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Design-moi un réseau

Étude de cas À l’heure où le transport se régionalise, les autorités organisatrices, comme le syndicat des transports d’Île-de-France, misent sur l’identité visuelle des infrastructures et des véhicules pour homogénéiser leurs réseaux et améliorer le confort des voyageurs.

Des abribus aux bouches de métro, en passant par les rames de tramways ou les accordéons de bus, le transport en commun fait partie du paysage urbain. Si bien même qu’il le construit (ou le détruit) parfois. La nécessité de créer une identité visuelle semble évidente pour adapter le réseau à la ville, voire pour l’embellir, encourager l’intermodalité et faciliter la mobilité des voyageurs grâce à l’homogénéité. Le syndicat des transports de la région Île-de-France (Stif) cherche à construire cette cohérence à travers le design et l’habillage du réseau. « Le design ne se réduit pas à cette seule dimension. Il intègre des éléments fonctionnels, des pratiques des voyageurs », souligne Jean Laterrasse, directeur du laboratoire Ville mobilité transport à l’université de Marne-la-Vallée.

Un réseau en puzzle

En région francilienne, la partie n’était pas gagnée. « L’intégration d’une démarche de design au sein des projets du Stif est, reconnaissons-le, assez récente. […] Les transports en Île-de-France se sont construits avec une multiplicité d’acteurs qui ont chacun juxtaposé leurs marques, leurs codes visuels, leurs signes, compliquant ainsi inutilement les déplacements en transports en commun », explique Christophe Menant, directeur de la communication du Stif. Pour unifier le réseau, le syndicat francilien a misé sur le visuel.

Personnaliser le réseau en lui apportant un design propre implique de s’adapter aux infrastructures existantes. Dans le cas de la rénovation de la station Châtelet-Les Halles, un point de carrefour pour la capitale, Patrick Berger, architecte en charge du projet, explique que l’une des priorités est de « réadapter aux flux un aménagement obsolète, exigu et encombré ». Pour relever ce défi, il précise: « Nous avons travaillé sur trois priorités: simplifier, se situer et s’orienter ».

Le détail au service du global

La cohérence du réseau passe notamment par l’utilisation de matières ou d’identifiants visuels spécifiques et adaptés à la densité du trafic. « Il faut que les matériaux soient industrialisés pour en assurer la maintenance permanente et durable », insiste Patrick Berger. À propos de la station Châtelet-Les Halles, il explique: « Sur les sols, le basalte nous a permis de créer une notion de ralentissement au niveau du contrôle, tandis que le traitement des plateformes d’échanges assure une meilleure fluidité des circulations. […] Les murs seront traités avec des éléments de verre coulés. La matière, une sorte de verre pressé réfléchissant, apporte de la luminosité, un enjeu clé dans des espaces souterrains ». La couleur vif-argent déployée sur les nouveaux trains, RER, bus, T-Zen, tramways et sur certaines lignes de métro depuis octobre 2013 a par ailleurs été spécifiquement créée pour le Stif.

Autre astuce pour consolider l’homogénéité d’un réseau: la cartographie. En 2007, le Stif entreprend de créer une unité visuelle à travers une carte globale du réseau. « Le constat de départ était clair pour nous: aujourd’hui, dans l’esprit des voyageurs, des habitants ou des visiteurs, il n’existe pas d’image générale du réseau au-delà de Paris », raconte Olivier Vacheret, responsable du pôle Informations transport en charge du projet cartographie régionale du syndicat. « L’objectif était de créer une image forte du réseau francilien, relayant un élément parfois méconnu du voyageur: sa capacité à utiliser tous les modes de transport en tous lieux d’Île-de-France ».

Pour intégrer véritablement la mobilité périurbaine, les trains, RER, métros, tramways, T-Zen, lignes de bus etc., la présentation des véhicules est lissée. Olivier Vacheret poursuit: « Cette nouvelle carte du Stif permet de valoriser l’ensemble des moyens de transport en commun en Île-de-France, sans la prédominance d’un réseau particulier ». Les RER et les trains, proches en niveaux de service, ne sont pas distingués visuellement par exemple. « Tout cela doit même conduire à une approche plus large qui permet de restituer les transports dans une vision reliant le présent et le devenir d’un territoire et de ses habitants », conclut Jean Laterrasse.

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Auteur

  • Capucine Moulas
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