De la théorie à la pratique du big bang – territorial en l’occurrence – il y a peut-être un univers dont le gouvernement commence à mesurer toutes les dimensions. Aujourd’hui, la majorité des théoriciens du secteur s’accorde à condamner les effets négatifs de l’expansion permanente du fameux millefeuille depuis les origines de la décentralisation, soit. Sans aller jusqu’à comparer cette inflation à l’action d’un trou noir absorbant les finances locales à la vitesse de la lumière, il semble évident que ce qui commence franchement à ressembler à un chaos organisationnel réclame désormais une réforme de fond, et ce, dans un temps finalement plus court que celui évoqué précédemment par Manuel Walls lors de son discours de politique générale. Évaporée pour longtemps dans l’espace, la popularité du chef de l’État lui offre paradoxalement la possibilité de mener des réformes structurelles difficiles, sans se préoccuper réellement de l’impact de ses actions sur sa bonne étoile. Premier effet de cette analyse, l’annonce récente de François Hollande d’une volonté toute neuve de programmer les élections régionales en 2015 plutôt que 2016. D’ici là, bien entendu, la nouvelle carte régionale française devra être dessinée (au plus tard à l’automne prochain), au grand dam sans doute de quelques élus locaux, plus prompts à la réaction qu’à l’action. Une telle solution aurait tout de même l’insigne avantage, en modifiant totalement la carte électorale, de minimiser autant que faire se peut l’impact d’une possible déconfiture dans les urnes.
Autre accélération de plus en plus souvent évoquée, celle de la suppression des départements, totale ou partielle en fonction des choix de méthode qui restent à faire. Pourquoi attendre 2021, plutôt que 2016 ou 2017? Par sûr en effet, dans l’état actuel des évolutions d’opinion enregistrées, que l’équipe en place soit toujours aux affaires pour un second mandat… Toujours est-il que ce frémissement de particules autour de la réforme territoriale, s’il aboutit, mettra en place un système sans doute bien plus en adéquation avec les besoins d’un état moderne. Il restera ensuite à s’interroger sur la nécessité d’une myriade de communes telle que nous la connaissons. Mais là, nous retomberons dans la soupe originelle.
