Journées Agir Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir, est fier des réalisations de son organisation. Avec plus d’une centaine de nouveaux adhérents gagnés en quatre ans et une centrale d’achat désormais incontournable, il estime que l’expertise d’Agir en matière de mobilité n’est plus à démontrer, « qu’il s’agisse de l’assistance que nous pouvons fournir, ou du volet opérationnel ».
Les Journées Agir version 2014 étaient accueillies par la SPL Baie d’Armor Transports, gestionnaire du réseau de l’agglomération de Saint-Brieuc. Plus d’une trentaine d’exposants, deux jours de débats pour l’essentiel consacrés à l’innovation et environ 500 visiteurs placent cette édition parmi les bons crus, même si elle fut moins impressionnante que celle de Marseille en 2013. Ce qui frappe au premier contact de cet événement, c’est avant tout l’esprit familial qui semble régner dans les allées. « Ce qui pourrait nous caractériser, explique Arnaud Rabier, c’est d’abord la dynamique de partage des expériences que nous avons su mettre en place avec nos adhérents. Ajoutez à cela le fait que depuis quatre ans, nous nous sommes structurés pour fournir des conseils de qualité sur tous les volets du transport public, et les collectivités viennent aujourd’hui d’elles-mêmes grossir nos rangs car elles sont rassurées par notre expertise en matière de mobilité. »
Contrairement à l’image longtemps véhiculée d’une association ayant pour credo essentiel la défense du seul principe de la gestion directe des transports, Agir compte aujourd’hui une bonne moitié d’adhérents possédant un délégataire. « Si nous étions restés figés dans une posture, nous n’aurions sans doute pas connu un tel développement du nombre de nos adhérents, continue Arnaud Rabier. Pour ceux d’entre eux qui ont confié la gestion de leur réseau au privé, nous les aidons à suivre l’évolution de leurs délégataires, notamment au niveau des achats. En fait, au sein de la centrale d’achat, nous avons pu mutualiser et référencer un ensemble de savoir-faire en matière de mobilité. Tout cela représente à la fois une véritable innovation, puisque nous combinons conseil et achat au sein d’une même structure, et un formidable outil de maîtrise des coûts. » Une combinaison qui séduit, puisque, selon Gilles Bourdoulleix président d’Agir, une dizaine de dossiers est actuellement à l’étude concernant les modes de gestion dans l’Hexagone, signe qu’un certain nombre d’autorités organisatrices se posent des questions sur l’intérêt de leurs DSP (délégation de service public)…
Aux interrogations concernant les prochaines étapes de développement du groupement, Arnaud Rabier répond souvent “centrale d’achat”, preuve que cet organisme est bien devenu la pierre angulaire de l’évolution d’Agir. « Les évolutions à venir sont en fait visibles à travers les référencements programmés, expose-t-il. Nous nous attaquerons prochainement au dossier de la prévoyance, comme nous l’avons fait pour les matériels. Nous pensons pouvoir obtenir le même succès avec les services que ceux rencontrés avec les industriels. À travers la CATP [centrale d’achat du transport public, ndlr], ces derniers ont eu en face d’eux des techniciens qui savaient de quoi ils parlaient, ils nous ont donc rapidement considérés comme des facilitateurs dans les contacts avec les collectivités. Ajoutez à cela le coût modeste de notre structure – ce qui, soit dit en passant, implique pour nous une masse de travail importante – et la transparence totale de nos finances, et vous avez une recette qui facilite la tâche de tous les partis et les met en confiance. C’est sans doute pour cela que nous connaissons, ces dernières années, une belle croissance. »
Si le travail effectué par Agir sur les coûts (à travers l’offre de la CATP ou l’ensemble des études réalisées) participe évidemment d’une adaptation au contexte économique difficile que vivent les collectivités territoriales, le partage des expériences, notamment en matière d’innovations, est un autre volet des possibilités offertes aux collectivités pour s’adapter aux difficultés du moment. « L’exemple du BHNS sans site propre que nous avons mis en avant pendant nos débats est révélateur d’une réflexion simple et de bon sens, analyse Arnaud Rabier. Le bon sens devient d’ailleurs très vite une évidence à ceux qui, comme nous, fournissent en permanence un gros travail au service des collectivités ».
Autre point sur lequel le groupement porte désormais toute son attention, celui de la réforme territoriale. « Nous avons travaillé sur les évolutions possibles des régies ou des SPL en fonction de ce que nous percevions de la réforme, explique le secrétaire général. Nous avons donc préparé des amendements permettant par exemple aux régies de dépendre de plusieurs collectivités, et a contrario, de faire en sorte que les SPL puissent exister avec un seul actionnaire. La phase de lobbying commence et nous essayons toujours de nous préparer à toute éventualité. Une de nos craintes principales étant la perte de proximité. »
