Scania Citywide LF Bus & Car inaugure un nouvel itinéraire d’essais dédié aux bus urbains, et pour ce premier rendez-vous, Scania a relevé le défi en présentant son modèle urbain, équipé d’un nouveau moteur plus réduit.
S’il n’est pas passé inaperçu auprès des conducteurs de bus croisés pendant notre essai, comment se comporte ce véhicule, ambassadeur des ambitions du constructeur suédois en France sur ce segment?
Successeur de l’OmniCity, le Citywide a été présenté pour la première fois à Busworld Courtrai 2012, avant des livraisons effectuées à partir de la mi-2013. Modèle récent et répondant aux configurations Euro VI, le Citywide tente de se faire un nom en France. Neuf exemplaires du Scania urbain (version 18 m, moteur 9 litres et boîte ZF) ont trouvé acquéreur sur le marché français, à Angers, près du siège de Scania dans l’Hexagone et de son usine de fabrication de poids lourds.
Les premières livraisons réalisées en novembre 2013 font du Citywide le premier urbain Euro VI livré en France, coiffant au poteau ses concurrents, une belle performance pour le constructeur suédois qui s’attelle à combler une faible présence dans le transport urbain. « En tant que nouvel entrant sur l’urbain, nous comptons profiter de l’engouement autour du GNV pour mieux valoriser nos motorisations GNV et remporter des commandes sur les marchés en cours et futurs, de renouvellement de parcs gaz », explique Olivier Toublanc, chef des ventes autobus chez Scania. Un segment qui a le vent en poupe ces derniers temps en France. C’est d’ailleurs le Citywide GNV qui a été référencé par la CATP d’Agir, une première, tandis que l’offensive commerciale de Scania s’est aussi concrétisée par un référencement auprès de l’UGAP (pour la version Low-Entry).
Mais le thermique reste bien entendu d’actualité pour le Citywide, comme l’illustre l’introduction, à Busworld Courtrai 2013, du moteur Cummins 7 litres dont est équipé. « Plus léger de 500 kg, il permet aux opérateurs de donner la priorité à la capacité de transport de passagers », commente le responsable de Scania. Le Citywide intègre également les adaptations nécessaires pour Euro VI. « Nous avons maintenu le 100 % EGR jusqu’à Euro V EEV, et aujourd’hui, nous avons intégré EGR, SCR et FAP pour l’Euro VI », détaille Olivier Toublanc.
Une intégration qui se signale à l’extérieur avec le moteur transversal: à l’arrière, la dernière rangée de sièges posée sur le bloc moteur et la baie vitrée. « Euro VI impose la maîtrise des températures, nous avons gardé la partie basse, mais en haut. L’échappement est déplacé en haut à gauche, en miroir de l’arrivée d’air frais déjà présente. Nous avons également ajouté un déflecteur, la vitre a été conservée mais elle est opaque ». Conséquence, à l’intérieur, une perte de luminosité à l’arrière, compensée avec efficacité par l’agrandissement des baies vitrées latérales.
Après l’Omnicity, prédécesseur du Citywide dans la gamme urbaine de Scania et commercialisé à 440 exemplaires en France, dont 239 à la RATP et 97 à Angers, Scania espère rajeunir son parc urbain en France et retrouver la voie des appels d’offres des villes françaises.
Le Citywide de notre essai présente une configuration italienne, reconnaissable par exemple au panneau d’appel à trois boutons pour les UFR, aux sièges Kerr en version familiale ou encore aux trois portes, « plus répandues en Italie qu’en France ». Les portes métro Ventura sont électropneumatiques et la girouette, de marque Aesys.
Mais ce véhicule se distinguait surtout par son moteur “petit format” de 7 litres, fabriqué par Cummins et spécialement dédié aux usages urbains « grâce une réduction du poids de 500 kg, sans perte de puissance » (280 ch), mais plus à l’aise dans les topographies planes. Enfin, équipé d’un réservoir supplémentaire de 150 litres, notre Citywide était prêt à affronter un parcours beaucoup plus long que nos 55 km d’essai.
Moins cubique, le Citywide a gagné en rondeur. Des modifications extérieures ont été portées à l’arrière et sur les côtés, avec l’agrandissement réussi des baies vitrées. Mais c’est la face avant qui regroupe le plus de nouveautés. « Elle a été revue pour faciliter l’accès aux organes et aux pièces, le pare-chocs a été simplifié, la girouette intégrée, plus aérodynamique, plus fluide », explique Olivier Toublanc.
Les codes esthétiques de Scania ont été appliqués à la calandre, comme l’effet T-rapped, ou et enveloppant, même s’il reste moins visible que sur le Touring. En revanche, à l’arrière, le Citywide manque de légèreté et a conservé un aspect massif, alourdi par l’absence de lunette claire arrière.
À l’intérieur, côté coloris, les différentes zones de l’habitacle se déclinent en nuances de gris, clair et lumineux pour celles des passagers, foncé pour le conducteur et sombre pour les parties techniques (réservoirs).
Si le Citywide permet toutes les configurations en termes de répartitions de sièges, il doit toutefois composer avec certaines particularités. En termes d’accessibilité, on regrettera l’absence de places assises rapidement disponibles dès l’entrée, à l’avant du véhicule: ces espaces sont occupés par les imposants réservoirs de carburant. Mais en contrepartie, l’espace central du véhicule est plus large et offre un véritable plancher plat, soit pour des assises accessibles sans podestes, soit pour dédier des espaces UFR. À noter, toujours à l’avant du véhicule, l’emplacement trop confiné du siège voyageur placé derrière le conducteur. Au chapitre de l’accessibilité, la disponibilité des équipements est privilégiée grâce à l’intégration de la rampe électrique dans le châssis, plus protégée. Très lumineux à l’intérieur, le confort du Citywide gagne aussi des points avec son nouveau moteur 7 litres qui apporte souplesse et fluidité lors des cycles arrêts-démarrages.
Lesté à 88 % de son PTAC, conformément aux conditions requises des essais Bus & Car, le Citywide inaugurait notre parcours urbain. 51 cycles d’arrêts (avec ouverture des portes) ont été reproduits sur notre parcours de 55 km, soit quasiment une moyenne d’un arrêt par kilomètre sur le papier, mais en pratique la distance des arrêts était plus variable.
Il a fallu aussi tenir compte d’un incident de parcours, sans conséquence, mais très révélateur du quotidien de l’exploitation des bus en Euro VI: le réservoir d’Adblue d’une capacité de 31 litres, rempli à 22 % au départ a dû être rempli en cours de route en tombant sous le seuil des 20 %. Le moteur a donc été bridé sur à peine quelques kilomètres du parcours, mais il a repris toute sa puissance après avoir retrouvé du contenu.
En termes de consommation, le Citywide affiche une consommation moyenne de 42,55 l / 100 km avec un minimum de 34,44 l/100 km sur le deuxième tronçon du parcours, et un maximum de 47,33 l/ 100 km sur le troisième tronçon.
– Longueur/largeur/hauteur
11,98/2,55/2,98 m.
– Moteur
7,7 l développant 280 ch.
– Boîte de vitesses
Automatique ZF Ecolife à 6 rapports et ralentisseur intégré
– Freins
AV et AR.
À disque intégral avec ABS, EBS.
– Suspensions
Pneumatiques intégrales à gestion électronique.
– Réservoir
150 + 150 litres (réservoir supplémentaire de 100 litres en option).
La découverte du Citywide LF 12 m est une très agréable surprise. Malgré le pari du petit moteur Cummins de 7,7 litres, le mariage avec la boîte automatique ZF Ecolife 6 rapports et le pont arrière Scania ADA1250 (rapport 6,2/1) est parfaitement réussi. Cet autobus, même en charge et dans les montées, n’est absolument pas sous-motorisé. L’astuce est dans la boîte: la ZF Ecolife s’adapte instantanément aux conditions de roulage et change les rapports en conséquence. C’est aussi la première fois qu’elle se révèle aussi douce sur un autobus Euro VI dans ses rétrogradages! Scania, Cummins et ZF ont effectué là du beau travail d’intégration.
Le freinage est également puissant et facile à doser.
La surprise vient du confort: Scania a réussi à faire oublier l’essieu rigide avant! Précision de conduite et filtrage sont satisfaisants. Bravo. Seuls les très mauvais revêtements seront ressentis.
Le poste de conduite est également séduisant: vaste amplitude de réglages pour le conducteur, planche de bord et volant aux plastiques de belle facture, sans oublier une ergonomie soignée. Dommage que les ferrures du réglage du tableau de bord se reflètent dans le pare-brise: un peu de peinture noir mat et on n’y verrait rien. Les bouches de ventilation sont nombreuses et pourront être manipulées sans crainte de les casser. La rétrovision, surtout avec l’antéviseur à commande électrique optionnel, est excellente.
Une machine que l’on pourra mettre entre toutes les mains, d’autant plus facilement que le rayon de braquage est excellent. Deux regrets toutefois: la découpe des portes avant qui entrave, portes ouvertes, la rétrovision (on ne peut voir complètement l’embarquement des passagers), et un portillon dépourvu de porte-sacoche.
• rayon de braquage
• visibilité
• ventilation soignée
• accord moteur-boîte réussi
• progressivité du freinage
• manque d’espaces de rangements
• reflets dans le pare-brise
• témoins d’éclairage invisibles
• découpe de porte avant pénalisante aux arrêts
Le choix du “petit” 6 cylindres Cummins de 7,7 litres sur le modèle d’entrée de gamme Scania Citywide n’apporte que du bonheur. Il assure une douceur de fonctionnement appréciable, et surtout, sa compacité facilite l’accès aux organes dans la salle des machines. Implanté transversalement, on accède directement aux niveaux, au filtre à air, au chauffage additionnel Spheros et à la partie échappement côté turbocompresseur. Un portillon côté droit donne accès à toutes les poulies et machines tournantes. Le filtre à particules (dont la cartouche seule se retire et relève de l’échange standard) est dans la tour avec l’ensemble du système d’échappement vertical. Le tamis à cendres est à changer tous les 90 000 km (ou 6 000 heures de marche). Les intervalles de vidanges sont prévus tous les 22 500 km ou 6 mois (ou à 1 500 heures de fonctionnement).
À propos de l’huile, une originalité: du fait de l’implantation mécanique, le niveau se vérifie et se complète via une nourrice située à droite de la trappe d’accès moteur. Solution élégante et pratique qui compense une disposition mécanique inhabituelle. Le gazole et le réservoir d’AdBlue sont sur le flanc droit, distants d’un mètre l’un de l’autre.
Alors, tout sourire le mécanicien? Oui, s’il fait moins de 1,80 m. Car les serrures du capot sont proéminentes et agressives pour l’occiput! Les grands préféreront compléter le niveau de lave-glace et changer les ampoules de phares, aisément accessibles et sans risques de blessures!
• accès aux niveaux usuels soigné
• bonne accessibilité aux organes mécaniques
• filtre à particules en échange standard
• espacement de la maintenance serré
• serrures du capot moteur agressives
• accès aux éléments d’échappement
