Mobilier urbain Toujours à l’espace des mobilités actives, c’est aussi la problématique de la conception des arrêts de bus qui a fait l’objet de prospectives d’aménagement innovantes.
La question de l’aménagement des arrêts de bus semble préoccuper de plus en plus les opérateurs de transports. En décembre dernier, Transamo, en groupement avec Bfluid (recherche prospective & expertise en mobilité et développement territorial), a été choisi par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, anciennement Certu) pour réaliser un rapport d’étude relatif aux aménagements améliorant le confort d’attente aux arrêts de bus.
À l’issue de six mois d’étude, un ouvrage de référence a été présenté le 11 juin dernier dans le cadre du Salon Transports Publics. Premier constat: « Lorsqu’on est usager de bus en périphérie, c’est la double peine: la fréquence est moins importante et le lieu est excentré, allongeant ainsi le temps d’attente ressenti », plaide Sonia Lavadinho, géographe et anthropologue spécialiste des mobilités actives. Partant du principe selon lequel l’attente génère naturellement des sentiments d’inconfort et d’insécurité, comment la rendre moins anxiogène? C’est à cette question que l’intervention de Sonia Lavadinho a tenté de répondre.
À ses yeux, c’est bien dès la conception de l’abribus qu’il faut considérer le temps d’attente « Globalement, l’orientation linéaire des abribus offre peu de possibilité d’interaction entre les voyageurs. Peut-être faudrait-il revoir leur forme? », interroge Sonia l’anthropologue
Autre idée: travailler à modifier la perception du temps. Objectif: réconcilier le temps ressenti avec le temps vécu. S’il devient utile, choisi, opportuniste, etc., le pari semble gagné. Une transformation qui ne peut avoir lieu qu’à la condition de quelques aménagements, notamment en matière d’information voyageurs et de fréquence. « Dans certaines villes, il existe des lieux où les usagers laissent volontairement passer le bus et choisissent de patienter », remarque Sonia Lavadinho.
L’environnement est aussi un élément susceptible de réconcilier les voyageurs avec leurs temps d’attente. Outre la situation géographique de l’arrêt, pas toujours à proximité d’autres lieux d’activité, « une bonne information sur ce qui est disponible dans les 50 ou 100 mètres peut peut-être permettre à certains voyageurs d’appréhender le moment d’attente autrement. Encore faut-il, là aussi, que les horaires de passage des transports soient fiables, accessibles et en temps réel », soutient la géographe.
Dernière piste évoquée dans le cadre de ce débat: proposer des moments culturels. En effet, « l’attente est un moment de réceptivité particulièrement propice à l’apprentissage », estime Sonia Lavadinho. Alors, pourquoi ne pas en profiter pour mettre à disposition des usagers les moyens de le faire?
