Multimodalité Sous l’égide d’Éric Omnès, du cabinet OE Consultant, et avec le renfort des partenaires de l’opération, les invités ont planché trois jours d’affilée sur l’enrichissement, aujourd’hui nécessaire, de certains appels d’offres. Objectifs: passer de la théorie à la pratique en un laps de temps limité et travailler de façon collégiale.
L’idée de départ de l’exercice auquel se sont livrés les invités des 7es Rencontres Jeunes Dirigeants est le fruit d’un constat désormais récurrent. « Certains des conseils généraux parmi les plus dynamiques veulent aujourd’hui, dans le cadre des délégations de services publics enclenchés pour les transports scolaires, que les opérateurs mettent bien mieux en avant l’étendue de leur savoir-faire», explique Éric Omnès en préambule.
Dans un cadre économique de plus en plus restreint, il n’est pas seulement possible, mais bien souvent souhaitable, de faire des propositions apportant un plus au client – et à ses électeurs – afin d’intéresser les autorités organisatrices de mobilité (AOM). « Dans bon nombre de cas désormais, poursuit Éric Omnès, l’appel d’offres comporte, outre l’offre de base, une ou deux variantes encadrées et une variante libre facultative. Bien souvent, les entreprises qui n’ont pas jugé nécessaire de répondre à cette dernière se retrouvent en difficulté.»
Face à l’évolution constatée de la demande des élus qui réclament du choix, voire de l’originalité, les exploitants doivent à présent envisager cette possibilité qui leur est offerte de s’exprimer. « Parallèlement, ce qui pourrait passer pour une nouvelle contrainte doit aussi être considéré comme une source possible de recettes supplémentaires, parfois loin d’être négligeable», analyse Éric Omnès. En revanche, ce type de travail qui repose sur une bonne connaissance du marché, ce qui est généralement le cas pour les autocaristes, mais aussi des élus et de leurs préoccupations du moment, est dévoreuse de temps et peut s’avérer assez difficile à mettre en œuvre. « C’est parfois le temps de réaction des élus qui peut paraître long à un opérateur qui s’est beaucoup investi dans une offre complémentaire, mais il faut que l’AOM finisse par s’approprier cette dernière, après, quelques fois, ce qui s’apparente presque à un travail de lobbying», prévient encore le consultant.
Certains opérateurs, notamment ceux qui travaillent dans ou en bordure de grandes agglomérations, objectent que les AOM concernées succombent souvent aujourd’hui à une tendance à la segmentation des marchés. « Il n’y a par exemple plus d’appels d’offres globaux en Île-de-France, explique l’un d’entre eux. Le Stif
Comment répondre à un appel d’offres concernant la gestion d’une gare routière en moins de trois heures? C’est à ce challenge qu’ont été confrontés invités et partenaires des Rencontres Jeunes Dirigeants. S’appuyant sur l’expérience de chacun, une solide documentation annexe fournie par Éric Omnès et la bonne volonté de tous, les deux équipes ont su relever ce défi avec un certain brio et un véritable professionnalisme. Peu importe d’ailleurs laquelle des deux aura finalement remporté l’adhésion du jury suite à leur présentation orale le dernier jour. Chaque participant aura trouvé matière à s’enrichir pour aborder plus sereinement les cas concrets auxquels il sera confronté durant son parcours professionnel.
Dans son analyse des réponses, Éric Omnès a relevé quelques lignes directrices. « Parmi les idées fortes qu’il faut retenir d’un tel exercice, explique-t-il, il ne faut jamais oublier de mettre en avant les grandes orientations correspondant aux spécificités de votre entreprise, et dans ce cas précis, le marketing peut se révéler d’une importance non négligeable. »
« Lorsque vous êtes face à une commission d’appel d’offres qui, comme dans notre étude de cas, fait appel à des conseils extérieurs, il est très important de bien mettre en lumière, à l’oral, les arguments qui valorisent tous les bénéfices de votre offre pour le client », poursuit-il.
Enfin, « il faut désormais toujours vous engouffrer dans la possibilité offerte de proposer des variantes libres, il en va de la mise en avant de votre savoir-faire, et vous pourrez donner à l’AOM le moyen de mieux satisfaire le client final, son électeur… »
À l’issue de ces trois jours berlinois, si la gestion d’une gare routière ou la mise en œuvre d’un système de vélos en libre-service ont encore quelques secrets pour certains des participants, ces derniers sont certainement mieux armés pour répondre aux besoins nouveaux qui se font jour au fil des appels d’offres.
Syndicat des transports d’Île-de-France.
I – Introduction
La collectivité GoodFuture assure la gestion du réseau Dumou qu’elle délègue à un opérateur pour la gestion de la gare routière sous les aspects suivants:
– accueil et délivrance d’informations de tous les opérateurs
– gestion et affectation des espaces de circulation, d’attente aux quais, de prise en charge des voyageurs et de zones techniques (battements) pour les exploitants
– nettoyage et entretien courant des espaces (quais, bureaux, toilettes)
II – Contenu de l’appel d’offres
Pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2021, la collectivité souhaite un renouveau complet de son offre de service et réalise, depuis 2013 jusqu’à fin 2014, la rénovation complète des espaces de la gare routière:
– reconfiguration des quais
– agrément des espaces d’attente voyageurs
– nouveaux locaux d’exploitation
– nouvel espace d’information et de vente multimodal.
L’offre attendue par la collectivité GoodFuture englobe les éléments suivants:
• gestion de la gare routière rebaptisée avec le nouveau nom du réseau départemental GoodTravel
• gestion des services associés tels que décrits ci-après:
– service GoodBike qui sera proposé par le délégataire et décrit ci-dessous,
– service GoodDrive qui sera proposé par le délégataire et décrit ci-dessous,
– service GoodBoost de réservation en ligne par internet et par téléphone des différents services de mobilité
III – Offre de base: description des services à gérer
1) Gare routière
– locaux d’exploitation de 300 m2 en Rdv + 1 étage
– locaux de vente de 150 m2 tout en Rdc
– 2 salles d’attentes, l’une de 50 m2, la seconde de 30 m2
– 8 quais pour autocars, navettes TAD à affecter à 5 exploitants différents
– 3 quais servant de zones d’attente des véhicules (hors prise en charge clients)
– 2 zones de stockage de véhicules en longue durée (supérieure à une heure)
2) Fonction information et vente
Gestion du service d’information et de vente pour les 5 opérateurs de transport, y compris la gestion des réclamations: le délégataire présentera dans son offre:
– les modalités de gestion proposée
– les effectifs nécessaires pour une amplitude du lundi au vendredi de 6 h à 10 h
– la gestion des réclamations et le process de suivi avec chaque exploitant: transmission, suivi, retour clients
3) Gestion d’un service de vélos: GoodBike
• vélos en libre-service: vélos classiques et pliables pour adultes H/F, pour enfants et avec accessoires (casques, sièges enfants, etc.)
• garage à vélos sécurisés avec accès par badges et cartes de transport sans contact acceptant tout type de technologie (Mifare, Calypso V3, etc.).
4) Fonction de centrale d’information et de réservation des services par téléphone et internet: GoodBoost
– description du service
– modalités d’abonnement au service
– modalités de fonctionnement
IV – Option 1:
5) Gestion d’un service d’auto en libre partage: GoodDrive
– description du service
– modalités d’abonnement au service
– modalités de fonctionnement
V – Option 2:
6) Équipement des quais de la gare routière en abris voyageurs et poteaux d’arrêts
Le soumissionnaire proposera des équipements en mobiliers abribus, bancs voyageurs et poteaux d’arrêts pour l’attente de voyageurs et l’identification des lignes et des quais.
Ces mobiliers sont à prévoir en acquisition (investissements) et en entretien/ nettoyage par le futur délégataire. Ils viennent compléter les 2 salles d’attente prévues par l’autorité concédante dans le projet et la réalisation de la nouvelle gare routière; pour ces 2 salles, seuls l’entretien et le nettoyage sont à prévoir par le délégataire, au même titre que les locaux et bureaux de vente/information et d’exploitation.
Le soumissionnaire proposera un plan de signalétique de la gare routière aux abords immédiats, et surtout à l’intérieur de la gare routière pour permettre aux voyageurs:
– de repérer facilement l’espace de vente et d’information,
– de trouver facilement leur ligne et leur quai,
– d’avoir à disposition sur site la cartographie adéquate: plan de quartier, plan de localisation des arrêts / quais / ligne
– les plans de réseau et de lignes.
VI – Option 3:
7) Plan d’études et enquêtes
Le soumissionnaire proposera un plan d’études et d’enquêtes répondant aux objectifs suivants:
– enquête sur la qualité de service aux voyageurs: propreté, facilité d’accès à l’information et justesse de celle-ci, information en mode nominal et en cas de perturbations, ponctualité, etc.
– enquêtes de satisfaction des voyageurs sur les services à disposition en matière de vente et d’information
– enquête sur l’image des transports départementaux, et plus particulièrement de la gare routière
– enquête sur les attentes des voyageurs et des non-voyageurs (futurs usagers-clients potentiels)
– enquête origine/destination
VII – Variante libre: toutes les variantes libres sont acceptées
VIII – Modalités de réponse
Forme du groupement: libre
Offre de base
Options 1 et 2
Variante(s) libre(s): oui
Si une ou plusieurs sous-traitances sont envisagées, elles devront être présentées dans l’offre en nommant la(les) société(s), cabinet d’études ou encore prestataires pressentis.
Le soumissionnaire remettra à l’AOT et à son conseil ÉO CONSULTANT une note de synthèse de 5 pages maximum pour le samedi 5 juillet, 12 h 30 au pus tard.
Un oral de présentation de l’offre est organisé le dimanche 6 juillet entre 8 h 30 et 10 heures dont l’horaire vous sera communiqué à la remise de votre dossier.
Le jury sera composé de:
Monsieur Pierre Cossard, président de la collectivité,
Madame Brigitte Bensimon vice-présidente transport et mobilité douce,
M. Claude Cibille, « Monsieur Vélos »,
M. Éric Omnès, conseil et consultant pour la collectivité.
La délégation du soumissionnaire sera composée de 4 (quatre) personnes au maximum, avec en cas de sous-traitance la possibilité d’avoir 1 à 2 (un à deux) représentants au plus.
