Scolaire Diminution des effectifs des écoles en zones rurales, accentuation des contraintes budgétaires pour les communes… le car scolaire classique de 50 places n’est plus le réflexe naturel de certaines collectivités. L’Anateep prépare une étude pour guider ses adhérents dans l’achat de minibus scolaires et les adapter à leurs réseaux de transport.
Verra-t-on moins de cars scolaires circuler sur les routes des campagnes françaises? Le traditionnel car scolaire, avec ses 50 places et ses 12 à 13 m de longueur, est en tout cas l’objet d’une étude que publiera, d’ici cet été, l’Anateep (Association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public) pour fournir des éléments économiques et techniques sur l’offre de minibus que l’on trouve sur le marché français. « Plusieurs constats ont été à l’origine de ce projet », explique William Pajot, responsable technique de l’Anateep. « Le dépeuplement de certaines zones rurales, et par conséquent la diminution des effectifs scolaires dans les écoles, font voir, depuis plusieurs années, des autocars de 50 places circuler avec moins de 10 élèves à bord. Ce qui, au passage, suscite régulièrement la grogne des contribuables et amène en toute logique l’idée d’utiliser des véhicules plus petits, ou en tout cas, plus adaptés au nombre réel de passagers transportés. »
La course aux cars scolaires standards dans les zones rurales serait donc sur le point de s’épuiser face au redéploiement des poches d’habitation, plus important dans les zones périurbaines. « Près des grandes villes, l’effet inverse se produit, avec une forte densification des zones alentour qui sont également plus étendues » poursuit William Pajot. Des périmètres urbains plus étendus qui justifient davantage le maintien de véhicules routiers plus capacitaires. Mais ailleurs, leur substitution par des minibus offrirait plusieurs avantages.
Avec des capacités pouvant aller jusqu’à 30 passagers, les minibus sont mieux dimensionnés. Et leurs gabarits plus petits leur permettent aussi de faire preuve d’une plus grande agilité sur les petites routes, a fortiori lors de mauvaises conditions météo. Plus rapides, ils apportent un gain de temps en exploitation et en termes de délais de livraison, et ils sont disponibles plus facilement auprès des constructeurs et de leurs réseaux.
Sur un autre sujet, le minibus semble aussi pouvoir apporter une meilleure réponse aux collectivités: l’accessibilité. Plus simples, les rampes d’accès sur les minibus sont mécaniques dans la plupart des cas et elles sont plus faciles d’entretien. De plus, la hauteur d’accès des planchers des véhicules est meilleure. « Il faut reconnaître que les dispositifs d’accès sur les cars sont techniquement complexes, coûteux et peu pratiques pour les usagers, avec une pente très forte ou des hauteurs très inconfortables pour les plateformes élévatrices », estime William Pajot. D’autre part, les configurations des minibus, grâce à leur moteur à l’avant, « permettent de proposer des accès par l’arrière du véhicule » en plus de ceux sur les côtés.
Autre argument abordé dans l’étude de l’Anateep, le coût d’une offre en minibus. Un argument qui pèse lourd dans le contexte actuel de disette budgétaire. « On parle de compétence transport pour les communautés de communes transférée par les départements, mais cet échelon des communes n’a pas les mêmes capacités financières », souligne William Pajot. Au total, une baisse de 30 % du budget affecté au transport scolaire pourrait être atteinte avec un minibus comparé à un car scolaire, l’essentiel de l’économie étant portée par le poste achat du véhicule. « On peut même dire qu’il est possible d’acheter trois minibus pour un car scolaire classique.
Assurances, consommation, entretien, amortissement plus court, les atouts comptables du minibus se chiffrent sur quasiment tous les tableaux. Côté charges salariales, « le conducteur restera le même, en termes de salaire et de cotisations ». Enfin, côté mécanique, les finances des collectivités pourraient également être gagnantes. « La fiabilité mécanique et la longévité se sont beaucoup améliorées sur ce type de véhicules, autour des 10 ans, contre 15 ans ou plus pour des cars scolaires. » Un problème qui du reste ne pèse pas lourd, les véhicules scolaires réalisant de faibles kilométrages.
Du côté des constructeurs, l’effet porteur du marché du minibus se ressent sur les chiffres de vente. Ce secteur des minis et des midis a réalisé la plus forte croissance en 2013 avec + 27,8 % pour un total de 1 339 véhicules. Il est dominé par les marques Mercedes-Benz et Iveco Bus, avec leurs propres produits complets ou bien avec des versions carrossées par leurs partenaires à partir des châssis constructeurs.
Pour Patrick Damian, directeur adjoint Réseau et minicar de Mercedes-Benz en France, dont la nouvelle offre Sprinter Euro VI a été présentée à Busworld Courtrai, « les minibus offrent des coûts d’exploitation plus abordables et on assiste aujourd’hui à une recherche d’efficience dans les réseaux de transport scolaires ou interurbains qui font comparer l’exploitation d’un mini plutôt qu’un standard 12 ou 13 m, en scindant un circuit en deux ou en le complétant avec ce genre de véhicules par exemple ». Une tendance relevée aussi par Iveco Bus dont les nouveaux véhicules Daily seront présentés début juin. « Les minis ont grandi avec des capacités de transport de plus de 35 personnes, des tonnages de 7,2 t pour nos châssis Daily, c’est une solution plus économique qui est recherchée et qui fonctionne bien grâce à sa souplesse, notamment pour Iveco Bus et avec des partenaires comme Vehixel et Indcar », explique Antoine Garnier, directeur commercial d’Iveco Bus en France. Les minibus ont le vent en poupe…
