Technologie Une conférence basée sur la solution d’échange d’informations sans contact était organisée le 11 juin. Elle montrait quelques utilisations, envisagées ou réelles, de la technologie sans contact, ainsi que les obstacles à franchir pour qu’elles se généralisent.
Dans les transports publics, les applications et les idées pullulent pour développer la NFC, ou communication en champ proche, qui permet l’échange d’informations sans fil sur une courte distance. En revanche, de nombreuses barrières se dressent encore contre sa généralisation. Tel est en substance le message délivré lors de la conférence intitulée « NFC: quels services pour développer l’attractivité des transports publics? ».
Selon Hugo Salaun, président de l’Association française du sans contact mobile (AFSCM): « La NFC pourra donner la possibilité d’acheter son ticket en un clic, juste avant de le valider, ou pourra permettre la gestion du trafic. Elle concernera aussi des choses plus complexes, telles que les titres de transport multimodaux, combinant par exemple un ticket de bus, de train et de métro ». Bien entendu, dans le cas où la technologie serait utilisée pour la dématérialisation des supports, « cela entraînera moins de papier et de plastique, c’est-à-dire des coûts de production, de distribution, de traitement et de recyclage inférieurs. En bref, c’est une source d’opportunités saisissante », a-t-il ajouté.
Face à ces atouts non négligeables, les réseaux de transports français commencent doucement à s’y intéresser. C’est notamment le cas en Île-de-France: « Le Syndicat mixte des transports franciliens (Stif) doit migrer vers une carte de transport du type de l’Oyster Card [le pass sans contact du réseau londonien, qui fonctionne avec la NFC, ndlr], à l’horizon 2017-2020 », a indiqué Pierre Cerne, vice-président chargé des transports et des mobilités de la région capitale. De même, la RATP « espère annoncer très prochainement des choses très concrètes sur le NFC », a indiqué Emmanuel Pitron, directeur général de la régie.
Malheureusement, des problèmes restent encore à résoudre pour que la technologie devienne une réalité en France. En effet, selon Emmanuel Pitron, secrétaire général du groupe RATP: « Au niveau des standards, des progrès ont été faits, mais il faut que les opérateurs de transport, de téléphonie, et les acteurs financiers se mettent d’accord à ce sujet. Ensuite, la question de l’outil, c’est-à-dire du téléphone mobile pose problème. Car les usagers n’ont pas tous les mêmes marques, [et Apple par exemple, ne propose pas la technologie sur ses iPhones, ndlr] et les différents acteurs ont un rôle à jouer. Enfin, le modèle économique reste encore à définir. »
Pierre Cerne a, quant à lui, soulevé un autre problème: « Je reste persuadé que l’acceptabilité par le grand public n’est pas réglée. Lorsque la carte orange a migré vers le pass Navigo au début des années 2000, il y a eu toute une discussion avec des usagers et des associations autour de la défense des libertés publiques, de la traçabilité, de l’anonymat, etc. Il a fallu signer une charte avec des organismes, comme la ligue des droits de l’Homme. »
Aux yeux de Jean-Pierre Farandou, président du directoire de Keolis, ces barrières doivent pourtant être solutionnées rapidement, « sinon, de gros groupes comme Google, Amazon, etc., s’y intéresseront, au détriment de l’industrie française. Dans trois ans, il sera déjà trop tard ».
