Réseau européen Invitée d’honneur du précédent opus du Salon des Transports Publics, l’Italie est revenue en force dans cette édition, avec des projets plein ses valises.
S’il y a deux ans, l’Italie était à l’honneur, c’était Turin qui tenait la vedette. Venue en délégation lors de cette nouvelle édition, elle a choisi de communiquer sur quatre réseaux: Bari, Cagliari, Rome et Milan.
À Bari, une nouvelle ligne ferroviaire reliant la gare centrale à l’aéroport en 14 minutes a vu le jour en 2013. Une vraie révolution sur un réseau ferré régional qui compte 83 kilomètres et 18 trains d’un âge moyen de 6 ans ayant transporté 8,5 millions de passagers l’an dernier. D’une longueur de 7,7 kilomètres, cette nouvelle ligne a nécessité la construction d’un tunnel. « Bari est devenue une passerelle multimodale », résume Maria Francesca Ricchiuto, porte-parole des affaires institutionnelles de Ferrotranviaria. Bientôt un an après sa mise en service, de nouveaux projets sont déjà dans les cartons. Parmi eux, un titre de transport unique pour l’ensemble du réseau régional et une billettique combinée qui alimente actuellement les discussions entre l’exploitant et les compagnies aériennes.
À Cagliari, 130 000 usagers quotidiens fréquentent les transports urbains. Accumulant 9 millions d’euros de pertes en 2009, le réseau devait redresser la barre. « Nous avons décidé de tailler dans les coûts inutiles », avoue Ezio Castagna, directeur général de CTM. En parallèle, il fallait aussi trouver des leviers de productivité. « Nos chauffeurs ne roulent plus 20 000 km par an mais 24 000 km aujourd’hui », confie le dirigeant. S’il bénéficie d’une subvention de la région de 2,40 euros par km, l’opérateur se rémunère à hauteur de 12 millions d’euros par ses recettes commerciales, un seuil qu’il juge difficile de franchir. « Nous sommes plombés par des tarifs d’abonnement trop bas », regrette Ezio Castagna.
À Milan, la compagnie Ferrovienord, s’est engagée dans un vaste programme de lutte contre la déperdition d’énergie de ses trains. Objectif: réduire sa facture énergétique. « Ces cinq dernières années, nous avons été confrontés à une hausse de trafic de 35 % et une progression de 65 % du coût de l’énergie », indique Barra Caracciolo, Pdg de Ferrovienord. Grâce à un partenariat noué dès 2010, avec une école d’ingénieurs locale, des travaux de recherche ont permis mettre sur pied un dispositif de récupération d’énergie issue du freinage des trains. Une fois récupérée, cette énergie est stockée dans les sous-stations, puis réutilisée dans la gare. « Depuis le déploiement de ce système en mars dernier, nous avons réduit notre facture d’électricité (20 millions d’euros) de 20 % », précise le dirigeant.
À Rome, l’opérateur de transport urbain local, a élaboré un plan d’attaque contre la fraude. « Avec d’autres sociétés de transport de l’agglomération, nous avons lancé des contrôles conjoints grâce au lancement d’une billettique intégrée », explique Paolo Toppi, administrateur de Cotral. Une stratégie qui a permis à la société de récupérer 13,5 millions d’euros de recettes liées à la fraude. Pour autant, il reste encore du chemin à parcourir pour contrecarrer les récalcitrants, « nous estimons pouvoir récupérer entre 65 et 70 millions d’euros par an grâce au paiement des amendes », soutient Paolo Toppi.
