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Keolis revoit son pool bancaire

Après une réorganisation de sa gouvernance et une remise à plat de sa stratégie de développement, Keolis a vu son cash mobilisable augmenter, notamment du fait de la renégociation de son crédit syndiqué et de la monétisation de son crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

« Pour Keolis, 2013 a été une année de préparation au développement futur du groupe, en cohérence avec le plan stratégique qui prévoit un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2017 », assurait Jean-Pierre Farandou, président de Keolis, lors de la présentation des résultats annuels début mars. Soit une perspective de 2 milliards d’euros supplémentaires par rapport aux 5 milliards enregistrés en 2013.

Si le groupe est parvenu à tirer profit d’une année commerciale marquée par plusieurs gains dits offensifs dans les Alpes-Maritimes, l’Oise, le Pas-de-Calais ou le Rhône, il a également tiré parti de contrats fortement rémunérateurs, à l’instar de Las Vegas qui devrait ajouter 37 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires sur cinq ans ou de Stockholm qui devrait lui permettre une entrée de chiffre d’affaires de 115 millions d’euros sur huit ans. Dans sa feuille de route, l’exploitant entend faire des partenariats public-privé (PPP) l’une de ses priorités à l’international. Outre le fait que cette formule semble avoir particulièrement le vent en poupe à l’international, le groupe entend aussi miser sur du long terme. Exemple: en 2014, les lancements des tramways de Gold Coast en Australie, et de Nottingham au Royaume-Uni s’étendront respectivement sur 18 et 22,5 ans.

Un levier d’endettement supérieur

En dépit de ce dynamisme commercial sécurisant, Keolis a vu son endettement net passer de 350 millions d’euros en 2012 à 413 millions d’euros en 2013, son cash mobilisable de 394 millions d’euros en 2012 à 527 millions d’euros en 2013, et son levier d’endettement a bondi de 1,58 en 2012 à 1,71 en 2013. Des chiffres qui portent notamment la marque de plusieurs opérations de croissance externe, comme la montée à 100 % au capital du néerlandais Syntus et d’Orléans Express au Canada, montées intervenues courant 2012, mais dont les résultats affectent le bilan 2013 ou l’acquisition de deux sociétés belges qui ont généré 48 millions d’euros de chiffres d’affaires supplémentaires l’an dernier.

Un panorama qui a favorisé la renégociation de son crédit syndiqué. D’autant que le départ de deux de ses financeurs traditionnels a emmené le groupe à revoir son pool bancaire historiquement constitué de 13 institutions. Une remise à plat qui a également été l’occasion de lever 800 millions d’euros contre 515 millions d’euros pour le précédent opus qui arrivait à échéance. Pour solder les 425 millions d’euros du précédent contrat, Keolis a donc dû procéder à un tirage du même montant au titre du nouveau crédit. In fine, cette renégociation a porté sa capacité d’endettement maximum à 3,5X constant sur une durée de cinq ans. Conclusion: « nous avons désormais la capacité financière de notre développement courant et la possibilité d’accompagner une grosse acquisition », résumait Michel Lamboley, directeur exécutif du groupe, en mars dernier.

L’effet CICE

Au niveau de ses comptes sociaux, Keolis a eu recours à un dispositif pour le moins récent: le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) dont l’objectif est d’aider les entreprises à financer leur compétitivité à travers des efforts d’investissement, de recherche, d’innovation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou de reconstitution de leur fonds de roulement. Avec 6 900 personnes embauchées l’an dernier, dont 3 800 salariés en France, Keolis a choisi d’activer le levier social. Dans ce cas de figure, le CICE s’applique aux rémunérations n’excédant pas 2,5 fois le salaire minimum de croissance que les entreprises versent à leurs salariés au cours de l’année civile. Fixé à 4 % des rémunérations 2013, puis porté à 6 % pour les années suivantes, le CICE est imputé au bilan sur l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année au cours de laquelle les rémunérations sont prises en compte. L’excédent non imputé constitue ainsi une créance sur l’État utilisable pour le paiement de l’impôt dû au titre des trois années suivantes. À l’issue de ces trois années, la fraction non imputée est remboursée à l’entreprise.

Ayant procédé à une cession Dailly, c’est-à-dire une cession de ses créances professionnelles et des garanties et sûretés se rapportant à un établissement de crédit, Keolis a ainsi bénéficié d’un encaissement net de 27,9 millions d’euros et une dette de 31 millions d’euros. Au compte de résultat, l’impact du CICE est de 1,6 million d’euros au titre de la cession de la créance, comptabilisé en charges financières. Techniquement, cette opération a porté sur la totalité du montant de la créance liée à la masse salariale éligible et a été réalisée sans recours, notamment en terme de risques de contrepartie et de retard de paiement qui ont été transférés à l’établissement bancaire.

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