Expérience Créée en 2012, la SPL qui gère le réseau des transports briochins (TUB) de Saint-Brieuc est emblématique des nouvelles venues dans le secteur des transports publics. Deux ans après sa création, Martine Chauvin, sa directrice générale, tire les premiers bilans de ce changement de paradigme.
La naissance de la société publique locale Baie d’Armor Transports se révèle assez classique dans son historique. « La délégation de service public à travers laquelle le réseau de l’agglomération était géré devait être revue en 2012, explique Martine Chauvin, et nos élus voulaient reprendre la maîtrise politique des transports, de l’aménagement et de la distribution d’eau. Dès 2011, nous avons publié un avis de pré-information à ce sujet. Les groupes qui concourraient (Keolis et Transdev) connaissaient donc nos intentions. » Finalement, les élus déclarent l’appel d’offres infructueux, l’étude réalisée sur les possibilités de gestion directe est présentée et le principe de la SPL adopté.
« Le contrat préparé pour la DSP a été transposé pour la SPL qui a signé avec la collectivité, poursuit Martine Chauvin, et il court sur 10 ans. » Aux dires même de la directrice, ce nouveau mode de gestion a apporté son lot de simplifications: plus de montages d’appels d’offres pendant une longue période, un véritable ancrage local dans les prises de décisions, transparence totale vis-à-vis des actionnaires et absence de recherche de profit.
Comme le veut la loi, l’ensemble du personnel a été repris par la SPL qui s’est attachée à une amélioration des conditions de travail, en insistant notamment sur la formation. De son côté, la communauté d’agglomération a procédé à une mutualisation de certains employés, entre autres pour les services de transport à la demande.
En matière d’innovations, la SPL a créé en 2013 un conseil de la mobilité en entreprise et la même structure pour le social. Cette année, en novembre, la billettique sans contact fera son entrée sur l’ensemble du réseau (carte korrigo), et en 2015, sera lancée une plateforme de réservation en ligne pour le TAD (transport à la demande) et le TPMR (transport de personnes à mobilité réduite).
À la fin de son premier exercice, en 2013, la SPL a réalisé un résultat de 200 000 euros, entièrement remontés aux actionnaires à proportion de leur participation. L’avenir? La première question qui se pose concerne surtout l’impact de la future réforme territoriale sur l’actionnariat de la SPL. Une interrogation qui préoccupe tout le monde.
• Agglomération 300 000 euros.
• Conseil général 5 000 euros.
• Réseau: 18 lignes dont 4 structurantes, 11 lignes secondaires, 19 services scolaires, 3 lignes du dimanche, 1 ligne d’été, 65 lignes TAD et lancement de services. TPMR en 2015.
• 800 points d’arrêt.
• 160 points d’arrêt TAD.
• Parc: 52 autobus standards, 17 autobus en sous-traitance et 9 autobus articulés
• Personnel: 180 personnes, dont 140 conducteurs.
• 7,3 millions de voyages par an.
• Chiffre d’affaires: 13,3 millions d’euros en 2013. 2,7 millions de recettes voyageurs.
