où Pierre Mongin « revendique le leadership en tramways » à Washington et à Tucson (Arizona). En Asie, la filiale a mis en service trois lignes de tramway à Shenyang (nord-est de la Chine). Au Brésil, elle a remporté l’exploitation du futur tramway de Rio de Janeiro. L’année 2014 devrait ancrer ce déploiement international, par exemple en Inde avec la mise en service de la première ligne du nouveau métro de Mumbai.
• 4 591 millions d’euros de chiffre d’affaires (4 494 millions en 2012)
• 3 140 millions de voyages (+ 1 % de trafic de voyageurs contre − 1,5 % en 2012)
• 7 milliards d’euros investis dans l’extension, le renouvellement et la rénovation du réseau depuis 5 ans (+ 65 % par rapport aux 5 années précédentes)
• + 4,9 % de fréquentation dans les transports de surface (dont 30 % pour les bus et 70 % pour les tramways)
• − 1,7 % de fréquentation dans les RER
• − 0,9 % de fréquentation dans les métros
• 3 lignes de métro prolongées
• 3 lignes de tramways prolongées et 2 lignes créées.
• 5,143 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 4,5 % par rapport à 2012)
• 304 millions de bénéfices nets (+ 14,5 % par rapport à 2012)
• 17,2 % de part du chiffre d’affaires pour les filiales (15,5 % en 2012)
• 66,7 % de part du chiffre d’affaires du groupe pour l’international (RATP Dev).
2014: un tiers des lignes renouvelé
2016: les 3G et 4G disponibles dans tous les transports en mouvement
2017: toutes les stations équipées d’éclairages à LED
2018: 273 stations rénovées (fin du plan Renouveau métro)
2030: Octys (système pour réduire l’intervalle entre les trains) déployé sur tout le réseau
2030: 100 % du matériel renouvelé et rénové.
2015: 80 bus passent à l’électrique sur 4 lignes denses
2025: réseau de bus 100 % électrique.
2014: coup d’envoi avec le prolongement de la ligne 14 sur 5,8 km, colonne vertébrale de la nouvelle métropole internationale.
