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L’Alsace met en place sa flotte de Régiolis

Lancement Le 5 avril 2014 en gare de Wengen-sur-Modern, à mi-chemin entre Strasbourg et Sarrebruck, le conseil régional d’Alsace, la SNCF et Alstom ont solennellement mis en service la première rame TER Régiolis. C’est la première d’une série de 24 unités qui achèvera le renouvellement des matériels TER, alors que la région s’apprête à lancer de grands projets ferroviaires dans le cadre du CPER 2004-2020.

Ce n’est que la première rame, mais dix autres vont rapidement suivre dès cette année, puis sept arriveront en 2015, quatre en 2016 et les deux dernières en 2017. Et il convient de rappeler qu’ici il n’y a pas loin du producteur au consommateur, puisque les rames Régiolis sont montées sur le site Alstom de Reichshoffen, installé à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Strasbourg.

Ces 24 rames, une commande de 244 millions d’euros financée par la région, investissement auquel s’ajoutent 15 millions d’euros destinés à la création d’un centre de maintenance dédié, offriront 15 % de capacité supplémentaire aux TER Alsace avec un parc de matériels qui sera alors totalement neuf ou rénové (voir encadré). Sur les 24 rames Régiolis commandées, 18 sont à grande capacité (354 places assises) avec 7 caisses (110 m de longueur). Elles offrent de nombreux accès avec des plateformes d’échanges car elles sont destinées aux services périurbains de l’étoile de Strasbourg. Les 6 autres rames, qui sont plus courtes (4 caisses et 72 m) et de moindre capacité (222 places assises), devraient assurer des TER classiques. Toutes sont bimodes et pourront donc circuler aussi bien sur les lignes électrifiées que sur celles en traction thermique. Parallèlement à la formation des conducteurs et au fur et à mesure des livraisons des rames, des marches d’endurance se dérouleront sur les lignes Strasbourg–Lauterbourg (56 km dont 90 % non électrifiés) et Strasbourg–Mommenheim (23 km électrifiés).

Le bon élève alsacien

Philippe Richert, président du conseil régional d’Alsace, rappelle que la région est en pointe pour l’utilisation des TER comme pour leurs performances et que l’Alsace consacre aux transports près du tiers de son budget annuel d’un montant de 800 millions d’euros! Il souligne aussi que la convention 2010-2018 signée entre la région et la SNCF implique un apport de l’Alsace à hauteur de 150 millions par an pour les coûts d’exploitation (dont le voyageur ne paie que le tiers) et les acquisitions de matériels roulants… Cette inauguration à Wenden-sur-Modern a été aussi l’occasion d’annoncer le lancement du projet de réouverture aux TER de la ligne Bollwiller–Guebwiller fermée au trafic voyageurs depuis 1969. Une réouverture qui mettrait en balance l’option TER classique et l’option tram-train, la seconde permettant une exploitation plus souple et moins coûteuse(1).

Le Régiolis, fer de lance d’Alstom

Jérôme Wallut, directeur d’Alstom Transport, a le plaisir d’avoir le plan de charge du site de Reichshoffen d’ores déjà assuré pour quatre ans avec les 182 rames commandées par 15 régions(2). Il espère que le total symbolique du millier d’exemplaires de Régiolis sera un jour franchi. Il a rappelé en outre que l’autorisation de mise en exploitation commerciale a été accordée le 21 mars pour la série par l’EPSF (Établissement public de sécurité ferroviaire), alors que les 10 rames d’essais ont déjà effectué 1 400 jours de tests cumulés et que 500 agents SNCF (conducteurs, agents du matériel, etc.) sont actuellement en cours de formation pour l’exploitation de ces nouvelles rames.

D’autre part, Jacques Mazard, directeur de la région SNCF de Strasbourg, a annoncé la mise en service commerciale de cette première rame avant la fin du mois d’avril. Il est revenu sur les bons résultats des TER Alsace avec leur excellent taux de ponctualité (voir encadré), leur croissance régulière de trafic et la satisfaction globale des voyageurs à hauteur de 87 %.

Notamment en raison des nombreux passages à niveau existants dans la traversée de l’agglomération de Guebwiller. Nous reviendrons sur cette problématique dans un prochain dossier consacré aux réouvertures de lignes au trafic des TER.

Plus les 34 rames récemment commandées par l’État pour les TET, les trains d’équilibre du territoire.

Fiche d’identité

Réseau: 800 km de lignes dont 63 % établies à double voie ou plus et 44,5 % électrifiés. Le service des TER Alsace se développe sur 628 km de lignes et il dessert 164 gares dont 120 sont équipées de systèmes d’affichage dynamique.

Trafic: 750 trains quotidiens (plus 250 relations par autocar sur 30 lignes routières) qui transportent 77 000 voyageurs par jour, un trafic multiplié par 2,2 depuis 1996.

Le service cadencé TER 200 de la plaine d’Alsace relie, à la vitesse maximale de 200 km/h, Strasbourg, Sélestat, Mulhouse et Bâle.

Ponctualité: 95,4 % des trains sont à l’heure ou ont accusé un retard de moins de 5 minutes en 2012.

Matériels moteurs et remorqués (dédiés aux services TER): 14 BB 26000 (avec réversibilité, pour les TER 200) et 21 BB 25500 pour les locomotives électriques.

18 BB 67400 diesels (avec réversibilité pour les rames RRR) pour les locomotives diesels. 25 autorails X 73500, 12 X 73900 (transfrontaliers France-Allemagne), 4 automotrices électriques Z 11500, 35 rames AGC (dont 22 thermiques, 6 électriques et 7 bimodes). 12 rames tram-train Avanto. 130 voitures Corail plus 13 voitures pilotes Corail pour les TER 200. 24 rames réversibles régionales ou omnibus (RRR et RIO).

De 2014 à 2020, un CPER très ferroviaire

D’ici 2020, l’État, la région Alsace et d’autres collectivités territoriales devraient investir au total 480 millions d’euros dans le volet ferroviaire du contrat de plan État-région. Un effort exceptionnel dont plus de la moitié (260 millions d’euros) est destiné au lancement de la desserte ferroviaire de l’aéroport international de Bâle–Mulhouse(1) en coopération avec la Suisse. S’ajoutent 177 millions d’euros qui seront destinés à la désaturation des nœuds ferroviaires de Strasbourg et de Mulhouse.

À Mulhouse, l’investissement vise essentiellement la création d’un poste central informatisé qui sera intégré dans la future CCR (commande centralisée du réseau) Alsace. L’opération strasbourgeoise comporte un quadruplement des voies sur 10 km au nord de l’agglomération en liaison avec l’achèvement, au printemps 2016, de la seconde phase de la LGV Est-européenne sur 106 km, de Baudrecourt (Moselle) à Vendenheim (Bas-Rhin). D’autres projets, bien plus modestes, auront toutefois un impact certain sur le réseau ferré régional. C’est le cas du lancement des travaux de réouverture de la ligne Bollwiller–Guebwiller (8 km) à hauteur de 20 millions d’euros(2), ou la rénovation de la ligne (Strasbourg) Haguenau–Niederbronn-les-Bains (voie et signalisation: 16,5 millions d’euros).

(1) Ce projet consiste à créer une dérivation de 6 km à partir de la ligne Mulhouse–Bâle avec la construction d’une gare sous les bâtiments de l’aéroport. S’ajoute le lancement d’une LRA (liaison rail-aéroport) avec une offre de 2 à 4 trains par heure et par sens. La gare de l’aéroport pourra également accueillir des TGV.

(2) En décembre 2013 la desserte ferroviaire par TER a été rétablie sur la ligne Mulhouse–Chalampé–Neuenburg (gare frontière en correspondance avec la DB). Une ligne qui sera, en 2015, également parcourue par des TGV Paris, Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau.

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Auteur

  • Michel Chlastacz
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