Nous voilà donc entrés de plain-pied dans le deuxième acte de la mandature Hollande, avec (dixit) « un gouvernement de combat », dirigé d’une main subtile par le nouveau Puck du président: Manuel Valls. Sans présumer de la fin de la pièce et du rôle que tous les acteurs tiendront à la tombée de rideau, que peut-on attendre du livret qui va nous être joué dans les mois à venir? Le maintien aux rênes du transport de Frédéric Cuvillier n’est pas en soi une mauvaise chose. Désormais sous la houlette d’une Ségolène “royale” peu encline à jouer les Titiana, notre ex-ministre et nouveau secrétaire d’État connaît au moins les textes sur lesquels il aura à plancher (à moins que son cabinet ne les ait tous détruits dans l’attente d’un incertain départ…), et a déjà maintes fois dialogué avec les différents acteurs du secteur. En théorie donc, pas besoin d’un nouveau souffleur pour échanger sur la réforme ferroviaire ou sur les liaisons interrégionales en autocar.
Plus ardue peut-être, la réforme territoriale, dont le scénario a été dévoilé dans les grandes lignes par le Premier ministre le 8 avril dernier, sera désormais directement portée par André Vallini. Le tout sous la bienveillance d’une Marylise Lebranchu, sans doute pas mécontente de ne plus porter seule le fardeau. L’homme, épris de justice, est, dit-on, un fin connaisseur des chemins de traverse de la dense forêt de nos collectivités. L’élagage jusque-là entamé par sa nouvelle patronne ayant plutôt contribué à la densification des sous-bois, c’est désormais un costume de bûcheron qu’il lui faut endosser. Un rôle physique donc, et à hauts risques – politiques –, si l’on en croit déjà les premières réactions indignées de la faune sylvaine. Finalement, si ce n’est peut-être ce que les critiques considèrent comme l’erreur de casting de la pièce: l’arrivée inopinée d’Harlem Désir (dans le rôle de Bottom?), ce gouvernement resserré, constitué pour l’essentiel d’intermittents du spectacle ayant démontré qu’ils maîtrisaient plus ou moins bien leur texte, laisse augurer d’une passionnante scénographie. François Hollande a-t-il abandonné son rôle de Macbeth pour celui d’Obéron? La magie de Puck opérera-t-elle? Nous voilà désormais tenus en haleine…
« Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais somme. »
