VDL Lauréat en 2011, le Citea SLFA présente plusieurs nouveautés à l’occasion du Bus Euro Test 2014: sa longueur, 18 mètres articulés, et sa motorisation, un Iveco Cursor 9 Euro VI. Il reprend de la version standard, sa légèreté et son efficacité d’exploitation.
Le VDL Citea SLFA est le poids plume de cette édition du Bus Euro Test 2014. Avec 16 tonnes, il fait la démonstration que l’objectif de réduction de poids de VDL dans le développement de ses véhicules n’est pas un mirage, y compris sur les versions les plus massives comme sur cet articulé.
Présent à la précédente édition du Bus Euro Test à Versailles avec le Citea LLE (Light Low Entry), le constructeur a entre-temps bouclé sa gamme Citea lancée il y a 5 ans en ajoutant le Citea SLFA présenté à Courtrai en 2013. Il en reprend les atouts. La qualité et la continuité du plancher plat sur toute la longueur du bus sont à souligner. On note la bonne accessibilité des sièges dès l’entrée et au niveau de la porte centrale, sans podestes. Mais ce n’est pas le cas pour les sièges précédant la rotonde, moulés sur un large bloc surélevé qui abrite les réservoirs et permet une meilleure répartition de charge. À l’arrière, l’impressionnante colonne oblique côté droit cache le compartiment moteur et permet toutefois de libérer le côté opposé pour y installer des sièges ou une troisième double porte. Ce modèle à deux portes, évalué à 340 000 €. Un bémol, facile à corriger cependant, au niveau de la rotonde de l’articulation de fabrication Hubner: elle se révèle glissante une fois mouillée malgré la pose de bandes antidérapantes.
À l’intérieur, la qualité de finition de l’habitacle apparaît dès les premiers tours de roue: les plastiques sont silencieux, les vibrations inexistantes et le puissant moteur FPT de 360 ch ronronne sagement dans les graves en arrière-plan. Un mérite qui revient entièrement aux moteurs Euro VI de FPT Industrial, « silencieux, économes et puissants », dixit les responsables de VDL Bus & Coach. Ils sont du reste devenus les meilleurs commerciaux pour vanter la qualité des moteurs de FPT Industrial (Fiat Powertrain Technologies Industrial, intégrée dans CNH Industrial comme Iveco Bus et Heuliez Bus).
L’image extérieure du véhicule, modernisée par les blocs optiques en LED, joue la discrétion, voire la monotonie. Un constat valable aussi pour les couleurs à l’intérieur: des gris pas vraiment folichons, voire un peu tristes malgré le jaune réglementaire des barres de maintien. Mais VDL n’a jamais prétendu vendre un bus tendance ou design. Et son produit n’apparaît pas pour autant démodé. « C’est un véhicule résistant et endurant », explique Alex de Jong, responsable transport public de VDL, « nous avons voulu le rendre simple, efficace et basique, mais adaptable aux besoins du client ». Un choix qui ressort également dans la sélection des équipementiers de son véhicule: FPT pour les moteurs (qui détrône DAF), Hubner pour l’articulation, ZF pour les ponts et les transmissions, ainsi que Voith.
Détail pratique qui a son importance dans le quotidien de l’exploitation: parterre, les angles arrondis ont été étudiés pour faciliter le nettoyage des sols et faire gagner quelques minutes au personnel d’entretien. Cela est révélateur du souci du constructeur néerlandais de rester concentré sur l’efficacité et le rendement de son véhicule appuyés par une certaine sobriété, voilà finalement ce qui transparaît dans ce véhicule.
Longueur/largeur/hauteur
18/2,55/3,12 m.
Moteur
FPT Cursor 9 C87 Euro VI, 360 ch.
Boîte de vitesses ZF Ecolife 6 rapports
Freins
À disques avec ABS, EBS, ESP et ASR.
Suspensions et essieux
Essieu avant ZF, suspension à roues indépendantes. Essieux milieu ZF AVN 132 et arrière ZF AV132, suspension pneumatique.
Capacité et aménagement
153 passagers, 51 sièges, 2 UFR, 3 portes.
Réservoir
315 litres (AdBlue 40 litres).
– Qualité des finitions
– Ingéniosité de la conception
– Accessiblité
– Esthétique terne et monotone
– Luminosité réduite à l’intérieur
– Aménagements techniques surprenants (sièges moulés)
De prime abord le VDL Citea SLFA n’a rien pour susciter l’envie ou l’admiration: son aspect austère le dessert. Mais une fois que l’on a roulé avec, le sourire est de mise: le moteur (un Iveco/FPT Cursor Euro VI) est à la fois d’une grande discrétion et d’une vigueur étonnante. Il se marie très bien avec la boîte automatique ZF Ecolife qui réagit promptement et en douceur aux sollicitations et aux déclivités.
La direction est excellente: filtrage, rayon de braquage exceptionnellement court, et bonne prise en mains du volant sont des arguments de poids. Dommage que la planche de bord soit si triste et si chichement présentée: les vis sont apparentes et l’immobiliseur d’arrêt exige d’être soulevé pour être actionné, ce qui en réduit l’intérêt. Seul couac au niveau de la finition: des buses d’aération sur la planche de bord qui n’inspirent vraiment pas confiance et qui se sont avérées impossibles à orienter.
Le pédalier est à l’ancienne avec une articulation au plancher, on s’y fait très vite, et en usage urbain c’est finalement reposant. La visibilité est très bonne, mais la position basse du rétroviseur gauche le rend sensible aux reflets de la vitre conducteur. Atout des parois et des portes verticales: lorsque la porte avant est ouverte, on voit parfaitement les emmarchements arrières, sans besoin de caméras ou autres subterfuges. Le portillon prévoit un support pour une grande sacoche et l’espace habitable est bon, bien aidé aussi par l’assise inhabituellement basse.
Le ralentisseur à commande au volant est très appréciable, d’autant que le ralentisseur hydraulique s’est révélé puissant et réactif. Bref, un quasi-sans-faute pour ce VDL qui mérite d’être découvert!
• direction excellente
• moteur coupleux, vigoureux et discret
• confort de marche
• ralentisseur agréable et efficace
• ergonomie générale
• présentation sinistre
• aérateurs camelote
• reflets dans la vitre du conducteur
VDL mise beaucoup sur la standardisation et l’interchangeabilité des pièces avec le Citea SLFA pour optimiser les temps de maintenance. L’accès à la salle des machines est extrêmement simple et peut être amélioré en quelques secondes en déposant la traverse arrière.
L’accès aux niveaux usuels (huile moteur, liquide de refroidissement) est aisé et il est très facile de déposer les alternateurs. Les fluides hydrauliques sont logés près des radiateurs et des échangeurs situés côté gauche.
La standardisation des éléments de carrosserie est extrêmement poussée, ils sont teintés dans la masse, interchangeables et faciles à réparer tout en étant peu sensibles à la corrosion (ils sont en matériaux composites). C’est le seul concurrent de l’essai, avec l’Iveco Urbanway Hybrid à se passer de la vanne EGR, source de tant d’ennuis sur les moteurs diesels travaillant en milieu urbain.
Avec euro VI, le moteur FTP Industrial/Iveco Cursor profite de l’accroissement de cylindrée pour se passer de turbocompresseur à géométrie variable, un autre avantage, à terme, en fiabilité.
Les niveaux sont extrêmement simples à faire et VDL a même pensé à intégrer un contrôle visuel de niveaux courants par lampes témoins dans la trappe à AdBlue: bravo! Le système de contrôle et d’appoint d’huile automatique Groeneveld Oilmaster est ici parfaitement intégré.
Le nettoyage du plancher est rendu très facile par la suspension des sièges par cantilever. En option, on peut disposer d’éclairage avant par projecteurs à LED d’origine Hella, ce qui offre l’avantage par rapport aux Xenon de ne pas imposer les coûteux systèmes obligatoires, tels que correcteur d’assiette et lave-phare, tout en bénéficiant d’une durée de vie considérable sans avoir à changer les ampoules (au demeurant faciles d’accès).
• accessibilité aux organes excellente
• bonne protection face à la corrosion
• moteur Iveco FPT Industrial simplifié
• contrôles usuels bien pensés
• certains plastiques de la planche de bord sont fragiles
• intervalles de maintenance peu espacés
• quid du réseau SAV en France?
