Troisième âge C’est un fait, le nombre de personnes de plus de 65 ans devrait passer de 23 % aujourd’hui, à 31 % en 2025. Un phénomène qu’il est nécessaire d’anticiper dans les transports en commun pour éviter de laisser de côté toute une frange de la population. La conférence intitulée « Vieillissement de la population et accessibilité: deux défis à relever », qui s’est tenue le 10 juin dernier, est revenue sur les actions menées et à mener pour faciliter le déplacement de ces personnes.
La rencontre a été l’occasion de rappeler que: « L’accessibilité est souvent limitée aux personnes à mobilité réduite. Certes, elles sont ambassadrices de l’accessibilité, mais elles ont travaillé pour tout le monde, pour toutes les populations pouvant rencontrer des problèmes d’accessibilité. Cela concerne aussi les personnes âgées », a tenu à préciser Marie Prost-Coletta, déléguée ministérielle à l’accessibilité. Alors qu’un report, de 3 à 9 ans, de la mise en application de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, est débattu à l’Assemblée nationale, la déléguée ministérielle rappelle que les solutions à mettre en œuvre rapidement doivent aussi concerner les plus de 65 ans.
Parmi les choses nécessaires à mettre en place, figuraient un matériel adapté, tel que des annonces sonores étudiées, ou des bus à plancher bas qui facilitent la montée et la descente. Un point sur lequel « les constructeurs ont beaucoup avancé », a indiqué Nathalie Courant, administratrice de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et directrice générale de CarPostal France. De même, ajoute-t-elle, il est aussi nécessaire « de penser les arrêts pour qu’ils soient adaptés. Avec par exemple, tout simplement, des abribus équipés de bancs. L’environnement à proximité des arrêts est aussi important. La disposition des stations également. La volonté de certains de développer des réseaux lourds structurants, mais dont les arrêts sont un peu éloignés par rapport aux destinations finales, ne sont pas toujours pratiques pour les personnes qui ne peuvent pas beaucoup marcher sur de longues distances ».
La question des nouvelles technologies, qui peuvent encourager l’accessibilité, a également été évoquée. Marc Delayer, vice-président de l’UTP et directeur général des transports publics du Choletais, a ainsi détaillé que « selon une étude que nous avons réalisée dans notre région, portant sur la perception des nouvelles technologies par les personnes vieillissantes, la fracture numérique, qui existe, certes, est en train de se combler. Cela est particulièrement vrai pour les populations de 65 ans qui ont accès à internet. Cependant, cela ne veut pas dire qu’elles sont forcément à la pointe des technologies au niveau des smartphones ». Il est donc nécessaire d’y délivrer une information simple, « qui ne nous exonérera pas pour autant de mettre à disposition l’accès physique à l’information », a estimé Nathalie Courant.
La directrice générale de CarPostal France a aussi insisté sur la nécessité d’assistance: « En ce qui nous concerne, nous avons décidé de mener des actions ciblées à destination de ces populations vulnérables. Par exemple, nous nous rendons directement dans les maisons de retraite pour informer, mais aussi proposer un accompagnement personnalisé dans les transports », cela afin d’aider les personnes des troisième et quatrième âges à acquérir les bons réflexes. « Ce système a plusieurs avantages. Il permet de contribuer à encourager des personnes parfois réticentes à se déplacer, il encourage le bouche à oreille et permet aussi de faire remonter des informations concernant notre réseau. Il se prête particulièrement bien aux petites agglomérations, plus conviviales », ajoute-t-elle.
