Yutong EC12 Avec sa campagne de communication orientée sur le prix, Dietrich Carebus Group a voulu marquer les esprits pour l’arrivée de son nouveau car scolaire Yutong, présenté à Busworld Courtrai. Quels sont ses atouts et ses limites sur ce segment de marché très concurrentiel? Les premiers exemplaires livrés en France, Bus & Car a pu l’essayer sur son parcours.
Après l’essai Bus & Car du Yutong 6121 l’an dernier, nous avions évoqué les débuts appliqués de l’élève Yutong pour souligner les premiers pas du constructeur chinois sur le marché français, accompagné par Dietrich Carebus Group (DCG). Entre-temps, Yutong et DCG semblent être passés dans la classe au-dessus. Les deux partenaires ont en effet poursuivi leurs efforts pour proposer une nouvelle offre dès Busworld Courtrai, réunie autour de nouvelles appellations, EC pour Écolier et IC pour Intercity, sur la base d’une nouvelle version du modèle 6121. Et c’est bien la version scolaire du Yutong qui avait retenu l’attention du secteur. Sur ce marché où le prix d’achat compte avant tout, l’association Yutong-DCG pouvait fixer un nouveau prix de marché pour les autocars scolaires, notamment avec la version Spot qui regroupe le strict nécessaire en termes d’équipement à tous les niveaux, sans préparation UFR, ni prédispo, ni équipements pour les annexes 7 et 11. Restait à voir le produit fini, le Yutong EC 12.
Au premier coup d’œil, le Yutong surprend agréablement par ses qualités esthétiques et gomme l’image du car chinois aux traits grossiers et inadapté au marché français. Les a priori s’atténuent et le public voyageur comme les collectivités ne pourront pas distinguer ce véhicule des autres scolaires en circulation. Et au jeu des sept différences avec le Yutong essayé l’an dernier, on notera que les parois latérales sont moins hautes sur l’EC 12, le vitrage est moins présent. Le véhicule gagne en poids et s’apparente davantage à un autocar, un bon point qui renforce également l’impression de solidité et de sécurité grâce à un véhicule stylisé mais imposant. À bord, pas de doute, il s’agit bien d’un scolaire. Côté capacité, le Yutong EC 12 affiche 59 places, dont 2 places PMR à l’avant + 1 UFR et 15 personnes debout, tandis que le podeste central peut être remplacé par 4 assises relevables. L’équipement est basique, et parfois même un peu moins que cela. Si les sièges avec accoudoirs fixes et l’absence de tapis de sol sont communs aux scolaires, en revanche, on regrette l’absence de racks à bagages, de barre de maintien suspendue et de davantage de boutons d’arrêts. Pour en disposer en nombre plus important, il faudra prendre l’option d’une rampe de main courante incluant 7 boutons stop. Sans cette rampe, ce sont les poignées sur les dossiers des sièges qui font office de barre de maintien pour les élèves. Enfin, l’alternative aux racks est astucieuse: des barres de rétention sont posées sous les sièges pour permettre aux élèves de se décharger de leurs sacs à dos. Reste à voir leur commodité d’usage en exploitation.
C’est le modèle EC 12 de 12,36 m de longueur (son appellation chinoise est le ZK 6121 HQ), et celui que nous avons essayé était encore un prototype. Avant l’été, l’homologation était en train d’être menée pour livrer 40 exemplaires à la rentrée. À l’arrière, on retrouve un moteur Daf MX-11 de 326 ch (370 ch en option). L’équipement proposé de série est assez complet pour répondre aux besoins d’un car scolaire: pré-équipement annexe 7 pour le lift et annexe 11 pour 4 girouettes, ainsi qu’un kit complet de 4 assises relevables pour remplacer le podeste central, accoudoirs métalliques fixes, chauffage additionnel et convecteurs, éthylotest, etc. À noter qu’une caméra au niveau de la porte centrale était installée sur ce véhicule, un équipement en option.
Difficile désormais de reconnaître un car chinois dans la circulation, en tout cas ce Yutong. Les clichés sur ces autocars tout droit sortis de l’ère postmaoïste avec des lignes grossières sont révolus. Et s’il ne révolutionne pas les codes esthétiques du genre, le Yutong EC 12 passe son examen avec mention assez bien. Sa face avant, “souriante”, rappelle celle de certains concurrents. Elle est soulignée par une ligne de chrome entre les deux optiques, par ailleurs redessinées avec goût. Le car fait bonne impression.
À bord, le scolaire fait dans le basique en termes d’équipement. En circulation, l’autocar a un comportement tout à fait correct, même si la boîte de vitesses peut compliquer la vie du conducteur et transmettre quelques à-coups aux passagers.
Les sièges sont issus de la gamme Cosy et cinq autres associations de couleurs sont proposées au catalogue, variant les tons de couleurs comme les motifs graphiques des tissus et des têtières de siège. En revanche, changer la couleur de la sellerie ne changera rien à l’éclairage intérieur des 5 plafonniers qui donnent une lumière faiblarde, peut-être insuffisante la nuit ou en hiver. Portillon pour séparation conducteur, rideaux plissés, repose-pieds, climatisation, double vitrage et caméra de recul font logiquement partie des équipements proposés en option.
Avec un taux de charge conforme au cahier des charges de 81,57 % de son PTAC, le Yutong EC 12 a circulé dans des conditions d’exploitation. Côté consommation, sa moyenne s’élève à 26,32 l/100 km sur l’ensemble de notre parcours interurbain d’une distance de 100 km. Dans le détail, ses variations indiquent des consommations plus basses sur les tronçons urbains ou périurbains avec 23 l/100 km de moyenne, tandis que sur les parties plus roulantes, on s’élève à une moyenne comprise entre 28,5 et 29,8 l/100 km
– Longueur/largeur/hauteur
12,365/2,55/3,195 m.
– Moteur
Daf MX 11 Euro VI développant 326 ch (370 ch en option).
– Boîte de vitesses
Mécanique à 6 rapports avant et un arrière avec ralentisseur électromagnétique.
– Freins
AV et AR à disque intégral avec ABS, ASR, ESC.
– Suspensions
Pneumatiques intégraux, roues indépendantes à l’avant.
– Réservoir
350 litres. AdBlue: 50 litres.
– Espace bagages
6,1 m3.
Les Yutong “européens” importés par Dietrich Carebus Group font preuve d’une sobriété de bon aloi. Hormis les plafonniers (à l’éclairage par ailleurs sinistre) difficile d’y retrouver des gènes chinois. La nouvelle planche de bord est d’inspiration très européenne dans son ergonomie. Le réglage télescopique et en inclinaison du volant se fait “à l’ancienne” avec deux molettes à desserrer, mais l’amplitude des débattements est limitée.
Le nouveau volant offre un bon toucher et une jante bien épaisse facilitant la préhension. La direction, au même titre que les suspensions, constitue une très bonne surprise, et sur ce plan le Yutong rivalise largement avec la concurrence européenne.
Le rayon de braquage, si critiqué sur les modèles précédents, fait désormais partie des atouts du Yutong EC12 Euro VI.
En plus du confort de suspension, il faut signaler la qualité de la finition: aucun “cui-cui” n’a affecté le modèle client essayé.
Le moteur Daf fait preuve de vigueur, d’une grande disponibilité et d’une grande souplesse, ce qui est bienvenu car cela évitera de nombreux changements de vitesse. En effet, la commande de boîte, même en progrès, reste le talon d’Achille du modèle. Elle manque de précision et exige de bien décomposer la sélection des rapports.
Bref, pour se faire aimer des conducteurs, le Yutong EC12 a intérêt à être doté de la boîte automatique ZF Ecolife 6 rapports optionnelle! Autre surprise désagréable: si le modèle s’est révélé silencieux dans l’habitacle, il souffre du ronronnement lancinant du pont! Meritor n’a visiblement pas les mêmes tolérances entre ses productions occidentales et chinoises!
• agrément moteur
• finition de l’habitacle satisfaisante
• qualité de la direction
• ergonomie en progrès
• freinage puissant
• commande de boîte perfectible
• pont exagérément bruyant
• rétroviseur gauche sujet aux vibrations
Les Yutong occidentalisés par DCG à Ingwiller se singularisent par leurs faisceaux électriques et l’implantation du système de refroidissement qui répond aux exigences des équipes d’Ingwiller. Détail amusant: aucun Yutong pour la France ne sort de l’usine Yutong tant que le responsable du développement produit de DCG n’est pas présent! Cela explique la fabrication par séries et pour partie les délais de livraison.
Sur notre modèle d’essai, on regrettera un capot avant ouvrant dans le mauvais sens, ce qui complique l’accès à la roue de secours (ou garantit un lumbago mémorable au malheureux conducteur s’engageant dans un changement de roue!). Après s’être esquinté le dos, l’infortuné chauffeur (surtout s’il fait plus de 1,75 m) n’aura pas intérêt à vérifier les niveaux: le piège est dans le capot moteur au dégagement limité en hauteur! L’occiput vient se heurter aux serrures un brin agressives. Dommage, car l’accès et la lisibilité pour le contrôle des niveaux sont sans reproches. Tout est aisément accessible: filtre à air, à gazole, fluide hydraulique de direction, l’accès au liquide de refroidissement et à l’huile moteur, tout est impeccable.
L’agencement est logique et soigné: catalyseurs et filtres à particules, circuits pneumatiques et électriques sont bien isolés et identifiés. Mention spéciale pour le tableau électrique, bien protégé et doté d’un plan. Les intervalles de maintenance sont fixés tous les 50 000 km (ou tous les ans), mais DCG se refuse à avancer toute échéance pour le filtre à particules. Le réservoir d’AdBlue contient 50 litres. Sur un tel véhicule, on appréciera également les soutes traversantes.
• accessibilité pour le contrôle des niveaux excellente
• facilité de remplissage des fluides
• organisation rationnelle de la salle des machines
• capot moteur agressif pour les grandes tailles
• capot avant entravant l’accès à la roue de secours
• accès aux ampoules de phares perfectible
